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Épiphanie

Offre-moi tes péchés...





Psaume 71,

Anonyme,

Psalterium Cantuariense [Psautier anglo-catalan, dit Psautier de Canterbury],

1176-1200, enluminé à Canterbury,

Ms Latin 8846, parchemin enluminé, 48 x 32 cm, 374 pages, folio 124r,

Bibliothèque Nationale de France, Paris (France)


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 60, 1-6)

Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur.


Psaume 71

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,

à ce fils de roi ta justice.

Qu’il gouverne ton peuple avec justice,

qu’il fasse droit aux malheureux !


En ces jours-là, fleurira la justice,

grande paix jusqu’à la fin des lunes !

Qu’il domine de la mer à la mer,

et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !


Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.

Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.

Tous les rois se prosterneront devant lui,

tous les pays le serviront.


Il délivrera le pauvre qui appelle

et le malheureux sans recours.

Il aura souci du faible et du pauvre,

du pauvre dont il sauve la vie.


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (Ep 3, 2-3a.5-6)

Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère. Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit. Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 2, 1-12)

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me ­l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les ­précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.


Le manuscrit présenté par la BNF

Copié à Christ Church de Canterbury sur le Psautier d’Eadwine. Écriture de différents modules : celui employé pour la version gallicane est trois fois plus gros que celui employé pour les gloses marginales, celui des autres versions et des collectes deux fois plus gros que celui des mêmes gloses.


La décoration a été commencée vers 1200 à Canterbury ; ont alors été exécutées les 8 peintures à pleine page (f. 1r-4v) et les 47 peintures placées en tête des Ps 1-39, 42-44, 48, 50-52 (f. 6r-70r, passim, 75r, 76r, 78v, 84r, 88v, 90v et 92r) ; ces peintures sont probablement dues à un seul maître, qui a suivi le programme iconographique du Psautier d'Utrecht et du Psautier d'Eadwine ; son style présente des similitudes avec celui de l'artiste du ms. d'Oxford, Bodleian Library, Auct. E. inf. 2 et BnF, ms. Latin 10433.


Les initiales des f. 1-92, peintes et or et ornées à la plume, placées au début de chaque version des Ps. 1-52 et des collectes, datent de la même époque ; celles de la version gallicane, plus grandes, sont parfois historiées (f. 10r, 11v, 14v, 20r, 40v) ou zoomorphes (f. 19r, 43v, 46v).


La décoration a été complétée au XIVe s. en Catalogne, où ont été alors exécutées 52 peintures placées en tête des Ps. 40-41, 45-47, 49, 53-98 (f. 72v, 73v, 80v, 81v, 82v, 86v et 93-174, passim) ; l'atelier d'artistes catalans a été rapproché par M. Meiss du Maître de San Marco, actif à Barcelone vers le milieu du XIVe s.


Aux f. 93-174, ont été alors exécutées les initiales peintes et or à décor, placées au début des trois versions des Ps. 53-98 et des collectes ; les initiales de la version gallicane, plus grandes, comptent 30 initiales historiées.


Ce que je vois

Conçue pour accompagner un psaume consacré à Salomon, le roi sage (v. 1, In Salomonem), l’illustration de la feuille 124 est l’une des plus significatives et intéressantes d’un livre qui, dans sa partie visuelle, évite tout élément superflu ou excessivement réitératif.


Le Jugement de Salomon (I, Rois, 3, 16-28) ouvre ce chapitre, totalement consacré à la description des diverses formes de royauté. Un enfant nouveau-né apparaît sur une table de bois face à un homme qui tient un couteau en main. Des deux côtés de la table se trouvent les deux femmes qui se disputent l’enfant, et à gauche, Salomon sur son trône accompagné de deux hommes en pleine maturité. Le roi prononce son verdict devant eux, tandis que l’une des deux femmes paraît renoncer à sa maternité après avoir entendu les mots du roi qui ordonnait de couper l’enfant en deux. Le psaume parle de la sagesse que Dieu doit donner aux monarques pour qu’ils soient justes (v. 2, Deus judicium tuum regi da : et justitiam tuam filio regis : Judicare populum tuum in justitia et pauperes tuos in judicio. // O Dieu, donnez au roi votre jugement, et au fils du roi votre justice ; pour qu’il juge votre peuple avec justice, et vos pauvres selon l’équité). Salomon est, sans aucun doute, le prototype biblique et indiscutable du roi sage qui agit avec justice et rend l’enfant à sa véritable mère.


Cependant, les Pères de l’Église ont aussi vu en Salomon, fils de David, la préfiguration imparfaite du Christ et le Christ comme le véritable Salomon, c'est-à-dire le vrai roi de Justice (v. 7, Orietur in diebus ejus justitia, et abundantia pacis : donec auferatur luna. // En ses jours apparaîtra la justice et l’abondance (une) de (la) paix, jusqu’à ce que la lune soit détruite). Il n’est donc pas étonnant que, dans la même miniature, soit inclus le thème des rois mages qui reconnaissent Jésus comme roi des cieux.


Avant de commenter ces épisodes, qui conduisent au registre inférieur, il faut faire référence à une nouvelle scène, consacrée à l’histoire de Salomon. Il s’agit de la construction du temple (I, Rois, 5, 1-8) dont a déjà été édifié le chœur, endroit où l’autel a été disposé. Un maçon est en train de terminer la construction de l’un des contreforts du bâtiment tandis que deux femmes, chargées de paniers de ciment, s’approchent de lui, et que d’autres personnages équarrissent des blocs de pierre au premier plan. Le règne de Salomon sur Israël, lui le roi sage et dévot, préfigure l’époque où règnera le Messie de façon universelle et éternelle. La justice et la paix du règne de Salomon doivent donc illustrer l’équité et la sagesse divines.


La visite à Hérode des trois rois qui portent des habits aux couleurs voyantes permet d’opposer deux types de monarques puisque le roi Hérode est considéré comme l’opposé de Salomon. Hérode peut être vu comme un roi néfaste, destructeur et qui pourchasse les innocents.


Les mages poursuivent leur route jusqu’à l’endroit où ils adoreront Jésus, représenté sur les genoux d’une Mère trônant, faisant pendant à Salomon. L’Épiphanie liée au texte du psaume (v. 10, Reges Tharsis, et insulae numera offerent : reges Arabum, et Saba dona adducent // Les rois de Tharsis et les îles lui offriront des présents ; les rois d’Arabie et de Saba (lui) apporteront des dons ; et v. 11, Et adorabunt eum omnes reges terrae : omnes gentes servient ei :// et tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations lui seront assujetties) met, dans ce cas, en évidence le caractère symbolique du sujet (Matthieu, 2). En premier lieu, il se passe de l’image de saint Joseph. En second lieu, il place l’épisode en raccourci du récit qui décrivait l’arrivée des mages, et montre les trois rois agenouillés et priant en même temps. De cette façon, on établit un lien plus clair avec le psaume qui prophétise que tous les rois de la terre adoreront le véritable roi d’Israël, le véritable Salomon en lui offrant des présents (v. 10-11). Jésus est revêtu de toutes les vertus qu’avait déjà cultivées le monarque de l’Ancien Testament, mais perfectionnées par son côté divin.


Dans l’initiale de « Deis » de la feuille 124 apparaît un serpent vert volant avec une queue d’acanthe et des ailes de chauve-souris, dont l’apparence rappelle celle de nombreux dragons. Ils sont mentionnés dans le psaume 73 où l’on dit que Dieu frappe et brise les têtes du dragon (v. 13-14).



Interprétations

Mais la corrélation de ces quatre scènes sur la même image est source d’autres interprétations, en rapport avec les litanies de la Vierge (texte en annexe). D’abord, trois rois terrestres siègent, sur leur trône, à gauche des premières scènes. Alors que le Christ, roi céleste, siège à droite sur les genoux de sa Mère, elle qui sera désignée comme le « Trône de la Sagesse ». Non pas que les royautés s’opposent, mais plutôt que par Marie nous est donné le véritable, le seul et l’unique roi de l’Univers : le Christ. Ainsi, le trône des rois terrestres est surmonté d’un dais protecteur. Alors que pour Jésus, ce sont le ciel et l’étoile qui le couronnent ; mais Marie n’est-elle pas la « Porte du ciel et l’Étoile du matin » ? C’est elle qui devient le dais protecteur durant l’enfance de son Fils. Bien sûr, on peut être surpris de l’absence de Joseph. Mais, au risque de faire de la quadricapillarotomie (couper les cheveux en quatre), il me semble que sa présence est discrètement évoquée dans ces quelques fleurs qui dominent le mur, la muraille, lui, comme le chante sa litanie, qui est le « zélé défenseur de Jésus », le « miroir de la patience », le « soutien des familles » et le « protecteur de la sainte Église ». Comme à son habitude, il fait preuve de discrétion et ne se montre qu’à celui qui le cherche !


Autre lien transversal : un enfant emmailloté (comme celui de la crèche) sur la table du sacrifice, et un autre sur les genoux de sa Mère. L’enlumineur ne nous annonce-t-il pas que ce Sauveur qui vient de naître sera, lui aussi, sacrifié à la méchanceté des hommes pour les racheter de leurs péchés ? Et ces deux femmes qui se disputent l’enfant, ne sont-elles pas les préfigurations de la Synagogue (qui préfère tuer le Sauveur) et de l’Église (qui fera tout pour le garder en vie) ? Même la table où le bébé repose ressemble à un autel parsemé d’étoiles de David. Ce bébé n’est-il pas la préfiguration du Christ, lui qui se désignera à la fin des temps, dans les derniers versets de l’Apocalypse (Ap 22, 16) avec ces mots : « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin. » L’étoile de David sur l’autel deviendra l’étoile resplendissante du matin à chaque « naissance » du Christ, au matin, sur l’autel de l’Eucharistie.


Regardez ensuite la position des mains des quatre rois (Jésus inclus). Les deux illustrations de Salomon sont identiques : la main gauche baissée ou désignant de l’index le chantier, la main droite levée en signe de bénédiction. Le Christ, nouveau roi et accomplissement de Salomon, aura les mêmes gestes. Alors qu’Hérode aura des gestes inverses. Sa main droite, main de bénédiction, est déjà en train de condamner les innocents qu’il fera massacrer, alors que sa main gauche, sans vergogne, se désigne orgueilleusement comme le véritable roi.


Et enfin, remarquons l’architecture des quatre scènes. C’est presque le même mur gris qui enserre la pièce. Mais dans les deux scènes de gauche, il est fermé : aucune porte n’apparaît. Les deux scènes de droite nous montrent une autre configuration. En haut, c’est le Temple et ses murs entourant l’autel qui permet à un homme de s’élever vers le ciel. En bas, c’est le Christ et sa Mère qui nous ouvrent le ciel. En haut, c’est un temple qui est construit, en bas, c’est le Temple en chair et en os qui nous est offert, ce nouveau Temple qu’il reconstruira par sa mort et sa Résurrection (Jn 2, 19) : « Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » »


Le psaume complet (Ps 71)


01 Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice.

02 Qu'il gouverne ton peuple avec justice, qu'il fasse droit aux malheureux !

03 Montagnes, portez au peuple la paix, collines, portez-lui la justice !

04 Qu'il fasse droit aux malheureux de son peuple, qu'il sauve les pauvres gens, qu'il écrase l'oppresseur !

05 Qu'il dure sous le soleil et la lune de génération en génération !

06 Qu'il descende comme la pluie sur les regains, une pluie qui pénètre la terre.

07 En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu'à la fin des lunes !

08 Qu'il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !

09 Des peuplades s'inclineront devant lui, ses ennemis lècheront la poussière.

10 Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.

11 Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront.

12 Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours.

13 Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.

14 Il les rachète à l'oppression, à la violence ; leur sang est d'un grand prix à ses yeux.

15 Qu'il vive ! On lui donnera l'or de Saba. On priera sans relâche pour lui ; tous les jours, on le bénira.

16 Que la terre jusqu'au sommet des montagnes soit un champ de blé : et ses épis onduleront comme la forêt du Liban ! Que la ville devienne florissante comme l'herbe sur la terre !

17 Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux !

18 Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, lui seul fait des merveilles !

19 Béni soit à jamais son nom glorieux, toute la terre soit remplie de sa gloire ! Amen ! Amen !


Des voeux

La période des voeux a déjà commencé. Nous formons pour nos proches, notre famille, nos amis, des voeux de bonheur, de santé et de paix. Mais ne pourrions-nous reprendre les mots de ce psaume ? En effet, ce sont les voeux du peuple adressés au roi et à son fils qui vient de naître. Nous aussi sommes de simples rois, humbles, qui venons offrir nos voeux à ceux qui règnent en nos coeurs. Comme les mages devant le Christ, comme la foule qui chante pour la naissance d’un nouveau roi, nos voeux devraient se limiter à ce que dit le psaume : voeux de grandeur comme le dit l’évangile (Lc 2, 52 : « Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes »), mais surtout voeux de paix et de justice pour tous. Le reste n’est qu’accessoire.


Mais nos voeux ne s’adressent pas qu’à nous, rois de la terre, mais aussi, pour ne pas dire surtout, au roi céleste. Malheureusement, la fin du psaume a été supprimée dans le texte liturgique :

18 Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, lui seul fait des merveilles !
19 Béni soit à jamais son nom glorieux, toute la terre soit remplie de sa gloire ! Amen ! Amen !

C’est à Dieu que doivent s’adresser maintenant nos voeux, comme le firent les mages. Mais il nous faut comprendre le contexte de rédaction de ce psaume : nous sommes dans la période de l’Exil à Babylone. Et donc, pas de roi pour gouverner Israël à cette époque. Ainsi, l’ensemble du psaume ne s’adresse pas au roi terrestre qui vient de voir naître son fils, mais au Roi des cieux. N’est-ce pas lui qui vient de nous donner son Fils, en Jésus ? Et nos voeux sont, en fait, une demande du coeur :

Seigneur, fais de cette année un temps de justice pour tous les hommes, et particulièrement les plus malheureux. Apporte la paix à chacun d’entre-nous.

Et le Fils de ce Roi, le Christ, mérite tous les cadeaux des hommes, mérite qu’on lui retourne toutes les grâces qu’il nous a offertes. Car il est le Roi idéal, celui qui doit dominer non seulement le monde, mais aussi nos âmes. Il est ce Roi que tous les princes de la terre doivent reconnaître, devant qui ils doivent s’incliner, apportant leurs offrandes. Et ici, le psaume est une véritable prophétie qui se réalisera quelques deux ans après la naissance de Jésus :

10 Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
11 Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront.
15 Qu'il vive ! On lui donnera l'or de Saba. On priera sans relâche pour lui ; tous les jours, on le bénira.

Oui, comme le psalmiste le prédisait, les rois apportent leurs cadeaux, l’or de son pouvoir royal, l’encens pour rendre grâce de sa divinité, et la myrrhe annonçant son passage par la mort, signe de son humanité.


Sa naissance est un signe d’espérance pour tous les hommes. Car Dieu nous promet que par son Fils, le monde peut connaître la paix et la justice, que tous les pauvres seront délivrés de l’oppression, qu’il sera le soleil qui illuminera tout l’univers.


Mais, pour cela, deux choses sont à accomplir par les hommes. La première est de chanter sa louange. Trop souvent nous demandons à Dieu d’exaucer nos demandes, de nous offrir telle ou telle grâce, de nous délivrer de tel souci. Mais quand chantons-nous ses louanges ? Quand rendons-nous grâce à sa Gloire ? Quand bénissons-nous notre Dieu, alors que nous-mêmes implorons sa bénédiction ? Ne devrions-nous pas, plus souvent, mettre ces mots sur nos lèvres :

15 Qu'il vive ! On lui donnera l'or de Saba. On priera sans relâche pour lui ; tous les jours, on le bénira.
16 Que la terre jusqu'au sommet des montagnes soit un champ de blé : et ses épis onduleront comme la forêt du Liban ! Que la ville devienne florissante comme l'herbe sur la terre !
17 Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux !
18 Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, lui seul fait des merveilles !
19 Béni soit à jamais son nom glorieux, toute la terre soit remplie de sa gloire ! Amen ! Amen !

Quittons nos habits de mendiants qui réclament, voire récriminent continuellement. Revêtons les habits des rois qui viennent offrir leur offrande. Et même si nous n’avons pas d’or, si l’encens nous manque et si la myrrhe nous fait peur, rappelons-nous ce que vécu saint Jérôme devant la crèche (à lire en annexe) :

« Non, mon fils, si j'ai quitté les splendeurs de mon Ciel, ce n'est pas que j'aie besoin des trésors des mortels, mais j'ai faim de répandre à grands flots dans les âmes les dons de mon Amour, les trésors de ma Grâce. Détruisant tout obstacle, je veux qu'un feu divin à jamais les enflamme : donne-moi tes péchés pour que je les efface. »
Lui offrir au moins nos péchés…

Je parlais d’une seconde chose à accomplir. Elle est simple, et je ne peux que reprendre ce que disait Bernadette de Lourdes : « Il suffit d’y croire » !



Le pouvoir royal du Messie - Jean-Paul II. Mercredi 1er décembre 2004

1. La Liturgie des Vêpres, dont nous commentons progressivement les textes tirés des Psaumes et les cantiques, propose en deux étapes l'un des Psaumes les plus chers à la tradition juive et chrétienne, le Psaume 71, un chant royal que les Pères de l'Église ont médité et réinterprété dans une optique messianique.


Nous venons à présent d'écouter le premier grand mouvement de cette prière solennelle (cf. vv. 1-11). Il s'ouvre par une intense invocation chorale à Dieu, afin qu'il accorde au souverain le don qui est fondamental pour le bon gouvernement, la justice. Celle-ci est en particulier rendue aux pauvres qui, en revanche, sont généralement les victimes du pouvoir.


On remarquera l'insistance particulière avec laquelle le Psalmiste place l'accent sur l'engagement moral de diriger le peuple selon la justice et le droit : « O Dieu, donne au roi ton jugement, au fils de roi ta justice, qu'il rende à ton peuple sentence juste et jugement à tes petits. Il jugera le petit peuple » (vv. 1-2.4).


De même que le Seigneur dirige le monde selon la justice (cf. Ps 35, 7), le roi qui est son représentant visible sur la terre - selon l'antique conception biblique - doit se conformer à l'action de son Dieu.


2. Si l'on viole les droits des pauvres, on n'accomplit pas seulement un acte politique incorrect et moralement injuste. Pour la Bible, on commet également un acte contre Dieu, un délit religieux, car le Seigneur est le protecteur et le défenseur des pauvres et des opprimés, des veuves et des orphelins (cf. Ps 67, 6), c'est-à-dire de tous ceux qui n'ont pas de protecteurs humains.


Il est facile de comprendre comment la tradition a remplacé la figure souvent décevante du roi David - déjà à partir de l'effondrement de la monarchie de Juda (VIe siècle av. J.C.) - par la figure lumineuse et glorieuse du Messie, dans le sillage de l'espérance prophétique exprimée par Isaie : « Il jugera les faibles avec justice, il rendra une sentence équitable pour les humbles du pays » (11, 4). Ou, selon l'annonce de Jérémie, « Voici venir des jours - oracle de Yahvé - où je susciterai à David un germe juste; un roi régnera et sera intelligent, exerçant dans le pays droit et justice » (23, 5).


3. Après cette imploration vive et passionnée du don de la justice, le Psaume élargit son horizon et contemple le royaume messianique-royal dans son déploiement le long des deux coordonnées, celles du temps et celle de l'espace. D'un côté, en effet, l'on exalte sa durée dans l'histoire (cf Ps 71, 5.7). Les images de type cosmique sont très évocatrices : on trouve l'écoulement des jours rythmé par le soleil et par la lune, mais également celui des saisons avec la pluie et la floraison.


Un royaume qui est donc fécond et serein, mais toujours placé à l'enseigne des valeurs qui sont capitales : la justice et la paix (cf. v. 7). Tels sont les signes de l'entrée du Messie dans notre histoire. Dans cette perspective, le commentaire des Pères de l'Église, qui voient dans ce roi-Messie le visage du Christ, roi éternel et universel, nous éclaire.


Ainsi, saint Cyrille d'Alexandrie, dans son Explanatio in Psalmos, observe que le jugement, que Dieu donne au roi, est celui dont parle saint Paul, « le dessein [...] de ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (cf. Ep 1, 10). En effet, « lorsque viendront ses jours, fleurira la justice et abondera la paix », comme pour dire que « lorsque viendront les jours du Christ, grâce à la foi surgira pour nous la justice, et alors que nous nous tournons vers Dieu surgira pour nous l'abondance de la paix ».


Du reste, c'est précisément nous qui sommes les « pauvres » et les « fils des pauvres » que ce roi secourt et sauve : et si, tout d'abord, « il appelle « pauvres» les saints apôtres, car ils étaient pauvres en esprit, c'est ensuite nous qu'il a sauvés en tant que « fils des pauvres », en nous justifiant et en nous sanctifiant dans la foi au moyen de l'Esprit ».


D'autre part, le Psalmiste décrit également le cadre géographique dans lequel se situe la royauté de justice et de paix du roi-Messie (cf. Ps 71, 8-11). C'est ici qu'entre en scène une dimension universaliste, qui va de la Mer Rouge ou de la Mer Morte jusqu'à la Méditerranée, de l'Euphrate, le grand « fleuve » oriental, jusqu'aux frontières extrêmes de la terre (cf. v. 8), évoquées également en citant Tarsis et les iles, les territoires occidentaux les plus reculés selon l'ancienne géographie biblique (cf. v. 10). Il s'agit d'un regard qui s'étend sur toute la carte du monde alors connu, qui comprend les Arabes et les nomades, souverains d'Etats éloignés, et même les ennemis, dans une étreinte universelle souvent chantée par les Psaumes (cf. Ps 46, 10 ; 86, 1-7) et par les prophètes (cf; Is 2, 1-5 ; 60, 1-22 ; MI 1, 11).


Le sceau idéal de cette vision pourrait alors précisément être formulé par les paroles d'un prophète, Zaccharie, des paroles que les Evangiles appliqueront au Christ : « Exulte avec force, fille de Sion ! Crie de joie, fille de Jérusalem ! Voici que ton roi vient à toi, il est juste… Il retranchera d'Ephraim la charrerie et de Jérusalem les chevaux ; l'arc de guerre sera retranché. Il annoncera la paix aux nations. Son empire ira de la mer et du fleuve aux extrémités de la terre » (Zc 9, 9-10 ; cf. Mt 21, 5).



Royaume de paix et de bénédiction - Jean-Paul II. Mercredi 15 décembre 2004

1. La Liturgie des Vêpres, que nous suivons à travers la série de ses Psaumes, nous propose en deux étapes distinctes le Psaume 71, un hymne royal et messianique. Alors que nous avons déjà médité sur la première partie (cf. vv. 1-11), se trouve à présent devant nous le deuxième mouvement poétique et spirituel de ce chant consacré à la figure glorieuse du roi Messie (cf. vv. 12-19). Nous devons cependant immédiatement signaler que le finale des deux derniers versets (cf. vv. 18-19) est en réalité un ajout liturgique successif au Psaume.


Il s'agit, en effet, d'une brève mais intense bénédiction, qui devait sceller le deuxième des cinq livres dans lesquels la tradition hébraïque avait divisé le recueil des 150 Psaumes : ce deuxième livre avait commencé par le Psaume 41, celui de la biche assoiffée, symbole lumineux de la soif spirituelle de Dieu. C'est à présent un chant d'espérance dans une ère de paix et de justice qui conclut cette séquence de Psaumes et les paroles de la bénédiction finale sont une exaltation de la présence efficace du Seigneur dans l'histoire de l'humanité, où « il accomplit des merveilles » (Ps 71, 18), ainsi que dans l'univers créé comblé de sa gloire (cf. v. 19).


2. Comme il apparaissait déjà dans la première partie du Psaume, l'élément décisif pour reconnaître la figure du roi messianique est surtout la justice et son amour pour les pauvres (cf. vv. 12-14). Ces derniers n'ont que lui comme point de référence et source d'espérance, dans la mesure où il est le représentant visible de leur unique défenseur et patron, Dieu.


L'histoire de l'Ancien Testament enseigne qu'en réalité, les souverains d'Israël n'ont que trop souvent oublié cet engagement, opprimant les faibles, les humbles et les pauvres.


C'est pourquoi le regard du Psalmiste se pose à présent sur un roi juste, parfait, incarné par le Messie, l'unique souverain prêt à racheter « de l'oppression, de la violence » les opprimés (cf. v. 14). Le verbe hébreu utilisé est le terme juridique du protecteur des derniers et des victimes, également appliqué à Israël « racheté » de l'esclavage lorsqu'il était opprimé par la puissance du pharaon.


Le Seigneur est le « racheteur-rédempteur » primordial qui œuvre de façon visible à travers le roi-Messie, en protégeant « la vie et le sang des pauvres », ses protégés. Or, « vie » et « sang » sont la réalité fondamentale de la personne, il s'agit de la représentation des droits et de la dignité de chaque être humain, des droits souvent violés par les puissants et les violents de ce monde.


3. Le Psaume 71 se termine, dans sa version originale, avant l'antienne finale que l'on a déjà mentionnée, par une acclamation en l'honneur du roi-Messie (cf. vv. 15-17). Celle-ci est semblable à un son de trompette qui accompagne un chœur de vœux et de souhaits adressés au souverain, pour sa vie, pour son bien-être, pour sa bénédiction, pour la permanence de son souvenir au cours des siècles.


Nous nous trouvons naturellement en présence d'éléments qui appartiennent au style des poésies de cour, avec l'emphase qui leur est propre. Mais ces paroles acquièrent désormais leur vérité dans l'action du roi parfait, attendu et espéré, le Messie.


Selon une caractéristique des poésies messianiques, toute la nature est concernée par une transformation qui est tout d'abord sociale : le froment des moissons sera tellement abondant qu'il deviendra comme une mer d'épis qui ondoient jusqu'au sommet des montagnes (cf. v. 16). Tel est le signe de la bénédiction divine qui se répand en plénitude sur une terre pacifiée et sereine. Toute l'humanité, oubliant et effaçant même chaque division, convergera vers ce souverain de justice, accomplissant ainsi la grande promesse faite par le Seigneur à Abraham: « Bénies seront en lui toutes les races de la terre » (v. 17; cf. Gn 12, 3).


4. Dans la figure de ce roi-Messie, la tradition chrétienne a perçu le portrait de Jésus Christ. Saint Augustin, dans son Commentaire sur le Psaume 71, relisant précisément le chant dans une optique christologique, explique que les humbles et les pauvres, au secours desquels le Christ vient, sont « le peuple des croyants en lui ». Rappelant les rois que le Psaume avait auparavant mentionnés, il précise même que « dans ce peuple sont aussi compris les rois qui l'adorent. Ils n'ont pas, en effet, dédaigné être humbles et pauvres, c'est-à-dire confesser humblement leurs propres péchés et reconnaître qu'ils ont besoin de la gloire et de la grâce de Dieu, afin que ce roi, fils du roi, les libérât du puissant », c'est-à-dire de Satan, le « calomniateur », le « puissant ». « Mais notre Sauveur a humilié le calomniateur, et il est entré dans la maison du puissant, en emportant ses vases après l'avoir enchaîné; il « a libéré le petit du puissant, et le pauvre qui n'avait personne pour le secourir ». En effet, aucune puissance créée n'aurait été capable d'accomplir cela : ni celle de quelque homme juste, ni même celle de l'ange. Il n'y avait personne en mesure de nous sauver ; voilà alors qu'il est venu lui-même, en personne, et qu'il nous a sauvés ».



LITANIES DE LORETTE

Seigneur, prends pitié.

Ô Christ, prends pitié.

Seigneur, prends pitié..


Christ, écoute-nous.

Christ, écoute-nous.


Père du Ciel, toi qui es Dieu, aie pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, toi qui es Dieu, 

Esprit Saint, toi qui es Dieu, 

Trinité sainte,  toi qui es un seul Dieu,


Sainte Marie, prie pour nous.

Sainte Mère de Dieu,

Sainte Vierge des vierges, 

Mère du Christ, 

Mère de l'Église,

Mère de Miséricorde, 

Mère de la grâce divine, 

Mère de l'Espérance, 

Mère très pure, 

Mère très chaste, 

Mère toujours vierge, 

Mère sans taches, 

Mère très aimable, 

Mère admirable, 

Mère du bon conseil, 

Mère du Créateur, 

Mère du Sauveur, 

Mère très prudente, 

Mère digne d'honneur, 

Mère digne de louange, 

Vierge puissante, 

Vierge clémente, 

Vierge fidèle, 

Miroir de la sainteté divine, 

Siège de la Sagesse, 

Cause de notre joie, 

Temple de l'Esprit Saint, 

Tabernacle de la gloire éternelle, 

Demeure toute consacrée à Dieu, 

Rose mystique, 

Tour de David, 

Tour d'ivoire, 

Maison d'or, 

Arche d'alliance, 

Porte du ciel, 

Étoile du matin, 

Salut des  malades, 

Refuge des pécheurs, 

Réconfort des Migrants,

Consolatrice des affligés, 

Secours des chrétiens, 

Reine des Anges, 

Reine des Patriarches, 

Reine des Prophètes, 

Reine des Apôtres, 

Reine des Martyrs, 

Reine des Confesseurs, 

Reine des Vierges, 

Reine de tous les Saints, 

Reine conçue sans le péché originel, 

Reine élevée au ciel, 

Reine du Saint Rosaire, 

Reine de la famille, 

Reine de la paix.


Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du  monde, pardonne-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du  monde, écoute-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du  monde, aie pitié de nous, Seigneur.


Prie pour nous, Sainte Mère de Dieu, afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.


Prions, Accorde à tes fidèles, Seigneur notre Dieu, de bénéficier de la santé de l'âme et du corps, par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge, délivre-nous des tristesse du temps présent et conduis-nous au bonheur éternel, Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.



« Cher petit enfant, qu'êtes-Vous donc venu chercher sur cette terre ? » - Saint Jérôme (347-420)

Une nuit de Noël, Jérôme, le solitaire de Bethléem, priait dans la grotte bénie. Que de fois dans cette sainte veille, il baisait en tremblant la Crèche sacrée où le Sauveur du monde voulut naitre pour nous. Mais tout à coup, ô merveille ! Ô amour ! La nuit s'illumine de clartés ravissantes, elle resplendit comme un jour radieux. L'Enfant-Dieu était là, tendant ses bras divins à son fidèle ami.


- « Jérôme » lui dit-il, « oh ! Vois ma pauvreté ; à ton Dieu qui mendie, quel présent feras-tu ? »

A Vous, ô Roi d'amour, mon cœur, mes biens, ma vie.


- « Cela ne suffit pas, donne-moi encore plus »

Tout ce que j'ai reçu de votre Main bénie, tout ce qu'avec votre Grâce j'ai pu faire pour Vous, tous mes travaux, Seigneur, mes larmes, mes prières, mes longues nuits d'études et mes jours de douleurs..., tout est à Vous, Jésus, prenez-le pour Vous seul.


- « Non, je veux davantage » disait l'Enfant Divin.

Eh quoi ! Mon tendre Amour, qu'attendez-Vous encore ? Je Vous ai tout donné, il ne me reste rien... Parlez, que voulez-Vous ? Voulez-Vous que je verse au pied de votre autel, goutte à goutte, mon sang dans le calice d'or ?


- « Non, mon fils, si j'ai quitté les splendeurs de mon Ciel, ce n'est pas que j'aie besoin des trésors des mortels, mais j'ai faim de répandre à grands flots dans les âmes les dons de mon Amour, les trésors de ma Grâce. Détruisant tout obstacle, je veux qu'un feu divin à jamais les enflamme : donne-moi tes péchés pour que je les efface ». 


Ô Jésus ! A ce mot tout divin, qui ne reconnaitrait votre inimitable Amour ! Vous nous faites lire au fond de votre Cœur et pour que nous ne nous trompions pas sur votre Nom de « Seigneur », Vous voulez le justifier en prenant sur Vous nos péchés.


Céleste ami, Vous venez suppléer à toutes nos faiblesses vos vertus adorables, voilà notre trésor ! Quand Vous passez ici-bas près d'une âme, et qu'à votre approche, elle tremble, Vous croyant trop sévère, Vous souffrez d'être méconnu dans votre divine Bonté car, Vous avez toujours soif d'effacer et d'absoudre ; c'est ce divin désir qui Vous pousse vers nous.


Si pour aller au ciel, il faut se faire violence à soi-même, oh ! qu'il est vrai de dire que pour se perdre et aller en enfer, il faut Vous faire violence ô mon Dieu !


Cher petit enfant, qu'êtes-Vous donc venu chercher sur cette terre ? Vous êtes venu me chercher, moi, pauvre brebis perdue, afin que je ne Vous échappe plus et que je Vous aime, Jésus, mon trésor, ma vie, mon tout, acceptez le don que je Vous fais de moi-même. Je ne veux plus vivre que pour Vous aimer ; mais si, hélas ! Je trahis votre tendresse, que jamais je ne doute de votre Cœur sacré, que je revienne à Vous comme Vous l'avez dit, déposer à vos Pieds le fardeau de mes fautes pour que Vous les consumiez de votre Amour sauveur.


Ô Jésus, en tout, partout et toujours, je suis à Vous, ô mon Jésus ! Amen.

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