02 novembre — Commémoration des défunts

Crois-tu cela ? -



La résurrection de Lazare,

Léon Bonnat (Bayonne, 1833 - Monchy-Saint-Éloi, 1922),

Huile sur toile, 112 x 145 cm,

Musée Bonnat, Bayonne (France)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 11, 17-27)

A son arrivée à Béthanie, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire vu une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »


Méditation

L’homme, de tout temps, a toujours été effrayé devant la solitude : solitude des autres, mais aussi solitude de la mort. Peur d’être abandonné… N’est-ce pas ce que ressentent Marthe et Marie devant la mort de leur frère : nous sommes seules, abandonnées, laissées à nous-mêmes. Et c’est là où le message du Christ est totalement nouveau. Non simplement pour nous assurer de la résurrection, la notion théologique était débattue depuis plus de deux siècles, mais surtout pour nous dire que nous ne serons plus jamais seuls. Car il sera toujours là avec nous, comme il l’a promis aux disciples lors de son ascension (Mt 28, 20) : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »


Cette promesse, il commence à l’exaucer aujourd’hui avec la mort de Lazare en indiquant que la mort n’est plus qu’un passage vers la vie, et non une fin inéluctable. La nouvelle traduction du Missel Romain a heureusement modifié la préface de la seconde prière eucharistique : « il est venu afin de briser la mort et de manifester la résurrection ». Et aujourd’hui, avant sa venue dans la Gloire, il continue d’être présent en nous. Il ne nous abandonne pas. Mais il nous demande d’ouvrir la porte de notre coeur, la porte de notre foi pour qu’il puisse pénétrer en nos vies (Ap 3, 20) : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » C’est bien en ce sens qu’il pose la question à Marthe : « Crois-tu cela, m’ouvres-tu la porte de la foi ? »


En ce jour où nous commémorons nos défunts, le Christ nous invite à une triple mémoire :

  • Mémoire de ceux que nous avons connus et/ou aimés : ne pas les abandonner à l’oubli.

  • Mémoire de chacun d’entre-nous, appelé à ouvrir nos coeurs à la présence divine.

  • Mémoire, ou plutôt anamnèse de notre foi : « Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus ; nous proclamons ta résurrection ; nous attendons ta venue dans la Gloire. »