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03 juillet — Saint Thomas

Cesse d’être incrédule !



L’incrédulité de saint Thomas

Bernardo Strozzi (Gênes, 1581 - Venise, 1644)

Huile sur toile, 110 x 87,5 cm

Museo de Arte de Ponce, Ponce (Puerto Rico)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 20, 24-29)

L’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »


Méditation

J’ai longuement écrit sur cet évangile (IIe dimanche de Pâques) que nous lisons tous les ans après Pâques lors du dimanche de la Miséricorde.


Rares sont les artistes qui n’interprètent pas ce texte. La plupart du temps, ils nous montrent un Thomas attentif, l’oeil rivé sur la plaie et la main prête à pénétrer le corps du Crucifié. Comme ici dans ce tableau de Bernardo Strozzi. On dirait un dermatologue en pleine consultation, devant son patient qui vient d’ouvrir sa chemise sous l’oeil inquiet de la famille. Pourtant, si vous lisez bien l’évangile, rien ne nous dit que Thomas ait obéi à la proposition de Jésus de mettre sa main dans les plaies. Au contraire, Thomas se « convertit », il se retourne (en attitude) et confesse sa foi, non pas nouvelle, mais renouvelée : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »


À cela, Jésus répond par une nouvelle et dernière béatitude : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Jésus ne nie pas nos cinq sens, essentiels pour percevoir la réalité de ce monde. Remarquez que dans ce passage, plusieurs sens sont mis en oeuvre : le toucher, l’ouïe et la vue. Lui-même, Jésus, est pleinement homme et dut, comme nous, sentir, voir, entendre, toucher et goûter : tant de passages évangéliques nous l’attestent. Il veut simplement nous rappeler que nous sommes aussi dotés d’un « sixième sens » : celui de la foi. Un sens supplémentaire qui doit nous aider à percevoir ce qui dépasse nos sens physiques. Ce sens qui nous permet de voir l’invisible, d’entendre l’inaudible, de sentir l’inodore, de goûter l’insipide, de toucher l’immatériel. Ainsi, dans la béatitude de Jésus, nous pourrions, par la foi, remplacer les verbe voir par les quatre autre sens physiques et nous rendre compte que seul ce sixième sens compte !

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