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05 février — Sainte Agathe

Donne à ton serviteur un cœur attentif -



Salomon en prière,

Anonyme,

Bas-relief sur pierre calcaire,

Soubassement du portail de droite (de la Mère de Dieu) de la façade occidentale, sous les statues des rois Salomon et Hérode, début XIIIe siècle,

Cathédrale Notre-Dame, Amiens (France)


Lecture du premier livre des Rois (1 R 3, 4-13)

En ces jours-là, le roi Salomon se rendit à Gabaon, qui était alors le lieu sacré le plus important, pour y offrir un sacrifice ; il immola sur l’autel un millier de bêtes en holocauste. À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur lui apparut en songe. Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner. » Salomon répondit : « Tu as traité ton serviteur David, mon père, avec une grande fidélité, lui qui a marché en ta présence dans la loyauté, la justice et la droiture de cœur envers toi. Tu lui as gardé cette grande fidélité, tu lui as donné un fils qui est assis maintenant sur son trône. Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter, et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? » Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. De plus, je te donne même ce que tu n’as pas demandé, la richesse et la gloire, si bien que pendant toute ta vie tu n’auras pas d’égal parmi les rois. »

L’oeuvre sculptée

Les « quatre-feuilles » des soubassements sont remarquablement conservés. On y voit plusieurs épisodes de la vie de Salomon : Salomon à table, Salomon sur son trône, le massacre des Innocents, Salomon avec la reine de Saba, Salomon en prière devant le Temple, Hérode donnant l'ordre de brûler les vaisseaux de Tharsis.


Le temple est représenté comme une cathédrale. L'extérieur est contenu dans le lobe gauche, il est petit, tandis que Salomon en prière devant l'autel est représenté en grand, au premier plan : c'est le roi en prière qui est l'important de la scène. Le roi est couronné, les mains jointes , la tête baissée en méditation. Grâce et sérénité.


La partie inférieure est comme invisible, cachée par un nuage, allusion à la « nuée, image de la Gloire de Yaveh, qui remplissait la maison de Yaveh » ; ainsi Salomon reconnaît que le temple est la maison où Dieu résidera à jamais. (1 R 8, 11-12). Salomon est représenté sur une colonne, au-dessus de la nuée, il peut parler directement à Dieu.


Sainte Agathe, IIIe siècle, née à Catane et Sicile et morte en 251 à Rome

Née dans une famille noble, alors qu’elle a décidé de se consacrer totalement au Seigneur, Agathe est demandée en mariage par Quitien, le proconsul de Sicile, qui convoite à la fois sa grande beauté et sa fortune. Elle refuse les avances de cet homme cruel et fourbe. Pour se venger et parce que la jeune fille est chrétienne, il la fait jeter en prison. Elle y subit de multiples tortures et l’on dit que saint Pierre est venu la visiter dans son cachot pour la guérir miraculeusement. Elle finit cependant par mourir sous les coups de ses bourreaux ; au même moment, un tremblement de terre se fait sentir dans toute la région. Un an plus tard, l’Etna est en éruption. Le peuple en prière présente alors, devant le torrent de lave s’écoulant du volcan, le voile qui recouvre le tombeau de sainte Agathe : la ville de Catane est épargnée.


Agathe, accorde-nous la grâce de ne pas craindre la souffrance. Que nous acceptions avec courage et patience les traitements et les soins qui nous sont administrés, que nous sachions encourager nos proches malades à se soigner le mieux possible, que nous puissions enfin tout remettre entre les mains de Dieu.


Le Martyre de sainte Agathe

Andrea Vaccaro (Naples, 1604 - Naples, 1670)

Huile sur toile, 122 x 159 cm, vers 1635-1640

Musée Fabre, Montpellier (France)


Le tableau


Présentation du Musée Fabre de Montpellier


Andrea Vaccaro est l’un des meilleurs représentants de l’école napolitaine. Son activité fut abondante pour les églises de Naples et d’Italie du sud (Apulie et Calabre) ainsi que pour des amateurs privés. Le Martyre de sainte Agathe , tableau inédit daté vers 1635-1640, est l’un des plus beaux exemples de l’art de la jeunesse de Vaccaro. Agathe, originaire de Catane, consacra sa vie au Christ. Pour avoir proclamé sa foi et résisté aux avances du consul sicilien Quintianus qui la convoitait, Agathe, de famille noble et d’une grande beauté, subit le martyre en 251 après J.-C., les seins lui furent arrachés.

La violence expressive des gestes, le caractère menaçant des grandes pinces tenues par le bourreau musculeux, l’éclairage dramatique, le réalisme de certains visages, la frise dense des personnages représentés à mi-corps et le soldat casqué qui évoque L’Arrestation du Christ (Dublin, National Gallery of Ireland), montrent clairement l’influence des œuvres de Caravage. Mais le visage de Sainte Agathe, la dignité monumentale de la composition montrent les choix classicisants inspirés par Guido Reni. Le coloris bleu intense, la touche sensuelle rappellent l’importance de Van Dyck pour les peintres italiens du Sud.


Ce tableau, qui vient enrichir de façon remarquable la galerie de peintres du Seicento italien du musée Fabre, est intéressant à comparer avec une tête de Sainte Agathe de l’entourage de Reni, donnée par Fabre, et permet de tisser des liens subtils avec une œuvre emblématique du musée, sensiblement contemporaine et provenant du couvent de la Merced Calzada de Seville, Sainte Agathe , vers 1635-1640, de l’espagnol Francisco Zurbarán.


Méditation


La Prière de Salomon « Dieu de mes pères et Seigneur de Miséricorde, donne-moi la Sagesse » : Roi Salomon (970-931 avant Jésus-Christ) – Le Livre de la Sagesse, Chapitre 9, versets 1-18


« Dieu de mes pères et Seigneur de Miséricorde, par ta Parole Tu fis l’univers, Tu formas l’homme par ta Sagesse pour qu’il soit maître de Tes créatures, qu’il gouverne le monde avec justice et sainteté, qu’il rende, avec droiture, ses jugements. Donne-moi la Sagesse, assise auprès de Toi ; ne me retranche pas du nombre de Tes enfants : je suis Ton serviteur, le fils de Ta servante, un homme frêle et qui dure peu, trop faible pour comprendre les préceptes et les lois. Le plus accompli des enfants des hommes, s’il lui manque la Sagesse que Tu donnes, sera compté pour rien. Tu m’as choisi pour régner sur Ton peuple, pour gouverner Tes fils et Tes filles ; Tu m’as ordonné de bâtir un temple sur Ta montagne sainte, un autel dans la ville où Tu demeures, imitation de la demeure sainte que Tu fondas dès l’origine. Or la Sagesse est avec Toi, elle qui sait Tes œuvres ; elle était là quand Tu fis l’univers ; elle connaît ce qui plaît à Tes yeux, ce qui est conforme à Tes décrets. Des cieux très saints, daigne l’envoyer, fais-la descendre du trône de ta Gloire. Qu’elle travaille à mes côtés et m’apprenne ce qui Te plaît. Car elle sait tout, comprend tout, guidera mes actes avec prudence, me gardera par sa gloire. Alors mes œuvres Te seront agréables, je jugerai Ton peuple avec justice, et serai digne du trône de mon père. Quel homme peut découvrir les Intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les Volontés du Seigneur ? Les réflexions des mortels sont incertaines, et nos pensées, instables ; car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d’argile alourdit notre esprit aux mille pensées. Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre, et nous trouvons avec effort ce qui est à notre portée ; ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ? Et qui aurait connu ta Volonté, si Tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? C’est ainsi que les sentiers des habitants de la terre sont devenus droits ; c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui Te plaît et, par la Sagesse, ont été sauvés. Ainsi soit-il. »

Prière d'un homme politique


Seigneur, vous êtes l'Amour,

Seigneur, faites que je voie les choses à faire

Sans oublier les personnes à aimer,

Que je voie les personnes à aimer

Sans oublier les choses à faire.

Faites que je voie les vrais besoins des autres ;

C'est si difficile

De ne pas vouloir à la place des autres,

De ne pas décider à la place des autres.

C'est si difficile, Seigneur,

De ne pas prendre ses désirs

Pour les désirs des autres,

De comprendre les désirs des autres,

Quand ils sont si différents des nôtres.

Seigneur, faites que je voie

Ce que vous attendez de moi parmi les autres.

Enracinez au plus profond de mon être cette certitude :

"On ne fait pas le bonheur des autres sans eux".

Seigneur, apprenez-moi à faire les choses en aimant les personnes,

Apprenez-moi à aimer les personnes pour ne trouver ma joie

Qu'en faisant quelque chose pour elles,

Et pour qu'un jour elles sachent

Que vous seul, Seigneur, êtes l'Amour.


Norbert Ségard (1922-1981)

Docteur es-sciences, député du Nord, ancien ministre

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