11 février — Notre-Dame de Lourdes

Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve -



Marie, fontaine de vie,

Anonyme,

Icône orthodoxe russe, XVIIe siècle,

Collection privée


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 66, 10-14c)

Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui la pleuriez ! Alors, vous serez nourris de son lait, rassasiés de ses consolations ; alors, vous goûterez avec délices à l’abondance de sa gloire. Car le Seigneur le déclare : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve et, comme un torrent qui déborde, la gloire des nations. » Vous serez nourris, portés sur la hanche ; vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés. Vous verrez, votre cœur sera dans l’allégresse ; et vos os revivront comme l’herbe reverdit. Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.


Notre-Dame de Lourdes — 11 février 1858 - 16 juillet 1858, Lourdes (France), Apparitions reconnues par l'Église (18 janvier 1862)


« Je suis l'Immaculée Conception » : lorsque la Dame donne son nom à la petite Bernadette Soubirous, âgée de quatorze ans, lors de la seizième apparition, le 25 mars 1858, ce dogme a été proclamé quatre ans plus tôt par le pape Pie IX. Marie se fait toute proche de cette petite fille pauvre et malade qui ne sait ni lire ni écrire. Elle s'adresse à elle avec respect : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? » Elle lui parle en patois, car Bernadette ne comprend pas encore le français, ce qui dérange ceux qui interrogent la jeune fille : « La Vierge n'a pas pu parler patois ! Dieu et la Sainte Vierge ne parlent pas cette langue. » Bernadette réplique en théologienne : « Comment le saurions-nous s'ils ne le savaient pas ? » Les dix-huit apparitions définissent le message de Lourdes : « La ligne dominante du message de Marie à Bernadette est le renouveau de la grâce du baptême qui est le don de l'entière pureté de l'âme et du cœur. Le baptême nous purifie de tous nos péchés; il nous donne la liberté véritable qui est la docilité à l'Esprit du Fils. Dans le baptême, Dieu nous appelle chacun à la sainteté véritable » (père Jean-Claude Sagne). Marie nous invite, comme Bernadette, à ne pas nous enliser dans nos problèmes quotidiens, mais à vivre dès aujourd'hui du bonheur du Ciel : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre. » Jean-Paul II est le premier pape à se rendre à Lourdes en tant que Souverain Pontife : « Ici, on prie, on aime prier, on aime se réconcilier avec Dieu, on aime vénérer l'Eucharistie, on fait une place d'honneur aux pauvres, aux malades. C'est un lieu exceptionnel de grâces. Dieu soit loué ! » (1983.)


Marie, Notre-Dame de Lourdes, Mère de miséricorde, tu veux nous donner un cœur de compassion, tout spécialement pour les malades, configurés à l'image du Christ, et pour les pécheurs, qui ignorent de quel Amour ils sont aimés. Merci, Marie, de nous conduire dans les bras de Jésus et jusqu'au Cœur du Père.

Méditation

Il me semble que cette icône illustre avec bonheur le texte d’Isaïe, l’associant ainsi à l’image de la Vierge Marie que nous célébrons aujourd’hui. Elle est au centre de cette fontaine, en forme de calice, tenant sur son sein l’Emmanuel, et recevant du Père l’Esprit-Saint, souffle qui fond sur elle. De son sein coule le lait de la vie. La notion de lait de la Vierge n’est pas à prendre au pied de la lettre, mais à comprendre, en théologie orthodoxe, comme la Parole de Dieu qu’elle transmet tendrement à son Fils et que lui-même nous dispense.


Les eaux de cette fontaine, de ce calice de joie, retombent dans une vasque qui ressemblent à un baptistère où les hommes viennent puiser aux sources du salut et s’abreuver du fleuve de vie.


Comment comprendre cette surprenante image ? N’est-ce pas par Marie que nous obtenons la grâce du Fils ? N’est-ce pas son lait de tendresse maternelle qui a nourri cet enfant et qui continue de couler en chacun de nous quand nous communions à sa Parole et à son Corps ? Ne sommes-nous pas invités, nous aussi, à nous réfugier dans le sein de Marie, la Theotokos, à nous laisser porter par elle notre avocate, à nous laisser choyer de son intercession ? Oui, elle est la consolatrice, elle aide notre coeur à entrer dans la joie de son Maître, Jésus ; elle nous fait reverdir par sa douceur. Et Jésus nous fait connaître toutes les grâces que nous pouvons espérer de sa Mère.

Mais ne faisons pas de Marie une déesse. Marie est celle qui mène à Jésus, qui, à l’instar de Jean-le-Baptiste, s’efface pour le laisser apparaître. Elle le nourrit de son lait, pour que lui puisse nous nourrir de son Corps. Comme le disait Louis-Marie Grignon de Montfort (1673 - 1716) : « Par Marie, à Jésus »