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22 février — Chaire de Saint-Pierre

Sur cette pierre, je bâtirai mon Église -



Le trône de saint Pierre,

Gian Lorenzo Bernini (Naples, 1598 - Rome, 1680),

Marbre et bronze, 1657-1666,

Basilique Saint-Pierre, Vatican, Rome (Italie)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 16, 13-19)

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »


Fête du Siège apostolique et de la mission du Souverain Pontife. Célébrée dès le IV° siècle.


Un jour, à Césarée de Philippe, Jésus interroge ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » Simon répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Par cette profession de foi, il reçoit la primauté sur les autres Apôtres : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de la mort ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié » (Mt 16, 13-20).


Jésus, en instituant Pierre à la tête de son Église, n'a pas choisi un homme parfait ; Pierre a renié Jésus et celui-ci l'avait annoncé : « Le coq ne chantera pas aujourd'hui que tu n'aies, par trois fois, nié me connaitre. Quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 31-34). Après sa Résurrection, Jésus offre à Pierre l'occasion de racheter son triple reniement en lui posant trois fois cette question : « Pierre, m’aimes-tu ? » (Jn 21, 15) Il lui confie alors sa mission de Pasteur universel : « Pais mes brebis. »


Sur le Pape, successeur de Pierre, repose l'unité de l'Eglise et son universalité : « Le Pape, évêque de Rome et successeur de saint Pierre, est le principe perpétuel et visible et le fondement de l'unité qui lie entre eux les évêques, ainsi que la multitude des fidèles » (Catéchisme de l'Église catholique n° 882).


Saint Pierre, nous te prions pour l'unité de l'Église. Nous te confions nos paroisses, avec les joies et les rencontres, mais aussi les tensions et les disputes. Conduis-nous au pardon.

Méditation

Certains verront dans cette fête la justification d’un pouvoir pontifical qui ne soit pas seulement spirituel mais aussi temporel. N’est-ce pas le symbole de la tiare papale (abandonnée par Paul VI) qui comportait les trois couronnes du pouvoir : ordre sacré, juridiction et magistère ? Pourtant, ce n’est pas exactement ce que révèle le texte évangélique... D’abord, Jésus demande aux apôtres — et en l’occurrence à Pierre — de le « définir ». Au passage, c’est une question qu’il nous faut nous-mêmes nous poser : pour moi, qui est Jésus ? Et Pierre, dans le souffle de l’Esprit envoyé par le Père, répondra que Jésus est le Christ, le Messie, le Fils du Père. À cette réponse avisée de l’apôtre, Jésus donna mission à Pierre. Regardons de plus près. D’abord, qu’il doit être la pierre de fondation de son Église. C’est-à-dire le socle. Mais c’est le Christ qui en sera la tête. Et nous qui en sommes les pierres vivantes. Et si l’Église s’édifie dans cette perspective, rien ne pourra l’abattre, aucun fleuve de détresses et de drames ne pourra l’emporter. Car toute l’Église terrestre est Corps du Christ. Du moins tant que Jésus n’est pas venu dans sa Gloire. Car, alors, l’Église terrestre disparaîtra pour laisser place au Royaume. Pour le moment, elle n’en est que le pâle reflet. Quant à ces clés, ce sont celles du Royaume des cieux, non d’un quelconque pouvoir sur les royaumes de la terre. Le pouvoir, ô combien incommensurable, donné à Pierre est celui d’être le témoin et l’instrument du pardon divin qui permet à l’homme, malgré ses péchés, d’entrer au Royaume des cieux. Mais aussi le pouvoir d’exclure quiconque s’oppose à Dieu. Et c’est bien en ce sens qu’il faut comprendre la fameuse citation de Cyprien de Carthage : « Extra Ecclesiam nulla salus » (Hors de l'Église il n'y a pas de salut). Seul le Christ sauve, mais l’Église est l’instrument qu’il s’est choisi.


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