22 juillet - Sainte Marie-Madeleine

J’ai cherché celui que mon âme désire



L’Épouse rencontre l'époux à l'entrée du jardin

Anonyme

Tapisserie sur métier, laine et soie, 331 x 300 cm, 1ère moitié du XVIIe siècle

Palais du Tau, Reims (France)


Lecture du Cantique des Cantiques (Ct 3, 1-4a)

Paroles de la bien-aimée. Sur mon lit, la nuit, j’ai cherché celui que mon âme désire ; je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé. Oui, je me lèverai, je tournerai dans la ville, par les rues et les places : je chercherai celui que mon âme désire ; je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé. Ils m’ont trouvée, les gardes, eux qui tournent dans la ville : « Celui que mon âme désire, l’auriez-vous vu ? » À peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon âme désire : je l’ai saisi et ne le lâcherai pas.


Méditation

Actuellement, nous entendons rarement parler du Cantique des Cantiques, sous couvert que ce serait un texte qui ne parle pas de Dieu, peu édifiant, avec des passages aux relents érotiques ! Pourtant, si c’est un livre érotique, c’est celui de l’éros qui cherche Dieu, de l’attente des épousailles entre l’âme et son Sauveur. Le désir n’est pas condamnable, loin de là. Jésus ne dit-il pas à ses apôtres, avant la Cène : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! » (Lc 22, 15)


L’âme est le lieu du désir. Bien sûr, celui peut se pervertir et devenir jouissance personnelle. Marie-Madeleine en a fait l’expérience dans la première partie de sa vie.


Mais le désir peut aussi, et surtout, ouvrir à l’autre, au tout autre, à l’incommensurable. C’est ce que vivra Marie-Madeleine après sa rencontre avec le Christ.


De ce jour, son âme ne fera que chercher Dieu. Elle en vivra des retournements, des conversions. Rappelez-vous son triple retournement lorsqu’elle cherche Jésus au tombeau et qu’elle le prend pour le jardinier (Jn 20, 11-18). Et comme dans le Cantique, elle cherche à saisir Jésus, à ne pas le lâcher. Mais il lui répondra : « Noli me tangere (ne me retiens pas) ».


Car, même si notre âme est assoiffée de Dieu (Psaume 41, 2-3 : Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu ?), ce n’est pas nous qui le saisissons, c’est Lui qui vient nous saisir, nous prendre dans sa main : « Mon âme s'attache à toi, ta main droite me saisit » (Ps 62, 9) ; « Tu me devances et me poursuis, tu m'enserres, tu as mis la main sur moi. Savoir prodigieux qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre ! Où donc aller, loin de ton souffle ? où m'enfuir, loin de ta face ? » (Psaume 138, 5-7). Comme Marie-Madeleine, laissons-nous saisir par Dieu, abandonnons tout pour être libres. Libres de tout, sauf de Jésus-Christ !