26 décembre — Saint Étienne

Reçois mon esprit -



La lapidation de saint Étienne,

Annibale Caracci (Rome, 1560 - Rome, 1609),

Huile sur cuivre, 41 x 53 cm, vers 1603,

Musée du Louvre, Paris (France)


Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 6, 8-10 ; 7, 54-60)

En ces jours-là, Étienne, rempli de la grâce et de la puissance de Dieu, accomplissait parmi le peuple des prodiges et des signes éclatants. Intervinrent alors certaines gens de la synagogue dite des Affranchis, ainsi que des Cyrénéens et des Alexandrins, et aussi des gens originaires de Cilicie et de la province d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, mais sans pouvoir résister à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler. Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui, rempli de l’Esprit Saint, fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort.


Méditation

Étienne, Stéphanos en grec, le couronné. Couronné, il le fut. De gloire. De la gloire d’être le premier martyr chrétien, de la gloire du pardon pour ses agresseurs (dont le futur saint Paul), de la gloire de cette vision béatifique qui précéda sa mort. Cet Étienne m’a toujours impressionné. Le voilà qui annonce sa foi à tous (ce sont les versets qui précèdent), qui témoigne de sa conversion, de son amour de Dieu.


Mais il ne rentre pas dans les cases, il n’est pas comme on voudrait qu’il soit, et donc, qu’importe ce qu’il dit ou pense, il vaut mieux l’éliminer. « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage », ce qu’ils firent pour Étienne... Combien encore aujourd’hui de martyrs, de gens que l’on tue physiquement ou moralement parce qu’ils ne sont pas ce que l’on voudrait qu’ils soient ? La bienpensance n’est-elle pas le nouvel autel du sacrifice ? Ils on,t voulu faire rentrer cet homme dans le moule de ce qu’ils estimaient bon. Bon pour lui ? Ou bon pour une société calme et limpide ? Une société qui refuse de « faire des vagues », ou l’on préfère un instrument qui joue seul qu’un philharmonique.


Je pense que l’on pourrait proclamer saint Étienne patron de tous ceux qui sont exclus de la société parce que considérés comme arrogants. Mais où est donc l’arrogance ? De celui qui croit, qui est empli de sa foi et de ses convictions, ou de ceux qui en face découvrent qu’ils n’ont ni foi, ni convictions et se sentent humiliés ? Encore aujourd’hui, il serait bon de se poser la question... De quoi suis-je couronné ? De mon combat sur moi-même et du combat que les autres mènent contre moi ? Saint Étienne, priez pour nous, et surtout pour eux !