28 août — Saint Augustin d’Hippone

Entre dans la joie de ton Seigneur


I r/

La Parabole des talents

Ou les travaux d’agriculture byzantine

Anonyme

Enluminure d’un Évangile byzantin, XIe siècle

Bibliothèque Nationale, Paris (France)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 25, 14-30)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. « Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. « Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” « Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »


Méditation

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BENOÎT XVI, ANGÉLUS du Dimanche 13 novembre 2011


Chers frères et sœurs !


La Parole de Dieu de ce dimanche, avant-dernier dimanche de l’année liturgique, nous avertit du caractère provisoire de l’existence terrestre et nous invite à la vivre comme un pèlerinage, en tournant notre regard vers le but, vers ce Dieu qui nous a créés et qui, puisqu’il nous a faits pour lui (cf. saint Augustin, Conf. 1, 1), est notre destin ultime et le sens de notre vie. Le passage obligé pour atteindre cette réalité définitive est la mort, suivie du jugement dernier. L’apôtre Paul nous rappelle que « le jour du Seigneur viendra de nuit comme un voleur » (1 Th 5, 2), c’est-à-dire sans prévenir. La conscience du retour glorieux du Seigneur Jésus nous pousse à vivre dans une attitude de vigilance, en attendant sa manifestation en faisant constamment mémoire de sa première venue.


Dans la célèbre parabole des talents, rapportée par l’évangéliste Matthieu (cf. 25, 14-30), Jésus parle de trois serviteurs auxquels leur maître confie ses biens, au moment de partir pour un long voyage. Deux d’entre eux se comportent bien, parce qu’ils font doubler les biens reçus. Le troisième, au contraire, cache l’argent reçu dans un trou. Rentré chez lui, le maître demande compte à ses serviteurs de ce qu’il leur avait confié et, alors qu’il est satisfait des deux premiers, il est déçu par le troisième. En effet, ce serviteur qui a caché son talent sans le faire fructifier, a mal fait ses comptes : il s’est comporté comme si son maître ne devait plus revenir, comme s’il n’existait pas un jour où il lui aurait demandé compte de ses actes. Par cette parabole, Jésus veut enseigner à ses disciples à bien utiliser ses dons : Dieu appelle tout homme à la vie et lui remet des talents, en lui confiant en même temps une mission à accomplir. Il serait sot de penser que ces dons sont un dû, de même que renoncer à les employer serait manquer le but de l’existence. En commentant cette page évangélique, saint Grégoire le Grand fait remarquer que le Seigneur ne fait manquer à personne le don de sa charité, de l’amour. Il écrit : « C’est pourquoi il est nécessaire, mes frères, que vous vous appliquiez à garder la charité, en toute action à accomplir » (Homélies sur les Évangiles 9, 6). Et après avoir précisé que la vraie charité consiste dans l’amour des amis comme des ennemis, il ajoute : « Si quelqu’un manque de cette vertu, il perd tout le bien qu’il a, il est privé du talent reçu et il est jeté dehors, dans les ténèbres » (ibid.).


Chers frères, accueillons l’invitation à la vigilance, à laquelle les Écritures nous invitent à différentes reprises ! C’est l’attitude de celui qui sait que le Seigneur reviendra et voudra voir en nous les fruits de son amour. La charité est le bien fondamental que personne ne peut manquer de faire fructifier et sans lequel tout autre don est vain (cf. 1 Co 13, 3). Si Jésus nous a aimés au point de donner sa vie pour nous (cf. Jn 3, 16), comment pourrions-nous ne pas aimer Dieu de tout notre être, et nous aimer les uns les autres vraiment de tout cœur (cf. 1 Jn 4, 11) ? Ce n’est qu’en pratiquant la charité que nous aussi nous pourrons prendre part à la joie de notre Seigneur. Que la Vierge Marie nous enseigne une vigilance active et joyeuse sur le chemin de la rencontre avec Dieu.