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5e jour de l’octave de la Nativité

Marchons dans la lumière -



A Moonlight Walk,

John Atkinson Grimshaw (Leeds, 1836 - Leeds, 1893),

Huile sur toile, 22,5 x 45,5 cm, 1882,

Collection privée


Lecture de la première lettre de saint Jean (1 Jn 2, 3-11)

Bien-aimés, voici comment nous savons que nous connaissons Jésus Christ : si nous gardons ses commandements. Celui qui dit : « Je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n’est pas en lui. Mais en celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection : voilà comment nous savons que nous sommes en lui. Celui qui déclare demeurer en lui doit, lui aussi, marcher comme Jésus lui-même a marché. Bien-aimés, ce n’est pas un commandement nouveau que je vous écris, mais un commandement ancien que vous aviez depuis le commencement. La parole que vous avez entendue, c’est le commandement ancien. Et pourtant, c’est un commandement nouveau que je vous écris ; ce qui est vrai en cette parole l’est aussi en vous ; en effet, les ténèbres passent et déjà brille la vraie lumière. Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres jusqu’à maintenant. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a en lui aucune occasion de chute. Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres sans savoir où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.


Méditation

Surprenante contradiction : pour demeurer il faut marcher ! En fait, si nous voulons demeurer en Dieu, si nous voulons qu’il demeure en nous, il nous faut marcher, prendre la route, ne pas nous installer. N’est-ce pas en marchant que Jésus a appelé ses apôtres, non pas à table, mais en passant. Notre Dieu est un Dieu qui passe, qui ne s’arrête pas. Il vient nous déranger, nous sortir de notre confort, nous extraire des lieux réels ou virtuels où nous nous sommes installés. Même le moine seul dans sa cellule ne s’installe pas, il est continuellement en chemin, dans la prière, avec toute l’Église, avec tous les hommes qu’il porte dans son cœur.


C’est sur le chemin que les disciples d’Emmaüs ont rencontré Jésus. Et lorsqu’ils ont voulu le « saisir », l’arrêter, l’installer avec eux à table, il disparut à leurs yeux. Comme Marie-Madeleine qui voulut saisir le Christ le dimanche de la Résurrection. « Ne me saisis pas » lui dit Jésus. Tu veux vivre avec moi, alors pars. Pars vers tes frères, pars sur les routes. Elle ira jusque dans le sud de la France.


Car à chaque fois que nous nous arrêtons, nous installons, nous risquons de tomber dans les ténèbres ou de perdre tout ce que nous pensions avoir accumulé. Rappelez-vous la parabole de ce propriétaire qui fit construire des greniers pour son avenir et qui perdit la vie la nuit suivante.


Le Christ, lui, est lumière. Mais une lumière que l’on ne met pas sur le boisseau. Plutôt une lumière qu’on emmène avec soi, tel un flambeau, une lumière qui est faite pour éclairer la route, pour montrer le chemin de la sainteté, pour dissiper les ténèbres de nos péchés. Ainsi, ces deux personnages qui avancent dans la nuit ne sont pas seuls. Ils s’éclairent mutuellement, ils avancent à la lumière de la lune, ils ne sont pas effrayés par les ténèbres, les arbres morts. Non, ils avancent vers cette faible lumière, la lune, lumière qui ne s’impose pas mais qui brille à leurs yeux.


Le Christ n’est-il pas cette lumière, si faible soit-elle, qui nous invite à le rejoindre, à avancer vers lui comme les Mages avanceront vers le Christ, à la simple lueur d’une petite étoile. Jésus est notre étoile qui nous guide, nous éclaire au milieu des ténèbres de notre monde. Ne nous installons pas, mais suivons cette lumière de Noël.

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