top of page

IIIe Dimanche du Temps Ordinaire (C)

Aujourd’hui ! -



Le Christ dans la Synagogue de Capharnaüm,

Anonyme,

Extrait de l’Évangéliaire copte-arabe de 1250,,

Enluminure sur papier, Folio 109 v

Bibliothèque de Fels, Institut Catholique de Paris, Paris (France).


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 1-4, 14-21)

Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »


Le manuscrit



Je reprends ici la présentation sommaire que l’on peut lire sur le site de l’Institut Catholique de Paris :

Un copiste exceptionnel

La Bibliothèque de Fels présente le manuscrit le plus remarquable de son fonds patrimonial : un évangéliaire copte-arabe exécuté au Caire, en Egypte, en 1250. "Copié par la main experte du moine Gabriel (futur patriarche d'Alexandrie, à qui l'on doit aussi le manuscrit 94 Bibl. du Musée Copte au Caire), conservant encore une ancienne reliure en cuir à rabat, luxueusement enluminé, cet évangéliaire est l'un des plus précieux témoins de l'art du manuscrit copte qui soient arrivés jusqu'à nous. Le texte est écrit sur du papier dit "oriental", sans filigrane, à gauche en copte bohaïrique, à droite en arabe. L'illustration s'étend sur 18 pages réparties dans tout le livre : Portrait en pleine page de l'évangéliste avant chaque évangile ; sur la page faisant face au portrait, début du texte surmonté d'un petit tableau occupant un tiers de la page [...]. 10 pages, se faisant face deux à deux, sont divisées en 6 petites vignettes représentant des scènes évangéliques, accompagnées dans les marges d'inscriptions arabes [...] Au folio 225, on peut lire : "Souvenez-vous de moi pour l'amour de Dieu, moi le pauvre Gabriel indigne d'être appelé moine et prêtre et que Dieu me pardonne. Au temps des martyrs 966" (c'est-à-dire 1250 de l'ère chrétienne)."


Un document précieux pour l'histoire de l'art

"Si les thèmes iconographiques sont ceux de la tradition byzantine et copte, les détails du décor des scènes, les traits des personnages, les couleurs utilisées révèlent une influence islamique et ce mélange rare fait toute l'originalité de cet évangéliaire. Enfin, ce manuscrit présente l'intérêt d'être resté au Caire jusqu'à la fin du 19e siècle et d'avoir servi de modèle pour d'autres évangéliaires (en particulier celui du British Museum, Or.425 exécuté en 1308). Ce manuscrit a été acheté en 1885 par Monseigneur d'HULST, premier recteur de l'Institut Catholique de Paris. Le vendeur était Emile Amélineau, égyptologue qui en 1883 était membre de la Mission française archéologique du Caire et qui se consacra, entre autres activités, à la recherche de manuscrits coptes." Le manuscrit a été confié en 1999 à l'atelier de M. Roger Buisson pour restauration et en 2003 à la société Arkhênum pour être numérisé. Il a été prêté pour plusieurs expositions, la dernière en date au Metropolitan Museum of Art (MET) de New York, pour l'exposition : BYZANTIUM : faith and power (1261-1557) qui a eu lieu en 2004.


Ce que je vois

L’enluminure que nous voyons est extraite d’une page complète :


De gauche à droite et de bas en haut, nous voyons :


La naissance de Jean

On distingue l’enfant emmailloté dans le berceau. En bas de l’image est étendue Elisabeth, elle se soulève un peu en s'appuyant sur la main gauche, tandis que la droite fait le geste du discours. A sa tête Zacharie tient une tablette presque invisible.


Inscription arabe : Jean dort dans le lit et sa mère endormie après l’accouchement et son père Zacharie tenant dans sa main droite une tablette où il écrit le nom de Jean.


La présentation au Temple

Devant un édicule d'architecture arabe, coupole bleue soutenue de légères colonnes, se tiennent à droite le vieillard Siméon, tenant un linge blanc dans lequel il s'apprête à recevoir l'Enfant vêtu d'une robe sombre des mains de la Vierge. Derrière elle, Joseph tient les deux colombes.


Inscription arabe : Entrée du Seigneur au Temple avec le prêtre Siméon qui le reçoit de sa mère avec Joseph et les colombes.


Le Christ et les Docteurs

Devant un édicule couleur gris sombre, tympan décoré et ouvert de trois arcades en fer-à-cheval. Le Christ est assis devant trois personnages. Les trois hommes d’âge mur l’écoutent.


Inscription arabe : Dans le temple avec les docteurs.


Le Christ dans la synagogue de Capharnaüm (notre image)

A droite, un escalier de huit marches surmonté d'un petit édifice ou d'un trône à dossier. Assis sur la plus haute marche, et tenant un livre ouvert, Le Christ adresse la parole à un groupe de cinq personnages attentifs.


Inscription arabe : La lecture par le Seigneur devant la foule sur l’autel.


Le Christ précipité dans le vide

Sol rocheux surmonté à droite d'un édifice à couple ajourée posée sur un mur. A gauche, le Christ se penche vers le vide poussé par quatre hommes.


Inscription arabe : Voulant le précipiter au sommet de la montagne.


Résurrection du fils de la veuve de Naïm

A gauche, le Christ domine la scène, deux porteurs en tuniques courtes soutiennent un lit sur lequel repose le cadavre emmailloté. Au premier plan, la veuve.


Inscription arabe : La résurrection du fils de la veuve.


Sur notre image :

Il est d’abord intéressant de lire que l’inscription arabe fait déjà preuve d’interprétation : La lecture par le Seigneur devant la foule sur l’autel. Cette description, comme l’image, ne montre pas la synagogue. Jésus ne s’adresse pas ici aux juifs cultivés, mais à toute la foule. Tous les hommes sont concernés par cette parole. Cette parole du Premier Testament qu’il leur lit. Ce livre, ancien, prend vie en ses mains, pour en faire une Bonne Nouvelle, un Évangile, une parole neuve et actualisée, un message vivant pour les hommes d’aujourd’hui.


Elle n’en reste pas moins une parole divine, car proclamée du haut de l’autel. Le mot « autel » vient du latin « altar », ce qui est en hauteur. Et il est ici en hauteur, sur cet escalier de huit marches. Ces huit marches rappellent inévitablement l’accomplissement. La Création se déroula en six jours. Le septième (samedi – shabbat), Dieu se repose. Le repos du Christ dans la mort se terminera le huitième jour, le Dimanche. Jésus vient parachever la Création le huitième jour. Et ces huit marches en sont le signe. Sa Parole aujourd’hui vient aussi parachever, mener à son accomplissement les prophéties du Premier Testament.


Notons aussi que le mot « altar » en latin a un autre sens, celui de la nourriture (la racine latine « alere » signifie : sustenter, alimenter). Cette parole sera aussi notre nourriture. Jésus viendra le dire : l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. À l’autel, prenant de la hauteur sur nos vies, nous recevons cette parole pour aujourd’hui, une parole qui nous nourrit, une parole qui s’est faite chair dans l’eucharistie.


En haut de cet escalier, on distingue une sorte de paroi de bois. Est-ce une porte, ou un siège ou la bêma d’où était lue le rouleau dans la synagogue ? J’aurais presque envie d’y voir le dossier d’un siège. Ainsi, cette scène serait totalement eucharistique. Elle remettrait en avant les trois présences divines signifiées dans la liturgie :

  1. Le siège de présidence : signe du Christ qui trône en la personne du prêtre qui agit en la personne du Christ-tête.

  2. La table de l’eucharistie : l’autel dont parle le texte, autel situé en haut des marches.

  3. Et la la table de la Parole : Jésus qui nous donne les Écritures.

Pour finir, regardons les personnages. Jésus, auréolé d’un nimbe cruciforme, est habillé d’une tunique marron, rappel de son humanité (l’humanité vient de la terre, de l’humus). Il est recouvert d’un manteau bleu rappelant sa divinité. Le fond or, signe d’un monde divin, se retrouve sur son revers de manche. À ses pieds, ou plutôt au pied de l’autel (mais Jésus n’est-il pas l’autel par excellence ?) cinq personnes reçoivent cette parole. En effet, Jésus semble plus leur tendre le livre que le lire. Ils sont tous auréolés, comme des saints. Remarquons qu’ils semblent à genoux, en signe de dévotion face à la parole faite chair. Comme les Mages, ils le reconnaissent. Même celui qui paraît venir d’une autre culture : l’homme au turban. La Parole de Dieu est pour tous, et pour tous les temps ! Jésus, aujourd’hui, les invite-t-ils à gravir cet escalier jusqu’à la porte du Paradis ? Les attire-t-il avec cette Parole de grâce et de salut ? Veut-il, aujourd’hui, nous sauver ?


Prophétie

Pour tous les temps, mais surtout pour aujourd’hui : la porte de ce jour. Aujourd’hui semble être la pierre angulaire du texte. Mais cet aujourd’hui, cette réalisation promise par le Christ, est celle de la lecture du rouleau d’Isaïe qu’il vient de faire. Pourtant le texte rapporté dans l’Évangile est tronqué. Voici l’intégralité du livre d’Isaïe au chapitre 61 :


01 L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération,

02 proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler tous ceux qui sont en deuil,

03 ceux qui sont en deuil dans Sion, mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu. Ils seront appelés « Térébinthes de justice », « Plantation du Seigneur qui manifeste sa splendeur ».

04 Ils rebâtiront les ruines antiques, ils relèveront les demeures dévastées des ancêtres, ils restaureront les villes en ruines, dévastées depuis des générations.

05 Des gens venus d’ailleurs se présenteront pour paître vos troupeaux, des étrangers seront vos laboureurs et vos vignerons.

06 Vous serez appelés « Prêtres du Seigneur » ; on vous dira « Servants de notre Dieu. » Vous vivrez de la ressource des nations et leur gloire sera votre parure.

07 Au lieu de votre honte : double part ! Au lieu de vos opprobres : cris de joie ! Ils recevront dans leur pays double héritage, ils auront l’allégresse éternelle.

08 Parce que moi, le Seigneur, j’aime le bon droit, parce que je hais le vol et l’injustice, loyalement, je leur donnerai la récompense, je conclurai avec eux une alliance éternelle.

09 Leurs descendants seront connus parmi les nations, et leur postérité, au milieu des peuples. Qui les verra pourra reconnaître la descendance bénie du Seigneur.

10 Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux.

11 Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations.


En fait, c’est une prophétie adressée par Dieu à Jérusalem, la cité sainte. Le Messie lui promet le salut, ce salut qui fera qu’elle exultera en Dieu. Ce Messie, en Sion, empli de l’Esprit de Dieu, car consacré par l’onction, a reçu une mission :

  • Annoncer la bonne nouvelle aux humbles,

  • Guérir ceux qui ont le cœur brisé,

  • Proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération,

  • Proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu,

  • Consoler tous ceux qui sont en deuil.

Cette prophétie, qui doit se réaliser aujourd’hui, par la voix du Messie, tient en plusieurs verbes : annoncer, guérir, proclamer et consoler. Jésus ne prononcera pas le dernier verset. Peut-être pour nous éviter les pleurs de la vengeance… Peut-être parce que cette dernière partie est déjà réalisée. En effet, la vengeance de notre Dieu vient de se faire, au désert, avec le Tentateur. Les versets précédents nous le disent : « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé. Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. » (Lc 4, 13-15) Nous sommes vengés : le Diable est terrassé. Nous sommes consolés : le Salut est parmi nous, l’espérance est maintenant possible, les portes du Paradis vont s’ouvrir.


Aujourd’hui

Mais pour que cet aujourd’hui se réalise, plusieurs conditions préalables sont nécessaires. Car c’est à nous, aujourd’hui, que cette parole s’adresse. C’est nous, aujourd’hui, qui sommes emplis de l’Esprit, qui avons été consacrés. En effet, n’avez-vous pas reçu l’onction du Saint-Chrême le jour de votre baptême ? N’avez-vous pas reçu la force de l’Esprit qui vous confirme dans votre mission de chrétien lors de la confirmation ? N’ai-je pas été conformé au Christ en recevant l’onction lors de mon ordination ? Cette onction fait de nous des oints. Et ce mot oint se traduit en grec : Christ ! Par cette onction, nous aussi sommes devenus des Christ. Nous aussi, nous devrions dire à nos frères, au pied de l’autel : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. »


Ainsi, la première condition est de prendre acte de notre filiation divine. Nous sommes, par notre baptême et notre confirmation, devenus des Christ. Nous sommes les fils adoptifs du Père en Jésus, par son Esprit. Nous partageons ce sacerdoce commun des fidèles qui fait que, comme il nous l’est dit au baptême :

N., tu es maintenant baptisé : Le Dieu tout-puissant, Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur, t'a libéré du péché et t'a fait renaître de l'eau et de l'Esprit Saint. Désormais, tu fais partie de son peuple, tu es membre du Corps du Christ et tu participe à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. Dieu te marque de l'huile du salut afin que tu demeures dans le Christ pour la vie éternelle.

Nous participons à sa dignité...

  • de prêtre : en recevant et donnant les sacrements,

  • de prophète : en annonçant à temps et à contretemps sa Parole,

  • de roi : en guidant par nos actes notre communauté.

Et nous en sommes confirmés, et confortés lors du sacrement de la chrismation (confirmation) :

N. ... sois marqué(e) de l’Esprit Saint, le don de Dieu ! Va, le Seigneur t'accompagne. Qu'il te garde dans la paix.

Oui, nous sommes marqués, de façon indélébile. Marqués par son Esprit, marqués par sa Parole qui vient se graver en nos cœurs. Il nous faut nous le rappeler à chaque instant. Nous sommes devenus comme le Christ, nous sommes devenus des « alter Christus », des autres Christ ! Alors, et alors seulement, conscients de cet état d’adoption de notre Dieu, emplis de la force de son Esprit, nourris aux Tables de la Parole et de l’Eucharistie, nous pouvons partir en mission : Va, le Seigneur t'accompagne. Qu'il te garde dans la paix !


En route !

Il s’agit maintenant de partir… Le chrétien ne s’installe pas, comme le Christ qui n’avait pas d’endroit où reposer sa tête. Il est en chemin, il est le chemin vers Dieu. Le chrétien comme le scout, comme Jésus, campe et décampe ! Il est sur les routes, rassasié de la Parole et du Pain, pour :

  • Annoncer la bonne nouvelle aux humbles,

  • Guérir ceux qui ont le cœur brisé,

  • Proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération,

  • Proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur,

  • Consoler tous ceux qui sont en deuil.

Cela, c’est aujourd’hui que ça se réalise…


Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »


Aujourd’hui, l’Écriture doit s’accomplir en chacun de nous. Aujourd’hui, nous sommes des autres Christ. Aujourd’hui, je vous invite à devenir des « fols en Christ » ! Aujourd’hui, dès aujourd’hui, je vous invite à plonger, après avoir plongé dans les eaux du baptême, après avoir été plongé dans l’Esprit de confirmation, à plonger dans les Écritures. Lisez, lisons la Bible. Lisez, lisons la Parole de Dieu et démentons ce qu’écrivait un poète juif : « La Bible est le livre le plus vendu au monde, et le plus mal lu, voire le moins lu ! ».



Homélie d'Origène (+ 253), Homélie 32, 1-3.6, GCS 9, 193-195.

Quand vous lisez : Il enseignait dans leurs synagogues, et tout le monde faisait son éloge, gardez-vous de n'estimer heureux que ces gens-là, et de vous croire privés de son enseignement. Si les Écritures sont vraies, le Seigneur n'a pas seulement parlé en ce temps-là, dans les assemblées juives, mais il parle également aujourd'hui dans notre assemblée. Et Jésus enseigne non seulement dans la nôtre, mais dans d'autres encore, et dans le monde entier. Et il cherche des instruments pour répandre ses enseignements. Priez pour qu'il me trouve, moi aussi, disposé et apte à le chanter. <>


Il vint ensuite à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit: L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction (Lc 4,16-18, citant Is 61,1).


Ce n'est pas par hasard, mais par une disposition de la divine Providence que Jésus ouvrit le livre et trouva un passage de l'Écriture qui prophétisait à son sujet. Il est écrit, en effet, qu'un moineau ne tombe pas dans le filet sans la volonté du Père (Mt 10,29), et que les cheveux de la tête des Apôtres sont tous comptés (Lc 12,7). Ne serait-ce pas aussi en vertu de sa providence que le livre d'Isaïe fut choisi plutôt qu'un autre, ainsi que ce passage précis qui parle du mystère du Christ : L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction (Is 61,1) ? <>


Après avoir lu ces paroles, Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui (Lc 4,20). En ce moment aussi, dans notre synagogue, c'est-à-dire dans notre assemblée, vous pouvez, si vous le voulez, fixer les yeux sur le Sauveur. Car, lorsque vous tenez le regard le plus profond de votre coeur attaché à la contemplation de la sagesse, de la vérité et du Fils unique de Dieu, vos yeux sont fixés sur Jésus. Bienheureuse assemblée dont l'Écriture atteste que tous avaient les yeux fixés sur lui ! Comme je voudrais que cette assemblée mérite un témoignage semblable, que tous, catéchumènes, fidèles, femmes, hommes et enfants, regardent Jésus avec les yeux non du corps, mais de l'âme! Lorsque, en effet, vous tournerez vers lui votre regard, sa lumière et sa contemplation rendront vos visages plus lumineux, et vous pourrez dire : Sur nous, Seigneur, la lumière de ton visage a laissé ton empreinte (cf. Ps 4,7), toi à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen (1 P 4,11).


Prière

En ta bonté, Seigneur, tu as voulu que la mission du Christ soit Bonne Nouvelle pour les pauvres, lumière pour les aveugles, libération pour les opprimés. Béni sois-tu ! Aide-nous à déceler dans l'aujourd'hui de notre vie ta parole qui s'accomplit et ta grâce qui est à l'oeuvre. Par Jésus Christ.

bottom of page