Jeudi, 1ère semaine de Carême

Cherchons refuge auprès du Seigneur -



La reine Esther,

Edwin Long (Bath, 1829 - Hampstead, 1891),

Huile sur toile, 213, 5 x 170, 3 cm, 1878,

National Gallery of Victoria, Melbourne (Australie)


Lecture du livre d’Esther (Est 4, 17n.p-r.aa.bb.gg.hh - Néovulgate)

En ces jours-là, la reine Esther, dans l’angoisse mortelle qui l’étreignait, chercha refuge auprès du Seigneur. Se prosternant à terre avec ses servantes du matin jusqu’au soir, elle disait : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, tu es béni. Viens à mon secours car je suis seule, et je n’ai pas d’autre défenseur que toi, Seigneur. Car je vais jouer avec le danger. « Dans les livres de mes ancêtres, Seigneur, j’ai appris que ceux qui te plaisent, tu les libères pour toujours, Seigneur. Et maintenant, aide-moi, car je suis solitaire et je n’ai que toi, Seigneur mon Dieu. Maintenant, viens me secourir car je suis orpheline, et mets sur mes lèvres un langage harmonieux quand je serai en présence de ce lion ; fais que je trouve grâce devant lui, et change son cœur : qu’il se mette à détester celui qui nous combat, qu’il le détruise avec tous ses partisans. Et nous, libère-nous de la main de nos ennemis ; rends-nous la joie après la détresse et le bien-être après la souffrance. »


Méditation

Le carême, le jeûne, les efforts spirituels, voire l’inquiétude due à la pandémie, et tant d’autres soucis peuvent, telle Esther, nous plonger dans l’angoisse. Peur de l’avenir, peur pour notre santé, peur pour nos proches, peur de l’abandon, peur de la mort ou des peurs plus diffuses et insidieuses qui créent en nous ce sentiment d’impuissance à croire que les événements nous entraînent dans un fleuve impétueux et dangereux. Reconnaissons simplement que ces peurs sont malgré tout très orientées vers notre petite personne... Nous arrive-t-il d’avoir peur de ne pas être digne des grâces de Dieu ? Ou d’avoir peur de ne pas assez nous démener pour aller vers la sainteté ?


Rassurons-nous, Esther aussi a peur, et peur non seulement de ne pas réussir à sauver son peuple face à la colère du roi Assuérus, mais encore d’être seule face au danger. Car notre angoisse la plus profonde est celle de l’abandon. Et elle est encore plus vive si naît en nous cette angoisse de croire que Dieu nous abandonne, et ce quand nous sommes face au danger et qu’il nous semble ne plus pouvoir l’affronter ni le dominer.


Mais Dieu ne nous abandonnera jamais. Jésus ne l’a-t-il pas promis (Mt 28, 20) : « Et moi, je suis avec vous jusqu’à la fin des temps » ? Ce qu’il attend de nous, c’est simplement la confiance. Le mot confiance se décline aussi en fidélité et en foi. En ce temps de carême, ayons confiance en la présence bienveillante de notre Dieu, soyons-lui fidèle dans la prière, ayons foi en son amour et en sa protection de chaque instant. Ne nous a-t-il pas donné un ange gardien ?