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Jeudi, 10ème semaine du T. O. — Année paire

Envieux et jaloux !



Caïn tuant Abel

Bartolomeo Manfredi (Ostiana, 1582 - Rome, 1622)

Huile sur toile, 152 x 115 cm, vers 1610

Kunsthistorisches Museum, Vienne (Autriche)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 20-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »


Méditation

Ce pauvre Abel qui n’avait rien fait, hormis présenter ses moutons gras et doux. Et à ses côtés, son frère qui se morfond de ne rien avoir entendu de Dieu lorsqu’il lui présentât son offrande de gerbes. Alors naît dans son cœur ce triste sentiment qui mine et ronge l’âme : l’envie. Caïn n’a pas su ce contenter d’avoir fait son devoir. Il attend trop. Pourtant... il aurait dû « se dépenser sans attendre d’autre récompense que celle de savoir qu’il faisait sa sainte volonté. » Alors, il se met en colère. Non pas contre Dieu, on aurait pu le comprendre. Mais contre son frère qui n’a rien fait. Et il va commettre un meurtre. Jésus semble éclairer cette page du Premier Testament.

Alors, à quoi nous invitent-il aujourd’hui ? À ne pas céder à cet appel de l’envie et de la jalousie. À ne pas tenir rancune. Bref, à mettre en œuvre la règle d’or (Mt 7, 12) : « Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même ; car c’est là la loi et les prophètes. » Bref, à se réconcilier avec nos frères. Car nous-mêmes, n’aurions nous pas besoin de nous réconcilier ? Avec les autres, bien sûr. Avec nous-mêmes, sûrement. Avec Dieu, évidemment ! Car Dieu n’attend que cela, comme notre frère, comme nous-même. Rappelons-nous ce que dit saint Paul (2 Cor 5, 19-20) : « Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. »

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