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Jeudi, 14e semaine du T.O. — année impaire

Ubi messa, ibi mensa



Le Christ envoie ses onze apôtres en mission

Anonyme

Livre des péricopes d’Henri II

Enluminure sur parchemin, 27 x 20 cm, école de Reichenau, vers 1610

Bayerische Staatsbibliothek, Munich (Allemagne)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 10, 7-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or, ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »


Méditation

Quel programme ! On pourrait presque avoir l’impression de lire une fiche de tâches pour des VRP d’entreprise ! Les apôtres seraient plutôt des MRA (Missionnaires, représentants, annonceurs) que des Vendeurs, représentants et placiers ! Car ils sont bien une mission : partir. Partir comme lieutenant (tenant lieu) du Christ. Des lieutenants annonçant la Parole, non comme une publicité mais comme une espérance.


Est-il une autre espérance que d’apprendre que le Royaume est à nos portes, que les malades seront guéris de toutes les pandémies, que les lépreux (et Dieu sait que les lèpres actuelles, celles qui rongent et minent, sont nombreuses) seront purifiés, que les morts ressusciteront (et avant la résurrection de la chair, ne sommes-nous pas appelés à ressusciter ceux qui sont morts aux yeux de la société, ceux qui pensent que la vie n’a pas de sens, ceux qui désespèrent…) et que les démons seront expulsés (eux aussi sont pléthore et je me refuse à en dresser une liste exhaustive que tout le monde connaît s’il est un tant soit peu honnête…)


Jésus, en bon chef d’entreprise, connaissant la Doctrine Sociale de son Église, ne les laisse pas partir sans moyens. Car même si l’obligation de résultat appartient à l’Esprit-Saint, l’obligation de moyens est nécessaire aux apôtres. Premier moyen, assez surprenant : dépouillez-vous ! On ne donne qu’aux pauvres, même si on ne prête qu’aux riches.


Par contre, n’hésitez pas à user de la générosité de ceux qui vous accueilleront. Comme le dira l’épître aux Hébreux (He 13, 2) : « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. » Et vous aurez droit à votre pitance. L’Église en a tiré une règle : Ubi Missa, ibi Mensa ! Que nous pourrions traduite par : où est la messe est la table. Ainsi, à chaque fois que vous demandez une intention de messe, vous êtes tenus à nourrir le prêtre pour la journée (d’où l’offrande proposée par le diocèse qui correspond globalement au coût de nourriture d’un prêtre : 18 euros en France). Un prêtre du Diocèse de Paris nous l’explique :


P. Francis de Chaignon – Justement, la prière n’a pas de prix. La messe est gratuite. Quand on demande à un prêtre de célébrer une messe, une neuvaine ou un trentain pour une intention particulière, on ne les achète pas ! Mais on fait une offrande, à l’occasion de la célébration, pour la vie de l’Église, de la paroisse et des prêtres, et pour soutenir leur(s) mission(s). En outre, le barème fixé est seulement indicatif, chacun est libre de donner. L’idée étant simplement, en fixant un montant, d’éviter tout ce qui ressemblerait à du commerce douteux et de favoriser une comptabilité rigoureuse de l’argent reçu. Comme lorsque l’on donne à la quête, l’offrande matérielle est signe d’offrande personnelle et spirituelle. Il s’agit donc de s’unir d’une manière particulière à ce qui se vit dans la messe. Concrètement, c’est aussi un aspect de la vie économique de l’Église et, souvent, les gens sont heureux de donner quand ils s’engagent dans l’acte de culte concerné (messes spécifiques ou autres célébrations), ce qui peut être complémentaire au don, plus global, du denier. Les prêtres et les paroisses prennent grand soin de ces intentions demandées par les fidèles, toutes notées sur un registre tenu et suivi. Cela fait partie du soin pastoral apporté par la paroisse, qui témoigne de la sollicitude de l’Église et de sa mission auprès des hommes.


Alors, comme le chante Enrico Macias :


J'ai de l'amour plein la tête, un cœur d'amitié

Je ne pense qu'à faire la fête et m'amuser

Moi vous pouvez tout me prendre, je suis comme ça

Ne cherchez pas à comprendre, écoutez-moi


Dans toute la ville on m'appelle le mendiant de l'amour

Moi je chante pour ceux qui m'aiment et je serai toujours le même

Il n'y a pas de honte à être un mendiant de l'amour

Moi je chante sous vos fenêtres chaque jour


Donnez, donnez, do-donnez

Donnez, donnez-moi

Donnez, donnez, do-donnez

Dieu vous le rendra


Donnez-moi de la tendresse, surtout pas d'argent

Gardez toutes vos richesses car maintenant

Le bonheur n'est plus à vendre, le soleil est roi

Asseyez-vous à ma table, écoutez-moi


On est tous sur cette Terre des mendiants de l'amour

Qu'on soit pauvre ou milliardaire, on restera toujours les mêmes

Ces hommes extraordinaires, ces mendiants de l'amour

On a besoin de tendresse chaque jour


Donnez, donnez, do-donnez

Donnez, donnez-moi

Donnez, donnez, do-donnez

Dieu vous le rendra


Donnez, donnez, do-donnez

Donnez, donnez-moi

Donnez, donnez, do-donnez

Dieu vous le rendra


Alors laissez-moi vous dire la générosité

C'est une larme, un sourire à partager

Je n'ai pas envie d'apprendre pour qui et pourquoi

Je n'ai pas de comptes à rendre, écoutez-moi


Dans toute la ville on m'appelle le mendiant de l'amour

Moi je chante pour ceux qui m'aiment et je serai toujours le même

Il n'y a pas de honte à être un mendiant de l'amour

Moi je chante sous vos fenêtres chaque jour

Donnez, donnez, do-donnez

Donnez, donnez-moi

Donnez, donnez, do-donnez

Dieu vous le rendra

Donnez, donnez, do-donnez

Donnez, donnez-moi

Donnez, donnez, do-donnez

Dieu vous le rendra

Dieu vous le rendra

Dieu vous le rendra


J'ai de l'amour plein la tête, un cœur d'amitié

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