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Jeudi, 15e semaine du T.O. — année impaire

Je suis



Moïse devant le buisson ardent

Marc Chagall (Liozna, 1887 - Saint-Paul-de-Vence, 1985)

Lithographie, 22 x 16,9 cm

Collection privée


Lecture du livre de l’Exode (Ex 3, 13-20)

En ces jours-là, Moïse avait entendu la voix du Seigneur depuis le buisson. Il répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : “Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.” Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : Je-suis.” » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob.” C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge. Va, rassemble les anciens d’Israël. Tu leur diras : “Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’est apparu. Il m’a dit : Je vous ai visités et ainsi j’ai vu comment on vous traite en Égypte. J’ai dit : Je vous ferai monter de la misère qui vous accable en Égypte vers le pays du Cananéen, du Hittite, de l’Amorite, du Perizzite, du Hivvite et du Jébuséen, le pays ruisselant de lait et de miel.” Ils écouteront ta voix ; alors tu iras, avec les anciens d’Israël, auprès du roi d’Égypte, et vous lui direz : “Le Seigneur, le Dieu des Hébreux, est venu nous trouver. Et maintenant, laisse-nous aller dans le désert, à trois jours de marche, pour y offrir un sacrifice au Seigneur notre Dieu.” Or, je sais, moi, que le roi d’Égypte ne vous laissera pas partir s’il n’y est pas forcé. Aussi j’étendrai la main, je frapperai l’Égypte par toutes sortes de prodiges que j’accomplirai au milieu d’elle. Après cela, il vous permettra de partir. »


Méditation

Chagall, sur cette lithographie, a représenté au-dessus du buisson ardent, le tétragramme, le Nom de Dieu : יהוה. C’est en fait une conjugaison du verbe « être » mais dont il nous est impossible de connaître ni le temps ni la forme, le mot n’étant pas vocalisé. On le traduit la plupart du temps par Yahwé, mais sans avoir le droit de le prononcer. Les Juifs s’imposent une interdiction de prononcer le Tétragramme, fondée sur le Troisième Commandement : « Tu n’invoqueras pas le nom de YHWH ton Dieu en vain » (Ex 20:7). Le grand-rabbin Lazare Wogue, traducteur de la Torah, précise : « Quant au saint Tétragramme, on sait que le judaïsme, de temps immémorial et dans toutes ses sectes sans exception, s’est abstenu de le prononcer selon sa forme véritable : les rabbanites ou pharisiens disaient Adônaï, les Samaritains Schimâ ».


De fait, ce Nom fait partie de la théologie apophatique, c’est-à-dire d’une théologie qui approche de la connaissance de Dieu en partant de ce qu'il n'est pas plutôt que de ce qu'il est. Car connaître le Nom de Dieu, ce serait avoir « barre » sur lui. Quand nous connaissons le nom de quelqu’un nous avons un pouvoir sur lui. Imaginez un maître d’école devant une classe dissipée. N’a-t-il pas plus de poids s’il dit « Olivier, sois sage » que s’il disait « Toi, assis au troisième rang, sois sage » ? Dans le deuxième cas, l’enfant fera celui qui n’est pas concerné, alors qu’Olivier, dans le premier cas sait bien que c’est à son encontre que parle le maître. De fait, l’instituteur qui connaît le nom de ses élèves a barre sur eux.


C’est la même chose pour Dieu. Alors, on ne prononce pas son Nom en vain. À ce sujet, évitons les jurons, et même ces vieux jurons, certes surannés, mais bien blasphémateurs. « Vain Dieu » ne veut pas dire 20 fois Dieu, mais Dieu est vain ! Et même morbleu voulait dire : mort de Dieu (Bleu était associé à Dieu).


Pourtant, nous chrétiens, nous connaissons le Nom de Dieu : un Dieu qui s’appelle ABBA (Père), un Fils qui s’appelle JÉSUS, un Esprit qui s’appelle PARACLET (défenseur) et surtout un Dieu Trinité dont le vrai nom est AMOUR !

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