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Jeudi, 16ème semaine du T. O. — Année Paire

Ils se sont creusé des citernes



Bahr el Khabeer (Citerne sous le Temple de Salomon)

William Simpson (Glasgow, 1823 - Willesden, 1899)

Aquarelle et crayon sur papier, 38 x 57 cm, 1870

Palestine Exploration Fund, London (Royaume-Uni)


Lecture du livre du prophète Jérémie (Jr 2, 1-3.7-8.12-13)

La parole du Seigneur me fut adressée : Va proclamer aux oreilles de Jérusalem : « Ainsi parle le Seigneur : Je me souviens de la tendresse de tes jeunes années, ton amour de jeune mariée, lorsque tu me suivais au désert, dans une terre inculte. Israël était consacré au Seigneur, première gerbe de sa récolte ; celui qui en mangeait était coupable : il lui arrivait malheur, – oracle du Seigneur. Je vous ai fait entrer dans une terre plantureuse pour vous nourrir de tous ses fruits. Mais à peine entrés, vous avez profané ma terre, changé mon héritage en abomination. Les prêtres n’ont pas dit : “Où est-il, le Seigneur ?” Les dépositaires de la Loi ne m’ont pas connu, les pasteurs se sont révoltés contre moi ; les prophètes ont prophétisé au nom du dieu Baal, ils ont suivi des dieux qui ne servent à rien. Cieux, soyez-en consternés, horrifiés, épouvantés ! – oracle du Seigneur. Oui, mon peuple a commis un double méfait : ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau ! »


Méditation

Bien sûr, notre Dieu et un Dieu d’amour. Mais c’est aussi un Dieu jaloux, un Dieu qui tient à nous. À tel point qu’il ne renonce pas à nous châtier, à nous semoncer pour nous corriger, nous reprendre en main. Il sait ce qu’il y a au fond de nos cœurs (Jn 2, 25). Il y’a d’abord le péché premier de l’homme : l’orgueil, ce péché qui nous fait croire que nous pouvons - pour ne pas dire ‘devrions’ - vivre seul, et que les autres ne sont que des obstacles à notre épanouissement, à notre divinisation personnelle ! Mais il y a aussi deux faiblesses (qui sont souvent des résultantes de l’orgueil) : notre faiblesse et notre entêtement. Ce que le prophète appelle des « méfaits », c’est à dire des attitudes mal faites, ou faites pour le mal.


Notre faiblesse se caractérise par notre découragement, notre manque de loyauté qui se transforme souvent en pusillanimité. Alors, nous abandonnons. Et le plus grave est que, souvent inconsciemment ou alors en nous justifiant, nous abandonnons « la source d’eau vive », cette source qui nous donne la vie. Et pas n’importe quelle vie : la Vierge éternelle. Toujours ce refus de l’effort, du devoir, sous couvert de droits

Alors, conscients de notre erreur, nous nous entêtons car il nous est si difficile de reconnaître devant les autres, devant Dieu et surtout devant nous-mêmes que nous nous sommes trompés ! J’ai abandonné la source d’eau vive. Tant pis, ce n’est pas grave. Je vais moi-même me faire une citerne qui me donnera la vie (il suffit de penser ici aux débats actuels sur le sens de la vie...). Je vais me faire moi-même la source d’eau vive, le donneur de vie. Et l’on en revient à l’orgueil. Cet orgueil aveuglant qui nous empêche de voir et de comprendre que nous ne sommes pas Dieu, que nous n’en avons pas les pouvoirs, et que tout ce que nous pourrions creuser sera fissuré. Ah, si au moins nous pouvions l’accepter et comprendre que de cette citerne fêlée, Dieu peut faire naître la grâce salvatrice, que c’est par cette fissure qu’il entrer en nous, pénétrer nos âmes pour y diffuser sa grâce, il brûlerait d’un éclair notre orgueil et ferait sourdre en nous cette source d’eau vive...

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