Jeudi, 17ème semaine du T.O. — Année Paire

Dans la main du potier



Potier au travail

John Lavery (Belfast, 1856 - Kilmoganny, 1941)

Huile sur toile, 38,1 x 45,7 cm, 1888

Kelvingrove Art Gallery and Museum, Glasgow (Royaume Uni)


Lecture du livre du prophète Jérémie (Jr 18, 1-6)

Parole du Seigneur adressée à Jérémie : « Lève-toi, descends à la maison du potier ; là, je te ferai entendre mes paroles. » Je descendis donc à la maison du potier. Il était en train de travailler sur son tour. Le vase qu’il façonnait de sa main avec l’argile fut manqué. Alors il recommença, et il fit un autre vase, selon ce qu’il est bon de faire, aux yeux d’un potier. Alors la parole du Seigneur me fut adressée : « Maison d’Israël, est-ce que je ne pourrais pas vous traiter comme fait ce potier ? – oracle du Seigneur. Oui, comme l’argile est dans la main du potier, ainsi êtes-vous dans ma main, maison d’Israël ! »


Méditation

De nouveau, il est question de main. Pas d’une main de bronze, mais une main de potier, une main qui façonne. Pour le potier, deux problèmes se posent, comme pour le sculpteur : sa capacité à réaliser son œuvre, sa technicité et son sens artistique, en premier. Et en second, la qualité de la matière dont il dispose. Même Michel-Ange avec un mauvais marbre ne pouvait faire des prouesses. Eh bien, voilà le problème de Dieu : faire des prouesses, de la sainteté avec l’humus, le terreau, les « Adam » que nous sommes ! Car, à la différence de l’argile, nous ne sommes pas si malléables que ça...


Pourtant, cela me rappelle une citation que j’avais inscrite sur mon faire-part d’ordination : « Ce qui est beau chez l’homme qui devient prêtre, ce n’est pas le bois dont il est fait, mais la trace du sculpteur ». Surtout quand ce bois est le plus dur, noueux et tortueux qui soit : l’olivier !


Dieu nous culotte, nous façonne par sa Parole, par les autres, par les frottements et évènements de la vie. Ne résistons pas ! Laissons-nous tourner et retourner (ce qui est le sens de la conversion), même si nous avons parfois le vertige. Laissons-nous briser pour être de nouveau façonnés. Laissons les coups de serpe nous entailler. La seule chose à se dire, dont il faut être convaincu, c’est que Dieu veut réaliser une œuvre merveilleuse, les « être étonnants que nous sommes » comme dit David... « Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis : étonnantes sont tes oeuvres toute mon âme le sait. » (Ps 138, 14).


Oui, toute notre vie est dans sa main, comme l’argile dans la main du potier. Les deux seules choses qu’il nous demande est de croire que tout ce qu’il est fait est pour notre bien. Et donc, de ne pas être trop rétif pour qu’il puisse nous sculpter et nous façonner en toute confiance. Notre drame est que nous n’avons pas le projet sous les yeux: que veut-il faire de moi ? Pourquoi me fait-il passer par ce chemin ? C’est donc là que la foi, la confiance et la fidélité en Dieu interviennent !