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Jeudi, 21ème semaine du T.O. — Année Paire

Veillez...


La sentinelle

Fabritius, Carel (Middenbeemster, 1622 - Delft , 1654)

Huile sur toile, 68 x 58 cm, 1654

Staatliches Museum, Schwerin (Allemagne)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 24, 42-51)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Veillez, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Amen, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde”, et s’il se met à frapper ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des hypocrites ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »


Méditation

La pauvre sentinelle semble s’être assoupie... alors que son chien continue sagement à veiller. Il devrait être pourtant là à surveiller que personne n’entre dans la maison, même si Saint-Antoine et son cochon veille sur le fronton. Mais le sommeil a été le plus fort. Et le voleur risque de profiter de cette inattention pour s’emparer des biens du propriétaire. Seul le chien pourrait donner l’alerte. Cet animal a toujours été considéré comme l’emblème de la fidélité. Il sera fidèle à son maître en donnant l’alerte si le voleur se risque dans la venelle. Si le propriétaire revient, le chien lui fera la fête, alors que la sentinelle, encore dans les affres du sommeil, devra se confondre en excuses et en justifications. Ainsi en sera-t-il dans notre vie spirituelle nous dit Jésus. Nul ne sait le jour de la venue glorieuse du Fils de l’Homme, même lui n’en connaît la date. Seul le Père. Et si nous ne sommes pas vigilants, nous risquons nous aussi d’être pris au dépourvu, telles les vierges folles qui n’avaient fait provision d’huile. Notre grand ennemi est l’assoupissement, plus que le sommeil qui a sombré sur les disciples au jardin des oliviers ; Jésus leur reproche mais ne les condamne pas. L’assoupissement est état intermédiaire où nous ne sommes pas totalement endormis mais dans un état second, encore lucides, mais sans réflexes. Un état qui ferait que nous avons l’impression d’avoir fait le strict nécessaire pour notre vie spirituelle, cocher toutes les cases, et que nous aurions donc droit maintenant ou de nous endormir totalement ou de faire ripailles. Il faut nous maintenir en veille spirituelle, garder les yeux ouverts. Car le Maître va venir, peut-être aussi le Malin : « Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. » (1 P 5-8)

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