top of page

Jeudi, 25e semaine du T.O. — année impaire

Rendez votre coeur attentif à vos chemins



Le riche scélérat et le pauvre Lazare

Gustave Moreau (Paris, 12826 - Paris, 1898)

Aquarelle, 114 x 50 cm, 1878

Musée Gustave Moreau, Paris (France)


Lecture du livre du prophète Aggée (Ag 1, 1-8)

La deuxième année du règne de Darius, le premier jour du sixième mois, la parole du Seigneur fut adressée, par l’intermédiaire d’Aggée, le prophète, à Zorobabel fils de Salathiel, gouverneur de Juda, et à Josué fils de Josédeq, le grand prêtre : Ainsi parle le Seigneur de l’univers. Ces gens-là disent : « Le temps n’est pas encore venu de rebâtir la maison du Seigneur ! » Or, voilà ce que dit le Seigneur par l’intermédiaire d’Aggée, le prophète : Et pour vous, est-ce bien le temps d’être installés dans vos maisons luxueuses, alors que ma Maison est en ruine ? Et maintenant, ainsi parle le Seigneur de l’univers : Rendez votre cœur attentif à vos chemins : Vous avez semé beaucoup, mais récolté peu ; vous mangez, mais sans être rassasiés ; vous buvez, mais sans être désaltérés ; vous vous habillez, mais sans vous réchauffer ; et le salarié met son salaire dans une bourse trouée. Ainsi parle le Seigneur de l’univers : Rendez votre cœur attentif à vos chemins : Allez dans la montagne, rapportez du bois pour rebâtir la maison de Dieu. Je prendrai plaisir à y demeurer, et j’y serai glorifié – déclare le Seigneur.


Méditation

L’homme riche : Mais qui est ce mendiant à notre porte ? Ne peut-il nous laisser tranquillement profiter de notre bien ? Nous l’avons acquis honnêtement ! Je suis sûr qu’il n’a pas travaillé de sa vie.


Aggée : Malheureux, dit le Seigneur, vous les riches qui ne savez pas partager. Regardez votre chemin et voyez si vous avec été attentifs à ceux qui étaient sur le bord…


Le pauvre : Moi, je serai prêt à rebâtir la Maison du Seigneur. Je n’ai rien, mais pour mon Dieu, je suis prêt à donner ma force et mon temps.


Aggée : Merci, te dit le Seigneur. Merci de partir seul dans les hauteurs pour aller chercher le bois qui reconstruira ma Maison.


L’homme riche : Mais que nous veut ce prophète de malheur ? Oui, nous allons la reconstruire cette Maison de Dieu. Mais pour le moment, laisse-nous un peu le temps… Il n’y a pas tant d’urgence que cela, quand même ! Et puis, qui va payer ? Encore nous, je suppose ! Toujours les mêmes qui doivent mettre la main au porte-monnaie.


Aggée : Vous avez semé beaucoup, mais récolté peu ; vous mangez, mais sans être rassasiés ; vous buvez, mais sans être désaltérés ; vous vous habillez, mais sans vous réchauffer ; et le salarié met son salaire dans une bourse trouée.


L’homme riche : Oui, nous avons semé. Est-ce de notre faute si nous récoltons peu ? Oui nous mangeons et buvons. À satiété, c’est parfois vrai. Mais, il y a-t-il du mal à se faire du bien ?


Le pauvre : Ah, si au moins je pouvais récupérer les restes de leur table pour me restaurer un minimum…


L’homme riche : Laisserais-tu entendre que nous abusons ? Penses-tu que nous soyons des éternels insatisfaits ? Ce n’est pas que nous ne savons pas nous contenter. Nous sommes simplement prudents et faisons des réserves en cas de disette, ce n’est que ça.


Aggée : Comment pouvez-vous faire des réserves pour préserver votre avenir, alors que tant d’hommes et de femmes n’ont rien à manger, que tant d’hommes et de femmes n’ont pas d’avenir ? Comment pouvez-vous les oublier ? Et comment pouvez-vous oublier le Seigneur, sa miséricorde et sa justice, alors que vous voulez passer pour des gens pieux ? Et sa Maison, qu’en avez-vous faite ? Vous logez dans le luxe et vous n’êtes même pas capables de donner une demeure décente à votre Dieu. Vous ne pensez qu’avec votre ventre ou votre règle à calcul. Vous avez enfermé votre coeur dans une gangue de justification égoïste. Et ce coeur étouffe… Comme étouffent tous ceux que vous laissez sur le bord du chemin.


Le pauvre : Seigneur, aie pitié de moi. Mon coeur est à toi, nourris-le de ton amour à défaut de pouvoir nourrir mon corps.


Aggée : Portez un regard honnête sur votre parcours. Ayez un peu de coeur. Et que ce soit votre coeur, votre vrai coeur, celui où Dieu a fait sa demeure qui porte un regard attentif et de justice sur le chemin que vous avez parcouru. Tout ce que vous avez accumulé, et qui ne vous satisfait pas pleinement, tout cela vous sera retiré un jour. Et vous n’aurez rien à présenter au Seigneur. Alors que tout pauvre que vous nourrissez, toute pierre que vous donnerez pour la Maison du Seigneur édifient la porte d’entrée du Royaume de Dieu. Portez un regard attentif… Car c’est en cette demeure terrestre que vous rencontrez le visage de Dieu avant d’en être éclairé à votre entrée au Royaume. Mais, pour cela, rendez votre coeur attentif à votre chemin.


L’homme riche : Tu as raison, cher prophète. Avec toi, je voudrais chanter :


Ouvre mes yeux, Seigneur

Aux merveilles de ton amour

Je suis l'aveugle sur le chemin

Guéris-moi, je veux te voir


Ouvre mes mains, Seigneur

Qui se ferment pour tout garder

Le pauvre a faim devant ma maison

Apprends-moi à partager


Fais que je marche, Seigneur

Aussi dur que soit le chemin

Je veux te suivre jusqu'à la croix

Viens me prendre par la main


Fais que j'entende, Seigneur

Tous mes frères qui crient vers moi

À leurs souffrances et à leurs appels

Que mon cœur ne soit pas sourd


Garde ma foi, Seigneur

Tant de voix proclament ta mort

Quand vient le soir et le poids du jour

Ô seigneur reste avec moi

bottom of page