Jeudi, 27e semaine du T.O. — Année Paire

Une maison encombrée



La maison des paraboles

Maison traditionnelle palestinienne de plus de 300 ans

Taybeh (Palestine)


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 11, 5-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.” Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.” Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »


Méditation

Cette maison traditionnelle fut découverte voici 50 ans, conservée intégralement dans cet état. Elle est très proche de ce que Jésus a dû connaître : une seule pièce bâtie au-dessus de la bergerie, avec des citernes dans le mur, un four et un boisseau. Le boisseau est cette partie en bois sur laquelle on déposait le matin les paillasses et oreillers. Au-dessus, on y mettait la lampe… Le soir, chacun prenait sa paillasse et la mettait au sol pour la nuit. On comprend mieux que dans une maison si étroite, lorsque chacun s’était étendu au sol, la circulation devenait difficile !


Et voilà qu’en pleine nuit un importun vient vous déranger. Pour le satisfaire, il faudrait enjamber toutes les autres paillasses où dorment les membres de la famille, au risque de les écraser. Il est plus simple de crier que l’on est tous couchés et que rejoindre la porte est quasiment impossible. Mais voilà que cet homme insiste.


Amusez-vous à chercher le nombre de fois où des gens insistent dans l’évangile (sans parler du Premier Testament), vous serez surpris. Ainsi, n’ayons pas de scrupules d’insister auprès de Dieu dans notre prière. Celui qui insiste creuse en lui le désir et montre sa détermination. Celui qui est interpellé prend conscience que la demande n’est pas une simple lubie mais un véritable besoin. Les enfants ne font-ils pas la même chose avec leurs parents ? Qui plus est, insister réveille la charité au fond du coeur de l’homme sommé de répondre ses émotions. D’une parole adressée à sa raison, elle devient une supplique qui éveille son coeur et sa charité. N’est-ce pas ce qui se passera pour ce visiteur qui réclame du pain ?


Et Jésus vient conclure pour nous, telle une évidence pour notre vie spirituelle : insistez auprès de mon Père, de votre Père. Il vous écoutera, mais il attend que vous creusiez en vous le désir, que vous lui montriez que vous avez besoin de lui et que vous ne le prenez pas pour un simple distributeur de grâces. Frappez, mais frappez à la bonne porte : celle de l’âme. Cherchez, mais cherchez au bon endroit, dans la Parole de Dieu. Demandez, mais demandez ce qui est vraiment vital, c’est-à-dire ce qui réveillera en vous la vie divine.