Jeudi, 31e semaine du T.O. — Année Paire

Réjouissez-vous !



Parabole de la drachme perdue

Domenico Feti (Rome, 1589 - Rome, 1623)

Huile sur toile, 55 x 44 cm, 1618-1622

Gemäldegalerie Alte Meister, Dresde (Allemagne)


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 15, 1-10)

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion. Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »


Méditation

Ces deux paraboles précèdent la longue histoire de l’enfant prodigue, elles en sont le vestibule. Mais arrêtons-nous quelques instants sur la deuxième histoire, celle de la femme à la drachme perdue. Elle regarde un jour son trésor, les grâces reçues de Dieu. Elle en a perdu une, misère ! Alors, elle allume une lampe, la lumière de l’Esprit, cet Esprit-Saint qui va lui permettre de discerner. Et elle balaie, avec le balai de la miséricorde, de la pénitence et du pardon. Seule la lumière de l’Esprit de miséricorde peut nous permettre de balayer notre péché et retrouver le trésor de grâces que nous aurions pu perdre.


Enfin, elle la retrouve ! Nous pourrions nous dire qu’elle va la remettre précieusement dans sa cassette, tel Harpagon, et veiller à ne plus la perdre. Non ! Elle invite ses voisines. Et je suppose, du moins j’ose croire, qu’elles vont faire la fête ! Une fête qui coûtera peut-être plus qu’une pièce d’argent… Mais qu’importe. Qu’importe car les grâces ne sont pas faites pour être enfermées mais dilapidées, comme le fit l’enfant prodigue quelques versets plus loin. Qu’importe car la joie d’être sera toujours plus importante que l’assurance de posséder. Qu’importe parce que ce trésor ne fructifie que s’il est distribué à tous. Nous le savons (Actes 20, 35) : « En toutes choses, je vous ai montré qu’en se donnant ainsi de la peine, il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »