Jeudi, 3e semaine du T.O. — année paire

Je te bâtirai une maison -



David en prière avec le prophète Nathan,

Anonyme,

Enluminure sur vélin, 22 x 17 cm, XVe siècle, école française,

Collection privée


Lecture du deuxième livre de Samuel (2 S 7, 18-19.24-29)

Lorsque le prophète Nathan eut transmis à David les promesses de Dieu, le roi David vint s’asseoir en présence du Seigneur. Il dit : « Qui suis-je donc, Seigneur, et qu’est-ce que ma maison, pour que tu m’aies conduit jusqu’ici ? Mais cela ne te paraît pas encore suffisant, Seigneur, et tu adresses une parole à la maison de ton serviteur pour un avenir lointain. Est-ce là, Seigneur Dieu, la destinée de l’homme ? Pour toi, tu as établi à jamais ton peuple Israël, et toi, Seigneur, tu es devenu son Dieu. Maintenant donc, Seigneur Dieu, la parole que tu as dite au sujet de ton serviteur et de sa maison, tiens-la pour toujours, et agis selon ce que tu as dit. Que ton nom soit exalté pour toujours ! Que l’on dise : “Le Seigneur de l’univers est le Dieu d’Israël”, et la maison de ton serviteur David sera stable en ta présence. Oui, c’est toi, Seigneur de l’univers, Dieu d’Israël, qui as fait cette révélation à ton serviteur : “Je te bâtirai une maison.” C’est pourquoi ton serviteur ose t’adresser cette prière : Seigneur, c’est toi qui es Dieu, tes paroles sont vérité, et tu as fait cette magnifique promesse à ton serviteur. Daigne bénir la maison de ton serviteur, afin qu’elle soit pour toujours en ta présence. Car toi, Seigneur Dieu, tu as parlé, et par ta bénédiction la maison de ton serviteur sera bénie pour toujours. »


La sainte du jour : Sainte Angèle Merici, fondatrice de la Compagnie de Sainte Ursule de Brescia ( 1540)

Sainte Angèle Mérici naît en Italie du Nord, à Desenzano, entre 1474 et 1478. La première partie de sa vie, heureuse, est de courte durée. En quelques mois, l'adolescente perd ses parents et l'une de ses sœurs. Après ces deuils, vers l'âge de 16 ans, son oncle et sa tante, les Biancosi, la prennent chez eux. Angèle a déjà entendu l'appel de Dieu, et elle préfère passer son temps avec le Christ, dans la prière et une vie simple, plutôt que de s'adonner aux plaisirs mondains.


À 18 ans, afin de pouvoir se consacrer au Seigneur librement et d'être admise régulièrement à la table eucharistique (fait rare à cette époque), elle demande à entrer dans le Tiers-Ordre de Saint-François d'Assise, et devient Sœur Angèle. Elle travaille, prie, participe à la Messe et communie le plus souvent possible. Elle jeûne et mène désormais la vie simple et au service des autres qu'elle désirait.

Elle se sent alors pressée intérieurement d'accomplir sa mission: fonder une 'Compagnie' de femmes qui veulent se consacrer au Seigneur. Elles vivront leur consécration sans se retirer de leur lieu de vie. Là où elles seront, elles vivront leur vie de prière et seront attentives aux besoins des autres.

Angèle qui aime beaucoup Sainte Ursule, une martyre du IVe siècle particulièrement populaire à cette époque, la donne comme patronne à sa fondation.


La transformation de la Compagnie en Ordre religieux, après le Concile de Trente (1545-1563), a obligé les filles d'Angèle à entrer dans des cloîtres. Apostoliques, elles ont continué d'être apôtres en devenant éducatrices. Héritières de la «pédagogie» d'Angèle, qui excellait dans l'art d'accueillir et de conduire chacun, les Ursulines ont su alors devenir des formatrices à travers les siècles, et spécialement au service de la jeunesse, selon la mission que l'Église leur a confiée. Angèle meurt le 27 janvier 1540. Elle est canonisée le 27 mai 1807, par Pie VII.


Méditation

Nathan vient de révéler à David les promesses du Seigneur. Et, immédiatement, le roi entre en prière et adresse à Dieu son action de grâce. Je ne sais pas si le texte mérite beaucoup de commentaires ! Il suffit peut-être de relire le texte en le faisant sien… Et de se laisser guider, avec ses mots, pour notre propre prière :

  • Qui sommes-nous aux yeux du Seigneur ? Avons-nous conscience que nous avons du prix à ses yeux, que notre nom est inscrit dans la paume de la main de Dieu et qu’il tient à nous ? Pour cette merveille, savoir que Dieu ne nous oublie, ni ne nous abandonne, nous rendons grâce à Dieu.

  • Dieu ne mesure pas les dons qu’il nous fait. Il offre plus que nous n’osons espérer, nous comble plus que nous n’imaginerions. Rien ne lui paraît suffisant pour ses enfants. Déjà, c’est le cas pour un père terrestre. Qu’en sera-t-il pour le Père des Cieux. Pour tout ce que tu nous as donné, jusqu’à ton Fils ; pour tout ce que tu nous offres jusqu’à ton Esprit-Saint ; pour tout ce que tu promets jusqu’à la vie éternelle, Dieu, nous te rendons grâce.

  • Pour le Nom qui nous a été révélé : celui du Père, Abba, celui du Fils, Jésus, et celui de leur commun Esprit, nous te rendons grâce. Et encore plus parce que le nom que tu nous a donné nous établit comme être personnel et aimé au milieu de nos frères.

  • Tu es le Dieu du silence, mais d’un silence où peut résonner ta Parole. Pour la Parole que tu nous as laissé, et que nous n’écoutons ni ne lisons suffisamment, Seigneur prends pitié et donne-nous la force de nous plonger dans les Écritures. Parce que, par la force de ton Esprit, nous découvrirons que la force de ton amour adresse cette parole, personnellement, à chacun d’entre-nous, nous te rendons grâce.

  • À nous aussi tu demandes de bâtir une maison, mais une maison intérieure. Aide-nous à prier et comprendre les paroles que tu insufflas à ton serviteur Augustin : « Tard je T'ai aimée, Beauté ancienne et si nouvelle ; tard je T'ai aimée. Tu étais au-dedans de moi et moi j'étais dehors, et c'est là que je T'ai cherché. Ma laideur occultait tout ce que Tu as fait de beau. Tu étais avec moi et je n'étais pas avec Toi. Ce qui me tenait loin de Toi, ce sont les créatures, qui n'existent qu'en Toi. Tu m'as appelé, Tu as crié, et Tu as vaincu ma surdité. Tu as montré ta Lumière et ta Clarté a chassé ma cécité. Tu as répandu ton Parfum, je T'ai humé, et je soupire après Toi. Je T'ai goûté, j'ai faim et soif de Toi. Tu m'as touché, et je brûle du désir de ta Paix. Amen ! » Car, comme il le découvrît : « Tu autem eras interior intimo meo et superior summo meo (mais, toi, tu étais plus intime que l'intime de moi-même et plus élevé que les cimes de moi-même) ». Pour cette intimité, nous te rendons grâce.

C’est pourquoi ton serviteur ose t’adresser cette prière : Seigneur, c’est toi qui es Dieu, tes paroles sont vérité, et tu as fait cette magnifique promesse à ton serviteur. Daigne bénir la maison de ton serviteur, afin qu’elle soit pour toujours en ta présence. Car toi, Seigneur Dieu, tu as parlé, et par ta bénédiction la maison de ton serviteur sera bénie pour toujours.