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Jeudi, 4e semaine de Carême

Moïse apaisa le visage du Seigneur -



Le Père éternel apparaît à Moïse,

Jacopo Robusti, dit Tintoretto (Venise, 1518 - Venise, 1594),

Huile sur toile, 370 x 265 cm, 1577-1578,

Scuola Grande di San Rocco, Venise (Italie)


Lecture du livre de l’Exode (Ex 32, 7-14)

En ces jours-là, le Seigneur parla à Moïse : « Va, descends, car ton peuple s’est corrompu, lui que tu as fait monter du pays d’Égypte. Ils n’auront pas mis longtemps à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre ! Ils se sont fait un veau en métal fondu et se sont prosternés devant lui. Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : “Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.” » Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les exterminer ! Mais, de toi, je ferai u

ne grande nation. » Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par ta grande force et ta main puissante ? Pourquoi donner aux Égyptiens l’occasion de dire : “C’est par méchanceté qu’il les a fait sortir ; il voulait les tuer dans les montagnes et les exterminer à la surface de la terre” ? Reviens de l’ardeur de ta colère, renonce au mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même : “Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel ; je donnerai, comme je l’ai dit, tout ce pays à vos descendants, et il sera pour toujours leur héritage.” » Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.


Méditation

Notre Dieu est un Dieu de bonté, d’amour et de miséricorde, le texte de ce jour nous le montre. Mais ce n’est pas parce qu’il est l’amour qu’il ne puisse pas se mettre en colère ! Jésus lui-même se mettra en colère face aux marchands du temple. En français (même si le mot est suranné, voire vieilli), on parle de l’ire. L’ire est une sorte de sainte colère, ou du moins de colère justifiée, et d’une colère qui a pour objectif de redresser ce qui est tordu, de faire éclater la vérité. Cela demande de la force, et c’est parfois dans la colère que se niche cette force ! Auparavant, on disait aussi que l’homme devait avoir la crainte de Dieu. On préfère ne plus en parler pour ne pas effrayer le chrétien. Pourtant, nous devrions craindre Dieu ! Craindre de le mettre en colère, craindre de lui manquer de respect, craindre de ne pas faire sa volonté. Un chant scout disait : « Nous n'avons qu'une peur au monde c'est d'offenser Notre Seigneur. » Les Pères de l’Église disaient que seuls les larmes du repentir effaçaient l’ire du Seigneur. Et en face, il y a notre avocat : Moïse. Lui, il rappelle à Dieu qu’il nous a faits bien faibles, bien couards et que ça demande un peu d’indulgence... C’est là que la miséricorde de Dieu agit, devant notre faiblesse. Le tout est de le reconnaître.

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