Jeudi, 4e semaine du T.O. (Année impaire)

Vous êtes venus vers Jésus



Le Christ du Jugement Dernier

Attribué à Coppo di Marcovaldo (Florence, 1225 - Sienne, 1276)

Détail de la coupole, Mosaïque, XIIIe siècle

Baptistère Saint-Jean, Florence (Italie)


Lecture de la lettre aux Hébreux (He 12, 18-19.21-24)

Frères, quand vous êtes venus vers Dieu, vous n’êtes pas venus vers une réalité palpable, embrasée par le feu, comme la montagne du Sinaï : pas d’obscurité, de ténèbres ni d’ouragan, pas de son de trompettes ni de paroles prononcées par cette voix que les fils d’Israël demandèrent à ne plus entendre. Le spectacle était si effrayant que Moïse dit : Je suis effrayé et tremblant. Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des myriades d’anges en fête et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection. Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle, et vers le sang de l’aspersion, son sang qui parle plus fort que celui d’Abel.


Méditation

Ce détail de la coupole du baptistère Saint-Jean de Florence nous montre le Christ juge suprême. Comme le dit l’épître aux Hébreux, nous allons vers Lui. Et il n’est plus question de pleurs, de cris, de peurs. Non, il a les bras ouverts, nous montrant ses saintes plaies et nous accueillant. Si nous avons peur, peur de lui, de son regard, de sa Parole, alors nous sommes tétanisés et nous ne pouvons plus bouger. Alors, comment aller vers Lui ? Car, comme l’a précisé le texte, il n'y a plus rien d’effrayant, plus rien qui ne puisse nous faire trembler. Seul l’amour doit nous faire trembler. Trembler de la crainte de ne pas avoir assez aimé Dieu, les autres et… soi-même. Trembler de la crainte de ne pas nous être laissé suffisamment aimé par Dieu.


Mais ce n’est pas parce que nous tremblons que nous ne devrions pas être rassurés. En effet, Jésus n’est-il pas le médiateur de cette Alliance nouvelle, inaugurée sur la Croix et qui se renouvelle, s’actualise en chaque eucharistie ? Ainsi, à chaque fois que nous communions au Corps du Christ, nous devenons plus proches de Lui, il vient en nous être le médiateur de la grâce. Il nous amène doucement à la perfection. Tremblons de ne pas oser y croire, mais ne tremblons pas des grâces reçues. Car nos noms sont inscrits dans les cieux.


La communion donnée aux mourants s’appelle le viatique, c’est-à-dire la nourriture pour emprunter l’ultime chemin. Dieu attend que nous prenions le chemin, que chaque jour nous nous mettions en route. La nourriture nous sera donnée : l’eucharistie. Et cela doit nous rendre heureux, d’autant plus qu’André Chouraki traduit le « heureux » des béatitudes (Mt 5) par les mots : « En marche ! » (Aucune allusion politique…)