Jeudi après l’Épiphanie

L’Esprit de Dieu repose sur moi -



Jésus ouvre le rouleau d’Isaïe dans la synagogue de Nazareth,

James Tissot (Nantes, 1836 - Chenecey-Buillon, 1902),

Illustration pour « La vie du Christ », Aquarelle et gouache sur papier, 27,1 x 19,2 cm, 1886-1894,

Brooklyn Museum of Art, Brooklyn New-York (U.S.A.).


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 4, 14-22a)

En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.


Méditation

Il est toujours bon d’aller vérifier dans le Premier Testament la justesse des citations faites dans l’évangile. Ainsi, lisons-nous en Isaïe 61, 1-2 : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler tous ceux qui sont en deuil. » Tiens... Jésus omet la dernière partie du verset : un jour de vengeance pour notre Dieu ! De même, les humbles deviennent les pauvres, les prisonniers deviennent les opprimés, et les cœurs brisés les aveugles. Jésus interprète donc le prophète. Car il vient nous expliquer qu’un cœur brisé peut nous rendre aveugle sur les grâces qui nous sont faites, que la vraie pauvreté à chercher est celle de l’humilité, et que l’oppression que nous pourrions subir nous rend prisonniers de nos bourreaux, mais aussi parfois de nous-même (pensez au syndrome de Stockholm). Mais surtout, il ne parle plus d’un jour de vengeance. À cela, plusieurs raisons possibles. D’abord, le peuple doit dépasser cette idée d’un Dieu de la négation (Le « tu ne... » des dix commandements) pour découvrir le Dieu d’amour, le Dieu « positif ». Mais peut-être aussi parce que lui-même, Jésus, laissera croire au Diable qu’il a eu son jour de vengeance sur la Croix... Laissera croire, car ce jour de vengeance deviendra le jour de la victoire inéluctable sur la mort. Alors, n’attendons pas, car c’est aujourd’hui, comme le dit la fin du texte, que cette parole se réalise en chacun d’entre-nous.