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Jeudi de la 2e semaine de l’Avent

Je ne les abandonnerai pas -



L’arbre du Paradis,

Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis (Arsy, 1864 - Villers-sous-Erquery, 1942),

Ripolin sur toile, 195 x 130 cm, 1928-1930,

Musée d’art et d’archéologie, Senlis (France)


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 41, 13-20)

C’est moi, le Seigneur ton Dieu, qui saisis ta main droite, et qui te dis : « Ne crains pas, moi, je viens à ton aide. » Ne crains pas, Jacob, pauvre vermisseau, Israël, pauvre mortel. Je viens à ton aide – oracle du Seigneur ; ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël. J’ai fait de toi un traîneau à battre le grain, tout neuf, à double rang de pointes : tu vas briser les montagnes, les broyer ; tu réduiras les collines en menue paille ; tu les vanneras, un souffle les emportera, un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu mettras ta joie dans le Seigneur ; dans le Saint d’Israël, tu trouveras ta louange. Les pauvres et les malheureux cherchent de l’eau, et il n’y en a pas ; leur langue est desséchée par la soif. Moi, le Seigneur, je les exaucerai, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. Sur les hauteurs dénudées je ferai jaillir des fleuves, et des sources au creux des vallées. Je changerai le désert en lac, et la terre aride en fontaines. Je planterai dans le désert le cèdre et l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai ensemble dans les terres incultes le cyprès, l’orme et le mélèze, afin que tous regardent et reconnaissent, afin qu’ils considèrent et comprennent que la main du Seigneur a fait cela, que le Saint d’Israël en est le créateur.


Méditation

Beaucoup de peintres se sont essayés à représenter le Paradis. Pour cela, ils s’appuyaient sur la description que la Genèse en donnait. Mais peu ont imaginé ce que pourrait être le Royaume des Cieux, tel qu’Isaïe nous le décrit aujourd’hui. Et c’est d’une forêt dont nous parle le prophète : cèdre, acacia, myrte, olivier, orme, mélèze. Et au milieu coulera un fleuve.


Lisant ce texte, je ne pus m’empêcher de penser aux tableaux de cette pauvre servante : Séraphine Louis, qu’un critique d’art allemand, Wilhelm Uhde (1874-1947), a révélé au monde avant la guerre. Séraphine était très pieuse et se rendait chaque matin à la messe avant d’aller faire ses tâches ménagères si peu payées. Est-ce durant les lectures ou la prédication que les images — qu’elle a ensuite peintes au Ripolin — ont jaillies ? Est-ce dans la contemplation des œuvres d’art exposées dans les églises de Senlis ? Je ne sais, mais en tout cas, elle nous donne ici une belle et profonde illustration de la joie céleste, des mirifiques fleurs colorées et des arbres chamarrés qui peupleront ce nouveau Paradis. Et au milieu coule une fontaine... En fait, ces images devaient venir de son cœur, de sa foi simple mais vraie. N’est-ce pas aux simples et aux petits que Dieu révèle ses mystères ? N’est-ce pas par songe que Dieu apparaît aux âmes pures, comme pour Joseph ? Avec Séraphine, en ce temps de méditation, rêvons au Paradis, à ce monde de joie ou la beauté et la bonté ne feront plus qu’un.

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