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Jeudi de la 3e semaine de l’Avent

Éclate en cris de joie -



La Danse,

Henri Matisse (Le Cateau-Cambrésis, 1869 - Nice, 1954),

Huile sur toile, 259,7 × 390,1 cm, 1909,

Étude pour la Danse II,

Muséum of Modern Art, New-York (U.S.A.)


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 54, 1-10)

Crie de joie, femme stérile, toi qui n’as pas enfanté ; jubile, éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs ! Car les fils de la délaissée seront plus nombreux que les fils de l’épouse, – dit le Seigneur. Élargis l’espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets ! Car tu vas te répandre au nord et au midi. Ta descendance dépossédera les nations, elle peuplera des villes désertées. Ne crains pas, tu ne connaîtras plus la honte ; ne tiens pas compte des outrages, tu n’auras plus à rougir, tu oublieras la honte de ta jeunesse, tu ne te rappelleras plus le déshonneur de ton veuvage. Car ton époux, c’est Celui qui t’a faite, son nom est « Le Seigneur de l’univers ». Ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël, il s’appelle « Dieu de toute la terre ». Oui, comme une femme abandonnée, accablée, le Seigneur te rappelle. Est-ce qu’on rejette la femme de sa jeunesse ? – dit ton Dieu. Un court instant, je t’avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse, je te ramènerai. Quand ma colère a débordé, un instant, je t’avais caché ma face. Mais dans mon éternelle fidélité, je te montre ma tendresse, – dit le Seigneur, ton rédempteur. Je ferai comme au temps de Noé, quand j’ai juré que les eaux ne submergeraient plus la terre : de même, je jure de ne plus m’irriter contre toi, et de ne plus te menacer. Même si les montagnes s’écartaient, si les collines s’ébranlaient, ma fidélité ne s’écarterait pas de toi, mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, – dit le Seigneur, qui te montre sa tendresse.


Méditation

J’ai déjà expliqué la différence entre le bonheur (temporaire) et la joie qui est un vrai courant de fond. Et ce jour, le prophète Isaïe nous appelle à dépasser nos douleurs, nos difficultés, et même notre¿éventuel désespoir pour éclater en cris de joie. Une vraie joie, une joie qui frise la folie, comme celle qui prenait le coeur des « fols en Christ » (allez voir le film L’île de Pavel Lounguine qui nous montre ce moine qui combat son désespoir par une jolie profonde).


Mais comment obtenir cette joie et en vivre dans un monde qui respire la tristesse, l’inquiétude et la peur ? Isäie nous donne la réponse (ce verset sera repris par les mouvements scouts) : « Élargis l’espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets ! » N’oublions pas que le mot « tente » se dit « tabernacle » en latin.


Élargissons notre tabernacle personnel, là où le Christ veut venir faire sa demeure. Car Noël n’est pas le simple mémorial de la Nativité, une sorte d’anniversaire. Non, Noël est d’abord la fin de l’attente de la venue du Christ en notre chair, et non simplement dans l’histoire passée, mais aujourd’hui, en chacun de nos cœurs. Il veut venir établir sa demeure en chacun d’entre nous pour que nous devenions, comme le disait Élisabeth de la Trinité, « une humanité de surcroît » pour le Seigneur. Donc, élargissons notre coeur, élargissons notre regard, ouvrons notre âme à sa venue. Donnons de l’ampleur à notre ESPÉRANCE.


Déployons aussi cette toile sur laquelle Marie viendra s’allonger pour donner naissance à son Fils. Car en accueillant Marie, nous lui permettons de venir nous offrir son Fils Jésus. C’est cette même toile, ce même manteau que Marie étend sur le peuple que son Fils lui a confié sur la Croix.


Allongeons nos cordages. Ne restons pas enfermés dans nos petites convictions, notre « petit » Noël avec un « petit » Jésus. C’est curieux comme nous utilisons souvent ce qualificatif. Tout devrait être petit pour être beau, ou alors pour tenir dans notre pensée étroite ! Là encore, soyons fous ! Osons allonger nos cordages, nos pensées, nos idées, notre charité. Car oser, c’est la sainteté, comme le disait le Père Sevin. Donnons de la grâce à notre CHARITÉ.


Et enfin, renforçons nos piquets. Que sont-ils d’autres que notre foi ? Renforcer notre foi, la cultiver intellectuellement, la développer dans la lecture biblique, l’enraciner dans la prière, la fixer dans la contemplation. Donnons de la force à notre FOI.

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