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Jeudi saint (C)

Prêtre pour l’éternité -



Le Christ aux outrages

Guido di Pietro dit Fra Angelico (Vicchio, Vers 1395 - Rome, 1445)

Fresque, 195 x 159 cm, vers 1440-1441

Couvent San Marco, Florence (Italie)


Lecture du livre de l’Exode (Ex 12, 1-8.11-14)

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. « Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »


Psaume 115

Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.


Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple.


Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 11, 23-26)

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 13, 1-15)

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »


La fresque

Il s'agit de la fresque sur le mur de la cellule 7 du Couvent di San Marco à Florence.

La retenue contemplative des fresques de San Marco n'est nulle part mieux illustrée que dans Le Christ aux outrages. Plutôt que de peindre les humiliations du Christ dans toute leur violence dans une œuvre narrative complexe, elles sont réduites à une série de symboles iconographiques. Ce faisant, Angelico s'est inspiré de précédents établis au Trecento.



Dans une pièce aux murs unis, le Christ est assis sur une estrade dans une robe et une tunique d'un blanc éclatant. La grande dalle de marbre blanc qui se trouve sous lui ajoute à l'air de blancheur rayonnante qui l'entoure. Il a les yeux bandés et une couronne d'épines sur la tête. Derrière Lui, suspendu à une frise unie, se trouve un écran sur lequel sont peints les emblèmes de ses indignations : la tête du soldat crachant, les mains qui l’ont glifflé, la main et le bâton enfonçant les épines sur sa tête. Sur une marche basse, à l'avant du tableau, sont assis la Vierge et saint Dominique. Ni l'un ni l'autre ne regardent le Christ mais sont assis, le dos tourné vers lui, dans des poses d'intense méditation - la profondeur de la méditation que les fresques étaient destinées à aider chaque frère à atteindre.


Fra Angelico a été assisté par Benozzo Gozzoli dans l'exécution de cette fresque.


Une triple fête

Depuis toujours, la célébration du Jeudi saint s’associe à la fête de l’institution de l’eucharistie, au service des pauvres (avec le lavement des pieds) et à l’institution du sacerdoce. L’an dernier, j’ai parlé de l’eucharistie, aujourd’hui, ce sera la question du sacerdoce. Passons sur les troubles qu’affronte l’Église depuis quelques années, sans parler de la dépréciation du sacerdoce aux yeux de beaucoup de fidèles, et encore plus pour ceux qui sont loin de la foi. Dépassons aussi les questions innombrables au sujet de la pastorale, ce ne sont que des questions du « comment ». Intéressons-nous plutôt au « pourquoi ». Pourquoi le Christ a-t-il voulu des prêtres (et même l’a-t-il vraiment voulu) ou est-ce un désir de l’Église qui cherchait à s’organiser, voire à se hiérarchiser ?


Mais poser la question en de tels termes, c’est immédiatement s’orienter vers une réponse qui soit plus pastorale (sur le plan de l’efficacité et de l’utilité) que spirituelle. C’est, en d’autres termes, aborder le sacerdoce sous l’angle du ministère, et non du ministre ; ou encore regarder le prêtre au prisme du « faire » plus que de « l’être ». Et ce genre de dérive en appelle à d’autres questionnements dévoyés : à quoi peuvent bien servir des moines enfermés entre quatre murs, encore plus s’ils sont prêtres, alors que nous en avons tant besoin dans nos paroisses… C’est toujours la dimension du « faire » qui domine.


Faire ou être ?

Et si le sacerdoce n’est pas un métier, mais une vocation, ce n’est pas simplement parce que l’on est appelé (vocare en latin) par Dieu, mais aussi parce qu’un métier se doit d’être efficient, le prêtre n’a pas cette obligation. À l’extrême limite pourrait-on lui attribuer une obligation de moyens pour annoncer la Parole, mais certainement pas une obligation de résultat, ou alors ce serait contredire ce que Dieu a rappelé au prophète (2 Ch 20, 15) :

Yahaziel s’écria : « Soyez attentifs, vous tous de Juda et habitants de Jérusalem, et toi, roi Josaphat ! Ainsi vous parle le Seigneur : Ne craignez pas, ne vous effrayez pas devant cette foule immense ; car ce combat n’est pas le vôtre, mais celui de Dieu. »

Alors, comme prêtre, quel est mon combat ? Le premier, me semble-t-il, concerne justement la dimension du ministère concret. Je tiens à signaler ici que je ne m’exprime pas en tant qu’observateur de généralités, mais en tant que témoin… pleinement participant de ce que j’écris.


Avoir du temps, prendre le temps ou manquer de temps ?

Ainsi, un des drames que peuvent vivre tous les jeunes hommes qui entrent au séminaire (je parle bien sûr des séminaires diocésains et non des ordres qui ont leur propre règle) afin de devenir prêtre séculier est de voir ses perspectives d’avenir se restreindre à l’unique ministère de curé. Et non pas curé d’une paroisse, mais curé de dix, vingt, voire trente clochers. Ne parlons même pas du temps introuvable pour rencontrer ses paroissiens, les écouter, ni même du temps pour préparer sérieusement la liturgie et son homélie, ni même se restaurer convenablement, ou prendre le temps de lire le dernier prix Goncourt ou de voir un bon film. Pour tout cela, il peut faire une croix dessus. Peut-être une question d’organisation me direz-vous… Mais, ce qui est peut-être le plus dramatique est que la vie spirituelle en pâtit…


Jamais je ne ferai un reproche à un prêtre qui « saute » quelques offices du bréviaire, ou le dit à grande vitesse plutôt qu’il ne le prie. Comment le lui reprocher ? Hormis moi dans ma situation du moment, je ne connais pas beaucoup de prêtres qui ne sont pas esclaves du temps ! Noyé de réunions, de sollicitations du diocèse, de gestion administrative, de l’entretien des bâtiments, des comptes paroissiaux, comment le prêtre aurait-il encore le temps pour se donner à l’essentiel ? Et même, quand il en trouve le temps, n’a-t-il pas plus envie de se détendre ou de dormir ? Le temps est devenu l’ennemi du prêtre pour remplir sa mission. Nos évêques ne devraient-ils pas plus s’inquiéter de la question, de l’état de santé physique, mentale et spirituelle du clergé ? C’est une urgence, même si j’ai peur qu’on élude le problème…


Prêtre ou curé ?

Et donc, voilà ce à quoi doit se préparer le futur jeune prêtre… Devenir un curé débordé. Le père Antoine Chevrier (1826-1879) disait que « le prêtre est un homme mangé ». Certes, mais sera-t-il digeste ??? Qui plus est, lui offre-t-on d’autres perspectives, d’autres ministères que celui de curé de paroisse ? Pourra-t-il mettre ses charismes propres au service de l’Église ? Si c’est un intellectuel, même si j’ai l’impression que ça n’a pas bonne presse (dans le monde civil, comme dans le monde ecclésial), pourra-t-il enseigner, écrire, faire des recherches ? S’il a le don de la prédication, lui en donnera-t-on le temps ? Pourra-t-il prêcher des pèlerinages, et surtout les préparer ? Saint Paul explique que les charismes sont nombreux (Rm 12 et 1 Co 12 : rappelez-vous, c’est cette page qui fit comprendre à Thérèse de Lisieux que son charisme était d’être l’amour dans le coeur de l’Église), mais ont-ils encore un avenir ? Bref, pourra-t-il être le prêtre que Dieu attend de lui, ce pour quoi il l’a préparé de tout temps ? Ou l’état de vie se réduit-il à la fonction ?

Un état de vie

Car, pour « plagier » saint Paul, les types de ministères sont nombreux, mais l’être du prêtre est unique (1 Co 12, 11) :

Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier.

Et si l’être du prêtre est unique, c’est parce que tous les prêtres sont habités de l’unique Esprit, et doivent donc vivre de cet unique Esprit. Vivre de l’Esprit, c’est vivre spirituellement, c’est vivre dans la recherche de cette plénitude de l’Esprit qui mène à la communion avec la Trinité. Ainsi, avant de voir ce que doit faire le prêtre, en fonction de ses charismes, de ses dons, ne serait-il pas utile de comprendre ce qu’il doit être par la force de l’Esprit ?


La triple mission

Je m’en reporte alors à la fresque de Fra Angelico. Saint Dominique médite sur la Parole de Dieu devant un piédestal sur lequel le Christ outragé est assis. Devant le dominicain, Marie est éplorée. Il me semble que tout est là ! Le Concile Vatican II rappelle les trois missions du prêtre. Il suffit de relire le chapitre II de la constitution Presbyterum Ordinis :

  • Les prêtres, ministres de la Parole de Dieu,

  • Les prêtres, ministres des sacrements et de l’Eucharistie,

  • Les prêtres, chefs du Peuple de Dieu.


Ministre de la Parole de Dieu

Ministre de la Parole de Dieu ? Un ministre qui prend le temps de prier, méditer, mâcher et remâcher cette parole. N’est-ce pas ce que l’évêque nous dit lors de l’ordination diaconale ?

Recevez l'Évangile du Christ, que vous avez la mission d'annoncer. Soyez attentif à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné.

Comment peut-on enseigner une Parole que nous n’aurions pas eu le temps de lire calmement, de méditer ? Notre première mission est de lire cette Parole de Dieu, de pratiquer ce que les Père appellent la Lectio Divina, la lecture priée de la Bible. Elle est la source de toute vie ecclésiale, de toute vie sacerdotale. Car Dieu ne s’est pas seulement fait chair, il s’est fait Parole, Logos. Ce que le Père pense mais n’exprime pas, le Fils le dit, nous le proclame. N’est-ce pas ce que fait avec attention saint Dominique ?


Ministre des sacrements et de l’Eucharistie

Ne vous y trompez pas, l’eucharistie est bien présente sur cette fresque. L’autel n’est-il pas la table, le calvaire où le Christ continue son sacrifice par nos mains ? N’est-ce pas sur l’autel, devant Dominique, qu’est assis le Christ ? N’est-ce pas ce que dit le nouveau missel romain ?

Priez, frères et sœurs : que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout puissant.
Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Eglise.

Puisse le prêtre avoir le temps de célébrer, et surtout de ne pas « enchaîner » les célébrations, mais de vivre chacune avec force et foi. Puisse-t-il y célébrer, rencontrer et communier au Christ souffrant et triomphant.


Chef du Peuple de Dieu

Entendons d’abord le mot « chef » non pas dans le sens de « dictateur » mais en celui qui conduit, qui donne la direction. Et ne peut conduire les autres que celui qui n’est pas aveugle, et qui a accepté de se laisser conduire lui-même par Dieu. Dernièrement, je lisais une méditation du père Lev Gillet, moine orthodoxe. Je vous en offre un extrait ! (Au coeur de la fournaise, Lev Gillet, Cerf, 1998, chapitre « Qu’ai-je à donner ») :

Insensé est le prêtre, le missionnaire ou l'apôtre laïc qui croit pouvoir donner Jésus-Christ, ou donner quelque chose au nom de Jésus-Christ, sans avoir d'abord lui-même accepté et reçu la personne du Rédempteur ! Certes, il y a les saints mystères que l'Église dispense aux fidèles, quelle que soit l’indignité de l'instrument humain; la grâce divine supplée alors à ce qui manque au ministre. Mais lorsqu'il s'agit de donner, de transmettre quelque chose qui est lié à ma propre personne, à mes dispositions intérieures, une question inéluctable se pose à moi : « Qu'ai-je donc à donner ? Est-ce que je possède vraiment ce que je devrais donner, Celui que je devrais donner ? »
Question humiliante, angoissante. Car c'est toute la sincérité de mes paroles, de mes actes, de ma vie qui se trouve ici en jeu. Est-ce que, depuis des années, je ne me meus pas dans un cercle de mensonges et d'illusions, prétendant et même voulant donner à d'autres ce qui me manque à moi-même ? Il est temps de faire halte. Ô mon Sauveur, je te demande humblement, douloureusement, de me préparer, de me former au don par un patient travail de chaque jour, afin que je puisse donner à d'autres ce que je recevrai ainsi de ta générosité. « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth…»

Et moi ?

Même si je peux en donner l’impression, je ne veux donner aucune leçon, simplement partager ce que je vis, sans nulle arrogance. Les événements que j’ai vécu m’ont mené là où je suis, dans cette sorte de vie de semi-ermite. « C’est la main de Jésus qui conduit tout » disait Thérèse de l’Enfant-Jésus. Je le crois, même si je trouve que sa conduite est parfois comparable à celle de la religieuse dans « Les gendarmes à Saint-Tropez » !


Et aujourd’hui, je redécouvre mon sacerdoce. Il n’est aucunement efficace, et pourtant je le crois « vrai » et je comprends que c’est là que Dieu m’a conduit, là où il m’attend (Jn 21, 18) :

Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller.

Et la fresque illustre peut-être cet « homme nouveau » (Ep 4, 23-24) :

Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité.

Un homme seul avec le Seul, seul avec le Christ, comme à la Transfiguration (Mt 17, 8) : « Ils ne virent plus que Jésus, seul ». Seul au pied du Christ souffrant et outragé, seul au pied de la Croix. Un prêtre appelé à méditer chaque jour la Parole de Dieu en lisant quotidiennement la Bible. Un prêtre au pied de l’autel, là où il s’offre en sacrifice avec et pour le Christ. Un prêtre qui a le temps de lire, de réfléchir, de se cultiver, de méditer et… d’écrire outre mesure ! Un prêtre qui essaye tant bien que mal de focaliser son regard sur le visage du Christ, dans l’Esprit, pour aller à la rencontre du Père. Un prêtre qui se confie à la Mère de Dieu pour qu’elle l’enfante à la sainteté.


Alors, aujourd’hui, je rends grâce à Dieu pour tout le chemin parcouru qui m’a mené ici. Et même si le bonheur n’est pas toujours derrière la porte, c’est la joie, la foi et l’espérance qui me portent ! Et je prie pour tous mes confrères qui n’ont pas la grâce, ni le temps, de vivre ce parcours. Puisse l’Église et l’Esprit qui l’anime, les aider à trouver cette paix et cette joie.

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