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Lundi, 17ème semaine du T.O. — Année Paire

Je ferai pourrir l’immense orgueil



Le prophète Jérémie

Marc Chagall (Liozna, 1887 - Saint-Paul-de-Vence, 1985)

Huile sur toile, 115 x 146,3 cm, 1968

Centre Georges Pompidou, Paris (France)


Lecture du livre du prophète Jérémie (Jr 13, 1-11)

Ainsi m’a parlé le Seigneur : « Va, tu achèteras une ceinture de lin et tu la mettras sur tes reins. Évite de la tremper dans l’eau. » Selon la parole du Seigneur, j’ai acheté une ceinture et je l’ai mise sur mes reins. De nouveau, la parole du Seigneur me fut adressée : « Avec la ceinture que tu as achetée et que tu portes sur les reins, lève-toi, va jusqu’à l’Euphrate, et là-bas cache-la dans la fente d’un rocher. » Je suis donc allé la cacher près de l’Euphrate, comme le Seigneur me l’avait ordonné. Longtemps après, le Seigneur m’a dit : « Lève-toi, va jusqu’à l’Euphrate, et reprends la ceinture que je t’ai ordonné de cacher là-bas. » Je suis donc allé jusqu’à l’Euphrate, j’ai creusé, et j’ai repris la ceinture de l’endroit où je l’avais cachée. Et voici : la ceinture était pourrie, hors d’usage ! Alors la parole du Seigneur me fut adressée : « Ainsi parle le Seigneur : Voilà comment je ferai pourrir l’immense orgueil de Juda et de Jérusalem. Ce peuple mauvais, qui suit les penchants de son cœur endurci et qui marche à la suite d’autres dieux, pour les servir et se prosterner devant eux, il deviendra pareil à cette ceinture qui est hors d’usage. En effet, de même qu’un homme s’attache une ceinture autour des reins, de même je m’étais attaché toute la maison d’Israël et toute la maison de Juda – oracle du Seigneur, pour qu’elles soient mon peuple, mon renom, ma louange et ma parure. Mais elles n’ont pas écouté ! »


Méditation

Un curieux geste qui fut demandé au prophète Jérémie : laisser pourrir une ceinture neuve ! Mais pourtant, ce sera par ce symbole que Dieu voudra montrer au peuple ce que produit dans les cœurs l’orgueil : il pourrit l’âme et la vie de la personne. Dans toute la Bible, c’est le premier péché qui est dénoncé. Mais qu’est-ce que donc que cet orgueil ? De fait, c’est le premier péché de l’homme : vouloir être Dieu à la place de Dieu, par pur soif. Il suffit de relire les premiers chapitres de la Genèse. Adam veut posséder ce qui fait la spécificité de la divinité : édicter le bien et le mal.


Pourtant, Dieu lui avait interdit, mais la tentation fut la plus forte. Dieu ne l’avait pas empêché de manger du fruit de l’arbre de la vie. Ainsi, nous aurions obtenu l’éternité. Mais non, c’est l’orgueil, la soif de devenir ce que nous ne pourrons pas être, l’aveuglement sur notre condition qui a dominé le cœur de l’homme...


Mais n’est-ce pas encore aujourd’hui le cas ? Les trois tentations que dénonce le Christ dans l’évangile : le pouvoir, la gloire et la satiété, ne sont-elles pas encore celles de tout homme ? Et comme nous avons du mal à comprendre que cet orgueil pourrit notre cœur et notre vie ! Cependant, la seule « pourriture » que Dieu pourrait exiger de nous serait celle de nous reconnaître humble, ici de la terre. Non pas être pourri d’orgueil, mais laisser Dieu pourrir notre orgueil pour qu’il en fasse naître la grâce, le laisser pourrir notre péché pour nous donner accès à l’éternité. « Il faut que le grain de blé tombe en terre pour porter du fruit... »

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