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Lundi, 18ème semaine du T.O. — Année Paire

La frange de son manteau



Tunique d’Argenteuil

Relique de la Passion du Christ

Laine, 122 x 90 cm, 1er siècle

Basilique Saint-Denis, Argenteuil (France)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 14, 22-36)

Jésus avait nourri la foule dans le désert. Aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth. Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades. Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.


Méditation

Pendant des années, on a remis en cause, en s’en moquant, ce que l’on appelle la « religion populaire ». C’étaient les pèlerinages, l’ostension des reliques, les dévotions privées, etc. Pourtant, dans l’évangile, que de gestes simples du peuple, comme aujourd’hui : « Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés. »


De fait, nous tendons dans notre vie spirituelle entre deux pôles que nous voyons comme antagonistes alors qu’ils sont complémentaires et indissociables : le cœur et l’intelligence. Beaucoup voudraient une foi intelligente, comprise, presque rationnelle, ou du moins intellectualisée. Il suffit de voir ce que l’on demande aux parents qui veulent baptiser leur enfant... Le risque de vouloir tout passer au crible de la compréhension est de faire de notre foi une simple doctrine qui se résumera souvent à une morale pesante. D’autres voudraient une foi qui soit débarrassée de ses oripeaux, pure, un peu cathare, qui ne serait qu’émotions et sentiments ; une foi du cœur qui ne s’appesantirait pas de règles et de rituels. C’est souvent la panacée de petits groupes fermés sur eux-mêmes... Le risque de vouloir tout vivre uniquement avec le cœur est de sombrer dans un sentimentalisme qui frôle souvent le magique et qui, en cas d’échec, aboutit sur un abandon pur et simple.


Entre « lisez d’abord Saint-Thomas d’Aquin et après on en parlera » et « mon chapelet me suffit », il est peut-être une juste mesure... La mesure est pas l’une sans l’autre. Prenons le cas des mines de charbon : il faut creuser, aveuglément souvent. C’es la foi du cœur. Mais si vous n’étayez pas, la mine s’effondre. Les étais, c’est l’intelligence. Jésus a toujours accepté le sentiment populaire mais a toujours essayé de faire progresser le peuple, tout en le respectant dans ses capacités. Puisse notre démarche catéchistique dans l’Église en prendre graine...


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