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Lundi, 23ème semaine du T.O. — Année Paire

Sauver une vie ou la perdre ?



Guérison de l’homme à la main desséchée

Anonyme

Mosaïque byzantine, Seconde moitié du XIIIème siècle

Cathédrale Santa Maria Nuova, Monreale (Sicile, Italie)


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 6-11)

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser. Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. » L’homme se dressa et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit, et sa main redevint normale. Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.


Méditation

Est-ce qu’il est bien dans les clous que la société a décidé comme règle commune ? Sinon, on le fait tomber ! Voilà toute la question de cet évangile. Cela pose évidemment le problème de l’importance de la loi pour une vie communautaire épanouie et sereine. Mais, un élément semble tellement absent dans leur mentalité que Jésus vient durement leur rappeler : et l’amour, et la vie dans tout ça ??? Ce sera certainement le combat le plus âpre que Jésus aura à mener durant tout son ministère : opposer à une loi rigoureuse et implacable, une loi basée sur l’amour, la vie et la foi en l’homme, en sa progression. Mais cette question n’est-elle pas toujours d’actualité ?


L’évangile a cette grâce de nous rappeler l’essentiel, ou pour le dire autrement, la véritable hiérarchie. Rappelons que ce mot veut étymologiquement dire : ordre sacré. Un ordre qui vient de ce qui est sacré et qui amène au sacré. Et est-il une chose plus sacrée que la vie ? La vie doit toujours être première, et même première sur la loi, sinon on risque de tomber dans les innombrables systèmes totalitaires qui ont égrené les siècles passés. Il est même surprenant (litote…) qu’il ait fallu attendre l’aube du XXIème siècle pour que l’Église reconnaisse la non-légitimité de la peine de mort.


Ne devrions-nous pas nous rappeler cette citation du Talmud (qui est aussi dans le Coran) : « Celui qui sauve une vie, sauve l'humanité tout entière », et quelle que soit cette vie ! Même la vie des pires criminels, des Hitler, Staline ou Pol Pot mérite d’être préservée car, malgré les affres de leurs vies, ils resteront toujours des créatures de Dieu. Puisse la vie toujours triompher sur le rigorisme de la loi…

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