Lundi, 26e semaine du T.O. — Année Paire

Nu j’y retournerai



Satan se rend à l’assemblée du Seigneur

William Blake (Londres, 1757 - Londres, 1827)

Gravure extraite du « Livre de Job », 22 x 17 cm, 1825

Fitzwilliam Museum, Cambridge (Royaume-Uni)


Lecture du livre de Job (Jb 1, 6-22)

Le jour où les fils de Dieu se rendaient à l’audience du Seigneur, le Satan, l’Adversaire, lui aussi, vint parmi eux. Le Seigneur lui dit : « D’où viens-tu ? » L’Adversaire répondit : « De parcourir la terre et d’y rôder. » Le Seigneur reprit : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’a pas son pareil sur la terre : c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal. » L’Adversaire riposta : « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? N’as-tu pas élevé une clôture pour le protéger, lui, sa maison et tout ce qu’il possède ? Tu as béni son travail, et ses troupeaux se multiplient dans le pays. Mais étends seulement la main, et touche à tout ce qu’il possède : je parie qu’il te maudira en face ! » Le Seigneur dit à l’Adversaire : « Soit ! Tu as pouvoir sur tout ce qu’il possède, mais tu ne porteras pas la main sur lui. » Et l’Adversaire se retira. (…) Alors Job se leva, il déchira son manteau et se rasa la tête, il se jeta à terre et se prosterna. Puis il dit : « Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! » En tout cela, Job ne commit pas de péché. Il n’adressa à Dieu aucune parole déplacée.


Méditation

Nous connaissons mal le livre de Job… l’avons-nous même lu intégralement ? Pourtant, il nous permet de mieux saisir deux aspects essentiels de notre vie spirituelle : le sens que l’on peut donner à nos souffrances et l’abandon de notre vie entre les mains de Dieu. Dès le début, le pauvre Job se voit dépouillé de tout, pas simplement ses richesses matérielles mais aussi de la chair de sa chair. Il y aurait de quoi être vraiment désespéré, au bord de la fin. Mais Job en revient à l’essentiel, non que le reste soit secondaire, mais second. Ce qui est essentiel, c’est son âme et la présence de Dieu avec lui. Non qu’il se réjouisse de la situation, mais il accepte d’en revenir à l’origine : nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Que nous apprend dès aujourd’hui ce texte mythique (Job est un conte non un personnage réel) : que nous devons apprendre à nous dépouiller de ce qui nous encombre pour retrouver, nu, ce qui est le plus important : notre âme vivante. Bien sûr, nous pouvons et devons bénir Dieu pour tous les bienfaits qu’il nous offre. Mais le premier bienfait n’est-il pas de prendre acte que nous sommes des êtres animés, et animés d’une âme vivante et consciente du don de Dieu. Rendons-nous suffisamment grâce à Dieu de ce bienfait ? Comme le chante un Psaume (Ps 102, 1-5) : « Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits ! Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse ; il comble de biens tes vieux jours : tu renouvelles, comme l'aigle, ta jeunesse. »