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Lundi, 2e semaine de Carême

À toi la justice, à nous la honte -



Daniel et le lion,

Gian Lorenzo Bernini (Naples, 1598 - Rome, 1680),

Terre cuite, 41, 6 cm, 1655,

Museo Sacro, Musées du Vatican, Rome (Italie)


Lecture du livre du prophète Daniel (Dn 9, 4-10)

Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession : « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable, qui garde alliance et fidélité à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays. À toi, Seigneur, la justice ; à nous la honte au visage, comme on le voit aujourd’hui pour les gens de Juda, pour les habitants de Jérusalem et de tout Israël, pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés, à cause des infidélités qu’ils ont commises envers toi. Seigneur, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes révoltés contre lui, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu, car nous n’avons pas suivi les lois qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. »


Méditation

Comme il nous est difficile de prendre conscience de notre péché, et encore plus de le reconnaître... Trop souvent, comme une protection psychologique, nous nous trouvons des justifications. Peut-être est-ce dû aussi à une période janséniste de notre Église qui mettait plus en avant une morale qui tendait à déprécier l’homme. Daniel est confronté à ce combat entre ce qu’il est comme pécheur (malgré son « statut » de prophète ») et la vision de ce que Dieu attend de lui, de nous tous en fait ! Mais lorsqu’on lit attentivement le texte, on s’aperçoit que Daniel ne voit pas en Dieu un vengeur en continuel courroux, mais plutôt un Dieu de miséricorde, de pardon et de justice. Et il sait que c’est en acceptant ce pardon miséricordieux de Dieu (car Dieu nous aime malgré, voire par, notre péché) que nous le rejoignons. Dieu sait de quoi est fait l’homme ; il connaît nos faiblesses, notre manque de force. Ce qu’il nous demande n’est pas de vouloir réparer nos fautes par des sacrifices (qui souvent nous rassurent et nous justifient sans être véritablement une offrande à Dieu...), mais plutôt de nous jeter, tel l’enfant prodigue, dans les bras du Miséricordieux (du Clément comme le définissent les musulmans). Même si le lion rode à nos pieds, prêt à nous dévorer — à l’image de cette terre cuite du Bernin — en nous tournant vers Dieu, dans la prière confiante en son amour, il nous accueillera et transformera nos péchés en grâces, transfigurera nos corps mortels en corps de gloire. N’oublions jamais que Dieu veut nous transfigurer, pour ne pas dire nous déifier...

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