Mardi, 14ème semaine du T. O. — Année Paire

Mon bouclier, c’est Lui !



Chevalier Templier

Anonyme

Fresque, 1170-1180

Chapelle des Templiers, Cressac-Saint-Genis (France)

Psaume 113 (Ps 113b (115), 3-4, 5-6, 7ab.8, 9-10)

Notre Dieu, il est au ciel ;

tout ce qu’il veut, il le fait.

Leurs idoles : or et argent,

ouvrages de mains humaines.


Elles ont une bouche et ne parlent pas,

des yeux et ne voient pas,

des oreilles et n’entendent pas,

des narines et ne sentent pas.

Leurs mains ne peuvent toucher,

leurs pieds ne peuvent marcher,

Qu’ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font,

ceux qui mettent leur foi en elles.


Israël, mets ta foi dans le Seigneur :

le secours, le bouclier, c’est lui !

Famille d’Aaron, mets ta foi dans le Seigneur :

le secours, le bouclier, c’est lui !


Méditation

Il est toujours surprenant de voir les coups de balancier que vit l’Église : un jour à droite, un jour à gauche. Un temps, nous sommes appelés au jansénisme, un autre au quiétisme. La liste pourrait être longue... Ainsi, voici un siècle, on remettait en valeur le Moyen-âge comme étant l’âge d’or. Âge d’or de l’architecture (pensez au néo-roman puis néo-gothique), âge d’or de la peinture (pensez au préraphaélites), âge d’or de la théologie (la redécouverte des Pères de l’Église), etc. Mais aussi âge d’or d’une certaine attitude qui distingue l’homme de l’animal : sa noblesse d’âme.


On redécouvre alors la chevalerie, voire ses mythes et légendes, mais aussi (et pour moi surtout) son sens du sacrifice, de la force, de la pugnacité et de son abnégation. Alors, on comprend que ce qui fait la noblesse, ce n’est pas la question de la couleur du sang, mais de la grandeur d’âme. Ainsi, le scoutisme mettra en exergue cette chevalerie, par l’entremise du Père Sevin, pour donner cette force d’âme, ce dévouement à tous ses jeunes. Ou encore, un Jacques d’Arnoux, écrira Les sept colonnes de l’héroïsme, exaltant ce sens du sacrifice chrétien.


Mais un élément ne doit jamais être oublié : si nous sommes « choisis pour servir en sa présence » (2nde prière eucharistique), s’il nous appelle au sacrifice, notre vrai bouclier... c’est lui. Nous ne sommes que les porteurs de ce boucliers. Le secours, c’est lui. Et même si nous sommes les plus beaux chevaliers du Christ, notre Maître, c’est lui ! Pour nous faire comprendre notre place dans ce combat spirituel, relisez le Livre des Chroniques (2 Ch 20, 15) : « Ainsi vous parle le Seigneur : Ne craignez pas, ne vous effrayez pas devant cette foule immense ; car ce combat n’est pas le vôtre, mais celui de Dieu ». Mais aussi Bernadette Soubirous qui disait : « Je suis le balai dont la Vierge s'est servie. Qu'est-ce qu'on fait d'un balai quand on a fini de s'en servir ? On le met derrière la porte. C'est ma place, j'y suis bien. J'y reste ». Alors, tel un chevalier, partons au sacrifice, sans oublier que c’est pour la Gloire de Dieu et le salut du monde, car le bouclier, c’est Lui !