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Mardi, 17ème semaine du T.O. — année impaire

La tente de la rencontre



Tabernacle

Oblats de Marie Immaculée

Chapelle de la Maison de Chavril, Sainte-Foy-de-Lyon (France)


Lecture du livre de l’Exode (Ex 33, 7-11 ; 34, 5b-9.28)

En ces jours-là, à chaque étape, pendant la marche au désert, Moïse prenait la Tente et la plantait hors du camp, à bonne distance. On l’appelait : tente de la Rencontre, et quiconque voulait consulter le Seigneur devait sortir hors du camp pour gagner la tente de la Rencontre. Quand Moïse sortait pour aller à la Tente, tout le peuple se levait. Chacun se tenait à l’entrée de sa tente et suivait Moïse du regard jusqu’à ce qu’il soit entré. Au moment où Moïse entrait dans la Tente, la colonne de nuée descendait, se tenait à l’entrée de la Tente, et Dieu parlait avec Moïse. Tout le peuple voyait la colonne de nuée qui se tenait à l’entrée de la Tente, tous se levaient et se prosternaient, chacun devant sa tente. Le Seigneur parlait avec Moïse face à face, comme on parle d’homme à homme. Puis Moïse retournait dans le camp, mais son auxiliaire, le jeune Josué, fils de Noun, ne quittait pas l’intérieur de la Tente. Le Seigneur proclama lui-même son nom qui est : Le Seigneur. Il passa devant Moïse et proclama : « Le Seigneur, Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, qui garde sa fidélité jusqu’à la millième génération, supporte faute, transgression et péché, mais ne laisse rien passer, car il punit la faute des pères sur les fils et les petits-fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération. » Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna. Il dit : « S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c’est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage. » Moïse demeura sur le Sinaï avec le Seigneur quarante jours et quarante nuits ; il ne mangea pas de pain et ne but pas d’eau. Sur les tables de pierre, il écrivit les paroles de l’Alliance, les Dix Paroles.


Méditation

Où est-elle donc aujourd’hui cette tente ou nous pourrions rencontrer, nous aussi, le Seigneur ? Où pourrions-nous le voir et rayonner de sa présence ? Où est-elle sinon dans le Tabernacle ? Car, une nouvelle fois je vous le rappelle, le mot tente en latin se dit tabernaculum. Comme dans les chapelles de la Sainte-Croix de Jérusalem (cf. L’homélie du dimanche de Noël, années A-B-C), les Oblats de Marie Immaculée ont fait ce choix de mettre le Corps du Christ dans une tente. Car, en suivant la traduction littérale de l’évangile de Jean : il est venu dresser sa tente parmi nous (Jn 1, 14), nous comprenons que ce tabernacle est aujourd’hui l’endroit où Dieu vient faire sa demeure.


Et nous-mêmes, ne pourrions-nous chanter, comme le psalmiste, ces mots devant la tente de Dieu, prêts à y pénétrer (comme pour la nuée) et à demeurer seul avec le Seul (Ps 83) :


02 De quel amour sont aimées tes demeures, Seigneur, Dieu de l'univers !

03 Mon âme s'épuise à désirer les parvis du Seigneur ; mon coeur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant !

04 L'oiseau lui-même s'est trouvé une maison, et l'hirondelle, un nid pour abriter sa couvée : tes autels, Seigneur de l'univers, mon Roi et mon Dieu !

05 Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore !

06 Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s'ouvrent dans leur coeur !

07 Quand ils traversent la vallée de la soif, ils la changent en source ; de quelles bénédictions la revêtent les pluies de printemps !

08 Ils vont de hauteur en hauteur, ils se présentent devant Dieu à Sion.

09 Seigneur, Dieu de l'univers, entends ma prière ; écoute, Dieu de Jacob.

10 Dieu, vois notre bouclier, regarde le visage de ton messie.

11 Oui, un jour dans tes parvis en vaut plus que mille. J'ai choisi de me tenir sur le seuil, dans la maison de mon Dieu, plutôt que d'habiter parmi les infidèles.

12 Le Seigneur Dieu est un soleil, il est un bouclier ; le Seigneur donne la grâce, il donne la gloire. Jamais il ne refuse le bonheur à ceux qui vont sans reproche.

13 Seigneur, Dieu de l'univers, heureux qui espère en toi !


Prenons le temps de cette présence, d’être en présence du « toujours présent », le temps de l’adoration. Je lisais cette semaine dans le livre de Romano Guardini (Initiation à la prière), cette belle page sur l’adoration (Je serais incapable de le dire aussi bien !) :

« Il faut donc pratiquer l’adoration. Nous confondons trop souvent « prière » et « demande ». Nous devons certes demander, mais nous ne devons pas oublier pour autant ce que dit le Seigneur dans le Sermon sur la Montagne : « Votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous ne le lui ayez demandé. » (Mc 6, 8). Nous oublions trop facilement que l’adoration est tout aussi importante, peut-être même plus importante que la demande. Il nous faut donc la pratiquer ; nous recueillir, nous mettre en présence, dans le recueillement, de la grandeur de Dieu et, devant cette grandeur, nous incliner avec respect et dans la liberté de notre coeur. Alors la vérité se fait en nous, la vérité de la vie. Les relations de l’existence s’ordonnent et les dimensions se rectifient. Cette vérité nous sera bienfaisante. Elle remettra à sa place ce que les égarements et les illusions de la vie ont brouillé. Nous y retrouverons la santé de l’esprit, et nous serons capables d’un recommencement. »
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