Mardi, 17ème semaine du T.O. — Année Paire

Hosanna...



Ecténie d’un diacre

Andrei Petrovich Ryabushkin (Borisoglebsk Uyezd, 1861 - Novgorod, 1904)

Huile sur toile, dimensions inconnues, 1888

Musée Russe, Saint-Pétersbourg (Russie)


Psaume 78

Combien de temps, Seigneur, durera ta colère ?

Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres :

que nous vienne bientôt ta tendresse,

car nous sommes à bout de force !


Aide-nous, Dieu notre Sauveur,

pour la gloire de ton nom !

Délivre-nous, efface nos fautes,

pour la cause de ton nom !


Que monte en ta présence la plainte du captif !

Ton bras est fort : épargne ceux qui doivent mourir.

Et nous, ton peuple, le troupeau que tu conduis,

sans fin nous pourrons te rendre grâce.


Méditation

L’ecténie, dans la liturgie orthodoxe, est une grande prière de supplication. Supplier... quel drôle de mot, encore plus quand on en cherche l’étymologie. Supplier, c’est plier le genoux. Et donc s’humilier. Supplier, c’est reconnaître que sans Dieu, nous ne pouvons rien, nous n’y arrivons pas. Un très grand nombre de psaumes sont des appels de détresse à Dieu. Des appels d’humilité. Ayant atteint le fond, ne nous sentons plus de force, à bout ou anéantis, ce sont les psaumes qui prennent le relais de nos mots impossibles à prononcer. Ce sont eux qui, par nos lèvres, montent vers Dieu la supplication du cœur. Non une supplication de l’intelligence, non un discours bien organisé, à la rhétorique impeccable, mais un cri. Le cri du cœur, le cri de l’âme, le cri de nos entrailles, de notre être le plus profond : sauve-moi, Seigneur. « Hosanna » que nous chantons à toutes les messes ne veut pas dire autre chose.


Que demande ce psalmiste aujourd’hui ? D’être délivré de la colère de Dieu. Mais Dieu est-il vraiment en colère ? Ou est-ce moi qui suis en colère contre mon propre péché, ma propre faiblesse ? Et nous avons besoin de la tendresse réconfortante de Dieu, de sortir de cet éternel combat, de retrouver la paix. Il nous a promis dans un autre psaume de nous conduire par de verts pâturages, de redevenir son troupeau, sous sa houlette.


Mais pourquoi Dieu nous écouterait-il ? Pourquoi ne pourrait-il pas nous abandonner, ou du moins nous faire patienter pour nous donner une bonne leçon ? Pour deux raisons. La première, bien sûr, est qu’il nous aime ; comment un Père pourrait-il abandonner son enfant. Et la seconde est qu’il attend que nous l’appelions, « pour la cause de ton nom » dit le psaume. Ailleurs, on pourra lire : « Mais toi, Seigneur Dieu, agis pour moi à cause de ton nom. Ton amour est fidèle : délivre-moi. » (psaume 108, 21)...