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Mardi, 22ème semaine du T.O. — Année Paire

Silence !



Jésus guérit un homme possédé

James Tissot (Nantes, 1836 - Chenecey-Buillon, 1902)

Illustration pour « La vie du Christ », Gouache sur papier, 20,6 x 16,8 cm, 1886-1894

Brooklyn Museum of Art, Brooklyn New-York (U.S.A.).


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 4, 31-37)

En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité. Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.


Méditation

En lisant cet évangile, je repense à l’attentat du Père Hamel. Des hommes, possédés, entrent dans l’église dans le seul but de faire le mal. Et lui, dans une fulgurance spirituelle rétorque à leurs menaces : « Vade Retro Satanas » ! Comme cet homme possédé qui pénètre en furie dans la synagogue et qui se voit désarmé par cette simple parole du Christ : « Silence ! Sors de cet homme. » Comme viennent de le constater ceux qui étaient présents, Jésus fait preuve d’autorité. L’autorité est ce pouvoir d’imposer l’obéissance parce que l’on est écouté, et ce, car on a du crédit. Car obéir, c’est écouter. Ce possédé entend la parole divine, le Mal en lui est contraint d’obéir et de quitter cet homme. Ne sommes-nous pas aussi possédés ? Peut-être pas par le Diable en personne — et encore... — mais au moins par ses effets. Le mot Diable signifie : celui qui divise. Nous sommes tous un peu divisés en nous. Divisés par nos inquiétudes, nos angoisses, nos mensonges, nos peurs, nos difficultés, etc. Bref, notre péché. Et nous risquons de nous laisser posséder, c’est-à-dire obnubiler par nos interrogations, au risque de ne plus voir ni recevoir les grâces que Dieu dispense. Il nous faut alors user de cette parole christique : silence ! Demandons au Christ de calmer nos tempêtes intérieures, d’apaiser notre mer, pour que nous puissions, à la suite de Pierre, le rejoindre et marcher sur les eaux de la mort. Faire silence en soi, faire silence autour de soi, pour l’écouter nous murmurer à l’oreille du cœur. Saint Paul nous l’atteste (Rom 8, 26-28) : « L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles. Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour. »

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