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Mardi, 28e semaine du T.O. — Année Paire

Circoncision



Circoncision

Michael Pacher (Brixen, c. 1435 - Salzburg, 1498)

Huile sur bois, 173 x 140,5 cm, 1479-1481, détail du retable de Saint-Wolfgang

Église Saint-Wolfgang, St. Wolfgang im Salzkammergut (Autriche)


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates (Ga 5, 1-6)

Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. Moi, Paul, je vous le déclare : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous sera plus d’aucun secours. Je l’atteste encore une fois : tout homme qui se fait circoncire est dans l’obligation de pratiquer la loi de Moïse tout entière. Vous qui cherchez la justification par la Loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce. Nous, c’est par l’Esprit, en effet, que de la foi nous attendons la justice espérée. Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non, mais c’est la foi, qui agit par la charité.


Méditation

Nous retrouvons ici le débat qui provoqua le premier concile de l’Église, comme nous le relate le chapitre 15 des Actes des Apôtres : faut-il ou non, désormais, suivre les règles de la Loi juive, entre autre l’obligation de la circoncision ? Rappelons que la circoncision, en plus d’être une règle d’hygiène dans les pays chauds afin d’éviter des infections génitales, est aussi, aux yeux des Juifs depuis Abraham, le signe de l’Alliance entre Dieu et les hommes. On ne peut donc s’en départir sans conséquence, dont la première serait celle de faire de « la Voie » (nom primitif donné à l’Église) une secte, un mouvement qui se sépare (secare en latin veut dire séparer).


Paul sera alors le moins timoré des apôtres ! Oui, osons nous séparer car même si nous sommes issus du même arbre, nous ne sommes pas la même branche. Restons greffé sur le tronc, non en suivant aveuglément des règles ancestrales, voire dépassées, mais plutôt en nous nous nourrissant de la sève qui circule dans le tronc. Et cette sève, celle de l’Esprit, veut nous vivifier non par de nouvelles règles contraignantes, mais par la vie dans la grâce. Voilà un mot qui a aussi perdu de son sens, relégué aujourd’hui dans la catégorie des vocabulaires surannés. Alors que Paul vient nous montrer le véritable enchainement : si nous sommes greffés sur le tronc de la foi des Pères, si nous nous nourrissons de l’Esprit de Dieu, alors toute notre vie sera action de grâces, car Dieu nous nourrira pour nous mener vers le ciel, telles les feuilles de l’arbre. Nulle question de circoncision. Si nous devons circoncire un de nos membres, c’est notre coeur pour qu’il puisse laisser couler la sève de la charité envers nos frères.


De fait, Paul rend aux règles toutes leurs saveurs, tout leur sens : faire grandir l’homme, tel un arbre vivifié, pour rejoindre son créateur.

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