Mardi, 29e semaine du T.O. — Année Paire

La pierre angulaire



Pierre d’angle

Église presbytérienne, North Omaha (Nebraska, U.S.A.)


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (Ep 2, 12-22)

Frères, au temps où vous étiez païens, vous n’aviez pas le Christ, vous n’aviez pas droit de cité avec Israël, vous étiez étrangers aux alliances et à la promesse, vous n’aviez pas d’espérance et, dans le monde, vous étiez sans Dieu. Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches. Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père. Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.


Méditation

Beaucoup ont confondu deux notions d’architecture : la pierre d’angle et la clé de voûte. Jésus est la pierre d’angle, celle qui est au coin de l’oeuvre, la première pierre qui va permettre d’édifier ensuite, au-dessus, tout l’édifice. La clé de voûte ne serait-elle pas plutôt Dieu le Père ? Et le ciment entre les pierres vivantes que nous sommes, ne serait-il pas l’Esprit-Saint ? Toujours est-il que rien ne peut s’édifier convenablement et solidement s’il ne s’appuie sur un roc, et non sur du sable. Et ce roc, cette pierre du bâtisseur, c’est le Christ lui-même, comme le montre cette photo d’une église presbytérienne américaine. Paul nous invite donc à comprendre l’Église comme un édifice vivant. Beaucoup de Pères de l’Église, et surtout les liturgistes carolingiens, puis des maîtres de la symbolique tel Guillaume Durand au XIIIe siècle, reprendront cette image : le Corps du Christ comme Église vivante. Une église, symbole de notre parcours terrestre, de notre chemin vers la béatitude. Une église dont nous sommes les pierres vivantes comme nous le résume saint Pierre (1 P 2, 4-9) :

« Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. En effet, il y a ceci dans l’Écriture : Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte. Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche. Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver. Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »