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Mardi, 2e semaine de Carême

S’ils sont rouges comme le vermillon -



La balle rouge de laine,

Édouard Vuillard (Cuiseaux, 1868 - La Baule, 1940),

Huile sur planche, 38,5 x 38 cm, 1903-1905,

Collection privée


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 1, 10.16-20)

Ecoutez la parole du Seigneur, vous qui êtes pareils aux chefs de Sodome ! Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu, vous, peuple de Gomorrhe ! Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve. Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. Si vous consentez à m’obéir, les bonnes choses du pays, vous les mangerez ; mais si vous refusez, si vous vous obstinez, c’est l’épée qui vous mangera. – Oui, la bouche du Seigneur a parlé.


Méditation

J’aime ce tableau de Vuillard, lumineux, où cette balle de laine rouge tranche dans cette scène familiale apaisée. Car même si tout nous semble paisible, bien en place, il y a toujours un péché qui se tapit au fond de nos cœurs. Il y a quelques années, j’étais moniteur dans une colonie de vacances qui accueillait, en Bretagne, des enfants séparés de leur famille. Un soir, une odeur infernale envahissait le dortoir. Après d’infructueuses recherches sur l’origine de l’odeur, je décidais de bouger armoires et lits. Et c’est en bougeant un lit que j’entendis un petit bruit dans le montant métallique. Je le retournais et apparût, à ma grande surprise, un petit bigorneau en pleine décomposition. Un des enfants se mit à pleurer et m’expliqua, entre deux sanglots, qu’il voulait rapporter ce coquillage à sa maman. C’est incroyable ce qu’un tout petit bigorneau pourrissant peut empuantir une immense pièce ! Mais n’en est-il pas ainsi dans nos vies ? Nous ne sommes pas des meurtriers, ni des criminels impénitents (du moins, j’espère). Mais un seul petit péché peut empuantir toute notre vie. Comme le petit caillou dans la chaussure nous empêche de marcher et, est parfois plus gênant qu’une entorse ! Un peu de laine vermillon, notre péché, peut abimer toute la blancheur à laquelle nous sommes appelés. Que faire alors ? Simplement, comme le dit le prophète : lavons-nous, purifions-nous ! Et même, cuisons ce bigorneau ! Transformons nos péchés qui nous obsèdent en cicatrices sans douleur. Cicatrices qui nous rappellent que nous sommes pécheurs, mais qui ne font plus mal, voire donnent une certaine beauté à notre vie. Car un des excès est de refuser de voir notre péché. Un autre, tout aussi grave, serait de rester le regard fixé sur lui, telle une obsession, et ne pas voir alors que Dieu nous appelle à la blancheur, trop obnubilé par notre petite personne. Cuire le péché, c’est le reconnaître, recevoir le pardon de Dieu, prendre notre brancard sur le dos, et avancer. Car Dieu ne veut que notre bonheur !

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