Mardi, 2e semaine de Pâques

Homme du réconfort -



Saint Barnabé,

Anonyme,

Manuscrit enluminé, 20,1 x 30,4 cm, vers 1400-1440,

Musée d’art, Denver (U.S.A.)


Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 4, 32-37)

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun. Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé par les Apôtres, ce qui se traduit : « homme du réconfort ». Il vendit un champ qu’il possédait et en apporta l’argent qu’il déposa aux pieds des Apôtres.


Méditation

Ils partageaient tout. Pourquoi donc ? Serait-ce un appel « communiste », une opposition au principe de propriété ? Certes non. Comme je l’écrivais, la différence entre le communisme et le christianisme est majeure : « Dans le communisme, le tout prime sur l’unique, dans le christianisme, l’unique prime sur le tout ». Ce que veut nous dire cette page est bien différent : comprendre que nous devons partager, et tout partager : nos biens, notre foi, notre culture, notre vie. saint Ambroise de Milan ne déclarait-il pas que si nous avions deux paires de chaussures, nous devions en considérer une comme volée aux pauvres ! Oups, j’en ai trois...


Cette mise en commun de nos biens libère. Demandez aux moines et moniales qui n’ont rien en propre. Ma grand-mère disait : « Pas de sous... pas de soucis ! » C’est ce choix que va aussi faire Barnabé : il dépose tout son avoir aux pieds de la communauté des apôtres. Et tout cet argent récolTé servait aussi bien à la distribution à tous, en fonction des besoins de chacun, qu’à la mission évangélisatrice des apôtres.


Sans tomber dans l’excès, il est toujours bon de réfléchir à notre capacité de partage. Le problème n’est pas d’avoir du bien (Job est béni de Dieu par ses richesses), mais de savoir le partager. Ce qui importe aux yeux des apôtres, et de Dieu, c’est notre générosité !