Mardi, 33e semaine du T.O. — Année Paire

Chaud, froid ou tiède ?



L’ange de Laodicée

Facundus (XIe siècle)

Beatus de Ferdinand Ier et doña Sancha, vers 1047

Enluminure sur parchemin, 36 x 28 cm

Bibliothèque Nationale d’Espagne, Madrid (Espagne)


Lecture de l’Apocalypse de saint Jean (Ap 3, 1-6.14-22)

Moi, Jean, j’ai entendu le Seigneur qui me disait : À l’ange de l’Église qui est à Sardes, écris : Ainsi parle celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais ta conduite, je sais que ton nom est celui d’un vivant, mais tu es mort. Sois vigilant, raffermis ce qui te reste et qui allait mourir, car je n’ai pas trouvé que tes actes soient parfaits devant mon Dieu. Eh bien, rappelle-toi ce que tu as reçu et entendu, garde-le et convertis-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur et tu ne pourras savoir à quelle heure je viendrai te surprendre. À Sardes, pourtant, tu en as qui n’ont pas sali leurs vêtements ; habillés de blanc, ils marcheront avec moi, car ils en sont dignes. Ainsi, le vainqueur portera des vêtements blancs ; jamais je n’effacerai son nom du livre de la vie ; son nom, je le proclamerai devant mon Père et devant ses anges. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises. À l’ange de l’Église qui est à Laodicée, écris : Ainsi parle celui qui est l’Amen, le témoin fidèle et vrai, le principe de la création de Dieu : Je connais tes actions, je sais que tu n’es ni froid ni brûlant – mieux vaudrait que tu sois ou froid ou brûlant. Aussi, puisque tu es tiède – ni brûlant ni froid – je vais te vomir de ma bouche. Tu dis : « Je suis riche, je me suis enrichi, je ne manque de rien », et tu ne sais pas que tu es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu ! Alors, je te le conseille : achète chez moi, pour t’enrichir, de l’or purifié au feu, des vêtements blancs pour te couvrir et ne pas laisser paraître la honte de ta nudité, un remède pour l’appliquer sur tes yeux afin que tu voies. Moi, tous ceux que j’aime, je leur montre leurs fautes, et je les corrige. Eh bien, sois fervent et convertis-toi. Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son Trône. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises.


Méditation

Ce message à Laodicée m’a toujours obsédé… Il coulait dans la ville des sources d’eau chaude réputées. Comme dans nos veines il devrait couler une foi vive, réconfortante, pour ne pas dire ardente. Mais souvent, par faiblesse, par fatigue ou par désabus, nous laissons notre foi se refroidir, nous perdons notre enthousiasme et nos convictions. La tiédeur est malheureusement devenue une vertu qu’on appelle faussement aujourd’hui : tempérance, mesure, respect, consensus, etc. À un tel point qu’une fois énoncée une conviction, la bien-pensance tombe à bras raccourcis sur ce gêneur ! Il suffit parfois d’écouter les discours mielleux en ce temps de terrorisme, même par les pontes ecclésiaux… Faisons tout pour ne pas entendre, au jour du Jugement Dernier cette sentence de la part de Dieu : tu n’est que tiède et je te vomis de ma bouche ! Celui qui a des oreilles, qu’il entende. Celui qui a un coeur, qu’il en tire les conclusions !