Mardi, 7e semaine de Pâques

Rendre témoignage à l’Évangile -



Saint Paul,

Claude Vignon (Tours, 1593 - Paris, 1670),

Huile sur toile, 95 x 116,5 cm, vers 1622-1624,

Harvard Art Museum, Cambridge (Massachusetts, U.S.A.)


Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 20, 17-27)

En ces jours-là, depuis Milet, Paul envoya un message à Éphèse pour convoquer les Anciens de cette Église. Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis toujours comporté avec vous, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie : j’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et les épreuves que m’ont values les complots des Juifs ; je n’ai rien négligé de ce qui était utile, pour vous annoncer l’Évangile et vous donner un enseignement en public ou de maison en maison. Je rendais témoignage devant Juifs et Grecs pour qu’ils se convertissent à Dieu et croient en notre Seigneur Jésus. Et maintenant, voici que je suis contraint par l’Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce qui va m’arriver là-bas. Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent. Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu. Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume. C’est pourquoi j’atteste aujourd’hui devant vous que je suis pur du sang de tous, car je n’ai rien négligé pour vous annoncer

tout le dessein de Dieu. »


Méditation

On peut reprocher à Paul son caractère difficile, mais cette médaille a un avers : sa force. Voilà un homme déterminé qui ira jusqu’au martyre (décapité à Rome, d’où l’épée comme attribut avec les lettres). C’est ce regard que nous voyons sur ce tableau : un homme qui sait ce qu’il veut. Et non pour lui, mais pour le Christ. Son unique objectif, annoncer l’évangile. Comme il l’écrira (1 Co 9, 16) : « En effet, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » Il devint alors un voyageur infatigable qui fit le tour de la Méditerranée. Il y fonda de nouvelles communautés chrétiennes. Et il garda le lien par toutes les épîtres qu’il leur envoya. Il doit certainement nous en manquer beaucoup. Ce qui compte pour lui, c’est aller jusqu’au bout. Jusqu’au bout de cette annonce de l’évangile. Et pas n’importe quel évangile, pas une petite histoire, ou un joli conte pour redonner un peu de joie et de confiance. Non, « rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu. » Comment comprendre cette phrase ? C’est une course, et une course de fond. Paul est pressé. Il sent que son jour final approche. Alors, il veut évangéliser, dire à tous la Bonne Nouvelle (c’est le sens du mot évangile, en grec ancien εὐαγγέλιον). Il faut que tous les hommes sachent que notre Dieu n’est pas un Dieu de Vengeance, mais Celui qui veut accorder à tous les hommes sa Grâce. Et cette Grâce, il la procure à tous ceux qui croient en Lui, en son Fils, dans l’Esprit. Voilà son message. Paul devrait être un modèle pour nous, non pour son mauvais caractère, mais pour son enthousiasme sans borne à annoncer la Parole de Dieu, et à assurer chacun de l’amour de Dieu, là où nous sommes. C’est en cela que nous serons missionnaires !