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Mardi, 8e semaine du T.O. — année paire

Vous serez saints car moi je suis saint -


I

Couronnement de la Vierge par la Trinité et assemblée des saints,

Attribué à Jean Le Tavernier (actif entre 1449 et 1461),

Raoul de Presles (traducteur) de « La cité de Dieu", Saint Augustin,

Manuscrit BNU 0523, folio 321, vers 1460, Enluminure sur parchemin,

Bibliotèque municipale, Strasbourg (France)


Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1 P 1, 10-16)

Bien-aimés, sur le salut, les prophètes ont fait porter leurs interrogations et leurs recherches, eux qui ont prophétisé pour annoncer la grâce qui vous est destinée. Ils cherchaient quel temps et quelles circonstances voulait indiquer l’Esprit du Christ, présent en eux, quand il attestait par avance les souffrances du Christ et la gloire qui s’ensuivrait. Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient au service de ce message, annoncé maintenant par ceux qui vous ont évangélisés dans l’Esprit Saint envoyé du ciel ; même des anges désirent se pencher pour scruter ce message. C’est pourquoi, après avoir disposé votre intelligence pour le service, restez sobres, mettez toute votre espérance dans la grâce que vous apporte la révélation de Jésus Christ. Comme des enfants qui obéissent, cessez de vous conformer aux convoitises d’autrefois, quand vous étiez dans l’ignorance, mais, à l’exemple du Dieu saint qui vous a appelés, devenez saints, vous aussi, dans toute votre conduite, puisqu’il est écrit : Vous serez saints, car moi, je suis saint.


Méditation

En cette veille du carême, je vais être court (mais si !). L’expression de notre foi se limite souvent au rachat de nos péchés (ce que l’on appelle la rédemption) : si Dieu est venu sur terre en Jésus-Christ, c’est pour nous racheter de notre péché et nous appeler à tout faire pour éviter ce péché et demander pardon à Dieu. C’est vrai, c’est juste, mais c’est insuffisant. Ce serait comme descendre dans l’eau du baptistère pour y noyer nos « égyptiens » (notre péché) mais ne jamais en remonter. Car, pour reprendre le célèbre mot de saint Irénée de Lyon : « Si Dieu s’est fait homme, c’est pour que l’homme devienne Dieu » (Ces mots puissants, qui sont prononcés pour la première fois par saint Irénée le sont à nouveau dans les écrits de saint Athanase, saint Grégoire de Naziance et saint Grégoire de Nysse).


Et Irénée nous fait comprendre que nous devons descendre au fond du baptistère, nous unir à la mort du Christ et du péché en lui, pour en remonter ensuite vers, comme le disent les orthodoxes, notre divinisation. Qu’est-ce d’autre que nous intégrer à Dieu, non pas le détrôner comme le voulait Nietzsche, mais nous laisser aspirer (inspirer) par la communion d’amour de la Trinité ? Car, comme le dit encore saint Irénée : « Car la gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu. »


Alors, à quelques heures de ces prochains quarante jours de pénitence, acceptons de descendre dans le baptistère pour y faire mourir notre péché, mais ne restons pas le regard fixé sur nos pieds, arrêtons de nous flageller. Au contraire, levons les yeux vers le haut, regardons Celui qui nous appelle à être vivant, à être debout. La vie de l’homme durant le Carême, c’est la vision de Dieu. La vie de l’homme durant le Carême, c’est nous laisser, sans résistance, aspirer vers la communion d’amour avec Dieu. Alors nous serons saints, car, Lui, il est saint et c’est bien son projet pour chacun de nous : nous diviniser.

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