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Mardi de la 1ère semaine de l’Avent

Félicité -


La félicité du paradis,

Victor Vasnetsov (Vyatkav Governorate, 1848 - Moscou, 1926),

Fresque, 1885-1896,

Cathédrale de Saint-Vladimir, Kiev (Ukraine)


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 11, 1-10)

En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.


Méditation

Nous avons tous la nostalgie du Paradis, consciente ou non. Un Paradis perdu où nous pourrions retrouver la paix, l’amour, le bien-être dont nous avons. Tant besoin au plus profond de notre âme. N’est-ce pas ce que nous promet le Père par la voix du prophète Isaïe. Un monde issu du côté ouvert du Messie. Ce monde, hors du temps, où le loup habitera avec l’agneau comme sur cette très belle fresque de la fin du XIXe siècle C’est ce texte messianique qui fera dire aux Juifs que Jésus ne peut pas être le Messie puisque cette prophétie ne s’est pas réalisée, le loup mange toujours l’agneau, le lion ne mange pas encore de fourrage et l’enfant n’a pas intérêt à mettre sa main sur le trou du cobra. Mais ce messianisme dont parle Isaïe n’est-il peut-être pas temporelle, coincé dans notre mesure du temps...


L’Avent, c’est l’avènement. Ce triple avènement. Un premier dans la chair dont nous feront mémoire à Noël. Un troisième que nous appelons de nos vœux comme le rappelle la nouvelle traduction du missel romain : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur et donne la paix à notre temps : soutenus par ta miséricorde, nous serons libérés de tout péché, à l’abri de toute épreuve, nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur. » Et il est un troisième avènement : Jésus qui vient en nous, comme le dira Élisabeth de la Trinité : « Ô Feu consumant, Esprit d'amour, « survenez en moi » afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. ». C’est ainsi en nous que se réalise cette prophétie : si en nos cœurs, en nos vies, en nous-mêmes le loup peut vivre avec l’agneau, alors la prophétie se réalisera et nous verrons la venue du Christ dans sa gloire.

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