Mercredi, 1ère semaine du T.O. (Année impaire)

Il a réduit à l’impuissance le Diable



Jésus écrase le serpent avec sa Mère et sainte Anne (dite Vierge des Palefreniers)

Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage (Caravaggio 1571 - Port’Ercole, 1610)

Huile sur toile, 292 x 211 cm, 1606

Galerie Borghèse, Rome (Italie)


Lecture de la lettre aux Hébreux (He 2, 14-18)

Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition : ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves. Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham. Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.


Méditation

C’est bien le premier sens du salut : réduire à l’impuissance le pouvoir du diable, du diviseur de nos vies, celui qui veut nous entraîner dans la mort éternelle par l’esclavage du péché. Pour cela, le Père nous envoie sont Fils, qui prendra notre chair pour la sauver et la sanctifier. N’oublions jamais que le Christ est venu pour nous sauver, mais aussi pour nous sanctifier. Si Dieu s’est fait homme, c’est pour que l’homme devienne Dieu dira saint Athanase. Et comment aurait-il pu nous sauver dans notre condition mortelle s’il ne l’avait pas partagée ?


Il est donc devenu homme, semblables aux hommes. À une exception près, il ne connût pas le péché, sinon, comment aurait-il pu nous en délivrer. Mais il l’a pris sur lui, ce péché, car il a pris en lui tous les hommes. N’est-ce pas le sens profond de son sacerdoce ? Il est le grand prêtre miséricordieux. Non celui, comme le précisera l’épître, qui offre des sacrifices pour apaiser le courroux divin, mais celui qui se fait offrande, sacrifice pour chacun d’entre-nous. Comme le dira une préface liturgique, il est à la fois, le prêtre, l’autel et la victime. Victime (le mot se dit « hostie » en latin) qui continue de s’offrir dans un sacrifice non-sanglant à chaque eucharistie pour nous sauver. Et nous qui y participons, nous devenons, telles les paroles de saint Augustin, ce que nous recevons : le Corps du Christ.


Voilà le sens propre de cette rédemption qui continue encore aujourd’hui en chaque sacrifice de la messe. La nouvelle formulation du missel en donne toute sa valeur : « que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son Nom, pour notre bien et celui de toute l’Église ». ce bien, il continue de le dispenser en nous : « Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve. »