Mercredi, 12e semaine du T.O. — année impaire

Les faux prophètes ? Quel dessein (ou dessins) !?


La capture de la bête et du faux prophète

Facundus (XIe siècle)

Beatus de Ferdinand Ier et doña Sancha

Enluminure sur parchemin, 20 x 19,5 cm, folio 242v, 1047

Bibliothèque nationale d’Espagne, Madrid (Espagne)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 7, 15-20)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais. Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »


Méditation

L’enluminure illustre ici le chapitre 19 de l’Apocalypse (versets 19 à 21). Mais l’on pourrait presque mettre les deux textes en parallèle : « Et j’ai vu la Bête, les rois de la terre, et leurs armées, rassemblés pour faire la guerre au cavalier et à son armée. La Bête fut capturée, et avec elle le faux prophète, lui qui, en produisant des signes devant elle, avait égaré ceux qui portent la marque de la Bête et se prosternent devant son image. Ils furent jetés vivants, tous les deux, dans l’étang de feu embrasé de soufre. Les autres furent tués par le glaive du cavalier, le glaive qui sort de sa bouche, et tous les oiseaux se rassasièrent de leurs chairs. »


Qui sont donc aujourd’hui ces faux prophètes ? Je vous remets le texte que je citais la semaine dernière (Georges Bernanos en 1947 dans La liberté pour quoi faire ?) : « Un prophète n'est vraiment prophète qu'après sa mort, et jusque-là ce n'est pas un homme très fréquentable. Je ne suis pas un prophète, mais il arrive que je voie ce que les autres voient comme moi, mais ne veulent pas voir. Le monde moderne regorge aujourd'hui d'hommes d'affaires et de policiers, mais il a bien besoin d'entendre quelques voix libératrices. Une voix libre, si morose qu'elle soit, est toujours libératrice. Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes. Elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l'avenir comme on attend le train. L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait. »


Alors ? Un faux prophète est :

  • celui qui refuse de voir la réalité en face et qui vous la masque par des façades attrayantes. Un peu comme dans « Tintin au pays des Soviets »…




  • quelqu’un qui n’a pas une voix libre mais qui ne lira que ce qui est écrit sur le prompteur, ce qui est considéré comme « politiquement correct »… Exemple :



  • quelqu’un qui n’attend pas l’avenir comme on attend le train, ou sans les rails !


Et comme disait Pierre Dac : « L'avenir de Monsieur est devant lui, et il l'aura dans le dos chaque fois qu'il fera demi-tour. » !