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Mercredi, 13e semaine du T.O. — année impaire

Que nous veux-tu, Fils de Dieu ?



Jésus chasse les démons

Bible des Maîtres de la Première génération : le Maître Alexander (dessinateur), Claes Brouwer, le Maître du Psautier, les Maîtres d’Otto van Moerdrecht, le Maître Azor, le Maître F, le Maître Gethsemane (enlumineur)

Enluminure, 1430, Bible d’Utrecht, 6 x 9 cm

Meermanno Koninklijke Bibliotheek, La Haye (Pays-Bas)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 8, 28-34)

En ce temps-là, comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin. Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? » Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. » Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.


Méditation

Ce sont encore ces pauvres porcs qui font les frais de cette histoire ! Vraiment, on ne les aime pas. Pourtant « le scout voit dans la nature l’oeuvre de Dieu : il aime les plantes et les animaux ». Mais le démon n’est pas scout ! D’autant plus que le mot « scout » vient non pas de l’anglais mais du vieux français : être à l’escoute. Et s’il est bien une chose dont nous pouvons être sûrs est que le Diable n’écoute ni la parole de Dieu, ni même celle des hommes. C’est l’être aux oreilles bouchées (Is 6, 10) : « Alourdis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille, aveugle ses yeux, de peur que ses yeux ne voient, que ses oreilles n’entendent, que son cœur ne comprenne, qu’il ne se convertisse et ne soit guéri. »


On peut aussi souscrire à la révolte de ces païens (ils ne sont pas Juifs pour élever des porcs) qui voient leur cheptel partir en fumée, ou plutôt à l’eau ! Et du coup, il vaut mieux que cet homme quitte le pays. Mais ils ne voient pas ce que Jésus a fait pour eux : il les a délivrés du Malin. On voit plus souvent ce que l’on perd que ce que l’on gagne ! Tendance pessimiste de l’homme qui remarque plus le verre à moitié vide qu’à moitié plein, soif du « tout, tout de suite » et du « jamais assez ». Insatisfaction qui parcourt les siècles… N’avons-nous pas encore compris que seul Dieu peut véritablement combler l’homme, étancher notre soif d’absolu ? N’avons-nous pas encore compris qu’il vaut mieux suivre cette petite étoile de l’espérance que de se laisser aveugler par les faux reflets du Malin ?


Lui, le Malin, l’a compris ! C’est quand même incroyable que ce soit le Diable qui reconnaisse Jésus, qu’il ose l’appeler « Fils de Dieu » alors que les hommes se refusent à le faire. Et ce Diable sait qui est Jésus, et encore plus quelle est sa puissance, son pouvoir de l’expurger du coeur de l’homme… Il a peur. Et peur que l’heure soit venue (Jn 12, 31) : « Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ». L’heure des fins dernières, du Jugement final. Peut-être que le Diable, lui, a bien entendu et compris ce que Jésus a dit pour inaugurer son ministère (Lc 4, 21) : « Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »


Et nous, allons-nous attendre demain ou croire que c’est pour aujourd’hui, pour maintenant que se réalise cette prophétie : il est le Fils de Dieu venu pour nous sauver ? Comme Jésus l’avait dit à la Samaritaine (Jn 4, 23) : « Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. » Croyons-le ! Croyons aussi la Samaritaine car… on trouve tout à la Samaritaine !

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