Mercredi, 15ème sem. du T. O. — Année Paire

Tu l’as révélé aux tout-petits



La prière

Eugène-Alexis Girardet (Paris, 1853 - Paris, 1907)

Huile sur toile, dimensions et date inconnues

Collection privée de Djilali Mehri


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 11, 25-27)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »


Méditation

Lorsque nous entendons ces mots, tout-petits, nous pensons immédiatement aux enfants. C’est vrai, Dieu se révèle facilement aux enfants, ils ne se font pas « des noeuds au cerveau », ils accueillent Jésus. C’est exactement la même chose, et peut-être avec encore plus d’acuité, pour les handicapés. Qui n’a pas fait, à Lourdes par exemple, l’expérience de la prière décapante de ces « tout-petits » aux yeux de la société ? Mais tout-petits n’est pas qu’une question d’âge, et encore moins de taille. Tout-petits est d’abord une question d’intériorité. Est tout-petit celui qui sait maîtriser l’orgueil naturel qui réside en chacun de nous. Est tout-petit celui qui est assez humble pour demander de l’aide. Est tout-petit celui qui ne cherche pas à paraître mais simplement à être. Est tout-petit celui qui ne s’enorgueillit pas de ses qualités et charismes, mais qui accepte humblement ses faiblesses, car il sait que Dieu les transformera en grâces. Est tout-petit celui qui ne cherche pas toujours à évaluer ce qu’il est, même la qualité de sa prière, celui qui se sait un pauvre de Dieu. En fait, est petit celui qui se sait pauvre de tout et qui en appelle à Dieu. Alors... nous sommes tous des tout-petits en puissance ! Rappelons-nous comment Thérèse parle de la faiblesse de sa prière : « Moi je me considère comme un faible petit oiseau couvert seulement d'un léger duvet ; je ne suis pas un aigle, j'en ai simplement les YEUX et le COEUR car malgré ma petitesse extrême j'ose fixer le Soleil Divin, le Soleil de l'Amour et mon coeur sent en lui toutes les aspirations de l'Aigle... Le petit oiseau voudrait voler vers ce brillant Soleil qui charme ses yeux, il voudrait imiter les Aigles ses frères qu'il voit s'élever jusqu'au foyer Divin de la Trinité Sainte... Hélas ! tout ce qu'il peut faire, c'est de soulever ses petites ailes, mais s'envoler, cela n'est pas en son petit pouvoir ! (...) Jésus, je suis trop petite pour faire de grandes choses ... et ma folie à moi, c'est d'espérer que ton Amour m'accepte comme victime... (...) Aussi longtemps que tu le voudras, ô mon Bien-Aimé, ton petit oiseau restera sans forces et sans ailes, toujours il demeurera les yeux fixés sur toi, il veut être fasciné par ton regard divin, il veut devenir la proie de ton Amour... Un jour, j'en ai l'espoir, Aigle Adoré, tu viendras chercher ton petit oiseau, et remontant avec lui au Foyer de l'Amour, tu le plongeras pour l'éternité dans le brûlant Abîme de Cet Amour auquel il s'est offert en victime. » Soyons de pauvres petits oiseaux !