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Mercredi, 15e semaine du T.O. — année impaire

Le feu de la Présence



Le buisson ardent, la Nativité du Christ, le bâton fleuri d’Aaron

Anonyme

Tapisserie d’Arras, XVIe siècle

Abbaye Saint-Robert, La Chaise-Dieu (France)


Lecture du livre de l’Exode (Ex 3, 1-6.9-12)

En ces jours-là, Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « Maintenant, le cri des fils d’Israël est parvenu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon, et pour faire sortir d’Égypte les fils d’Israël ? » Dieu lui répondit : « Je suis avec toi. Et tel est le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir d’Égypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne. »


Méditation

Nous connaissons bien cette scène du buisson ardent, mais je volais aujourd’hui vous montrer cette Tapisserie que l’on peut admirer dans La Chapelle de l’Abbaye de la Chaise-Dieu en Auvergne. Ce sont des tapisseries que l’on peut qualifier de typologiques, c’est-à-dire qu’elles sont basées sur un discours des figures communes entre le Premier et le Nouveau Testament : les scènes s’éclairent l’une l’autre. Une scène du Nouveau Testament — ici la Nativité — est encadrée de deux scènes du Premier Testament qui sont des préfigurations — ici, à à gauche, Moïse devant le buisson ardent (Ex 3), et à droite, le rameau fleuri d’Aaron (Nb 16).


Ce qui est en commun dans ces trois scènes c’est ce feu de la Présence divine. Au centre, dans la Nativité, Jésus repose sur un feu rayonnant signifiant sa divinité. À droite, ce même feu divin va être confié à Aaron. Moïse a été témoin du feu de cette présence au buisson, il le transmet maintenant à Aaron qui va être le gardien du feu de cette présence sous la forme de cet encensoir.


Comme l’écrira Michel Farin (La colombe et le serpent, Cerf, 1999) : « Devant ce rameau fleuri désignant celui qui reçoit le feu de l’encensoir, tout le peuple est appelé à croire que Dieu est avec lui, comme Moïse devant la flamme au milieu du buisson, a été appelé à croire que Dieu était descendu pour être avec lui, et comme Joseph, devant son épouse vierge qui engendre un fils, sera appelé à croire que Dieu est descendu pour être avec nous : Emmanuel, ‘Dieu avec nous’. »


Apprenons aussi à contempler le feu de la présence divine en nos vies, que ce soit comme Moïse dans la prière (ce buisson qui vient brûler nos cœurs sans nous consumer), que ce soit dans l’eucharistie où le Fils se donne à nous et vient brûler nos âmes dans la communion, que ce soit dans la Loi nouvelle enracinée en Moïse et Aaron qui vient nous guider dans notre vie chrétienne.


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